masculins / AS Monaco 3 - OL 0

L'OL ne méritait pas ça...

Publié le 10 janvier 2004 à 14:34

L'addition est sévère, très sévère, trop sévère. Battu 3-0 par des Monégasques à la réussite insolente, l'OL a peut-être laissé définitivement s'échapper son adversaire du soir, aujourd'hui en Principauté. Mais dieu que les Gones ne méritaient pas ça.

L'addition est sévère, très sévère, trop sévère. Battu 3-0 par des Monégasques à la réussite insolente, l'OL a peut-être laissé définitivement s'échapper son adversaire du soir, aujourd'hui en Principauté. Mais dieu que les Gones ne méritaient pas ça. Dominateurs dans les duels, se créant un nombre conséquent d'occasions, notamment au cours de 45 premières minutes où ils surpassèrent totalement les hommes de Deschamps dans le jeu, les Lyonnais pourront seulement regretter le premier but encaissé, sur une erreur de Réveillère, qui a certainement ruiné leurs chances au plus fort de leur domination. Ce n'était pas le soir de l'OL...



Et dire que Grégory Coupet dû effectuer son premier arrêt à la... 91e minute. Incroyable, tout simplement incroyable que le scénario de cette rencontre au sommet ce soir entre les deux meilleurs équipes françaises du moment. C'est bien simple, rarement les hommes de la Principauté n'avaient été autant dominés cette saison, qui plus est à domicile. Il faut d'ailleurs sans doute remonté au match aller (3-1 pour l'OL) pour trouver la trace d'une équipe monégasque bousculée de la sorte. Et pourtant, après 90 minutes intensives et de très haut niveau malgré une pelouse à la limite du correcte, le tableau d'affichage indiquait bien le score de 3-0 pour les hommes de Deschamps, accompagné par une réussite, il faut bien le dire, assez exceptionnelle.



Dès l'entame de ce "combat des chefs", les Lyonnais avaient pris le taureau par les cornes et la maîtrise du jeu. L'OL, en effet, pressait très haut et à l'image de la volonté affichée par Juninho et et Diarra, étouffait littéralement les velléités azuréennes pour instaurer un danger permanent à proximité de la surface de Roma. Ainsi après une première tête de Squillaci, passant assez largement au-dessus (6'), le portier monégasque devait stopper une volée de Govou, consécutive à un coup-franc dangereux de Juninho (19'). Luyindula, ensuite, voyait sa reprise du gauche frôler le poteau (23').

Bref, même si les Gones perdaient rapidement Giovane Elber, victime d'un claquage et remplacé par Carrière (24'), les attaquants olympiens, à l'image d'un Govou retrouvé, donnaient le tournis à la meilleure défense du championnat. Et l'emprise exercée par les Champions de France allait encore s'accentuer. Luyindula plaçait ainsi un nouveau tir (27'). Mais l'attaquant lyonnais, passé en pointe à la place d'Elber, faisait encore mieux, quelques instants plus tard, et se retrouvait tout proche d'ouvrir le score, se présentant seul face à Roma suite à une superbe inspiration de Carrière. Malheureusement, le gardien transalpin prenait le dessus (32'). Néanmoins, il allait sans dire que ça commençait à chauffer sérieusement pour les Monégasques et une tentative de lob, un peu trop enlevé, de Malouda, à la conclusion d'un nouveau mouvement parfaitement amorcé, ne faisait que confirmer la tendance (33').

La domination lyonnaise allait-elle bientôt être récompensée ? Au vu de cette première demi-heure étincelante de la part des coéquipiers de Müller, on était en droit de le croire. Et pourtant... c'était tout le contraire qui se produisait. Moins d'une minute après ce dernier essai olympien, Giuly profitait d'une remise bien mal inspirée de Réveillère vers Coupet pour devancer, tel un diable sortant de sa boîte, la sortie du portier international et ouvrir le score (34'). Juninho avait beau tenter de réconforter l'ancien rennais, le ciel venait de tomber sur la tête des Champions des France...



Cependant, et même si dans les minutes suivantes les Gones, sonnés, ne parvenaient pas vraiment à réagir, il en fallait plus pour faire douter des Olympiens superbes d'envie et de détermination. Témoin ce nouvel assaut lancé, à quelques secondes de la pause, par Juninho qui offrait à Luyindula une opportunité en or, en position quasi-idéale dans la surface. Mais, profitant d'un contrôle un poil trop approximatif du buteur lyonnais, la défense azuréenne prenait, une nouvelle fois, le dessus (45'+2). Bref, c'est peu dire que Monaco s'en sortait bien à l'heure de regagner les vestiaires...



Et pourtant, les joueurs de la Principauté allait pousser leur incroyable réalisme un peu plus loin dès le début de la seconde période... On ne jouait pas depuis trois petites minutes que Morientes, esseulé au deuxième poteau, venait déjà catapulter une tête sous la barre de Coupet, sur un corner de Rothen (48'). Et le match, à 2-0 désormais, de prendre une tournure assez désolante, en tout cas particulièrement frustrante, pour les hommes de Paul Le Guen.

Cette fois, le sort de la partie semblait bel et bien avoir définitivement basculé. Néanmoins, les doubles Champions de France faisaient montre de ressources exceptionnelles, dans des circonstances pour le moins défavorables, et repartaient au combat presque comme si de rien n'était. Chapeau messieurs les Lyonnais ! Sidney Govou, en effet, faisaient subir, comme au bon vieux temps, les pires misères à son vis à vis, en l'occurrence Evra, l'un des tous meilleurs à son poste pourtant, et sonnait la révolte olympienne. Son accélération côté droit trouvait ainsi une première fois Malouda, qui ne parvenait à reprendre correctement (52'), mais Sidney persistait et, après une bonne frappe de Rothen filant juste à côté (54'), n'était pas loin de trouver une conclusion heureuse dans ses tentatives.



Malheureusement, en moins d'une minute, Malouda était de nouveau contré par deux fois et, sur le deuxième essai, Diarra, héritant du ballon en pleine course, à 10 mètres des buts, voyait son tir surpuissant s'envoler juste au-dessus de la transversale (64', 65'). Et comme, entre-temps, un coup-franc de Juninho avait été assez miraculeusement repoussé par Roma (60'), il était désormais certain que même en donnant tout, en tentant tout et en faisant vaciller comme rarement la défense "rouge et blanche", l'OL ne parviendrait pas à transpercer les filets de Roma...



Regardant impuissant depuis son banc ce cruel scénario s'écrire inexorablement comme dans ses pires cauchemars, Paul Le Guen lançait alors Essien (74') et Dhorasoo (78'), à la place de Berthod et Diarra, dans une bataille qu'il savait de toute façon déjà perdue. Impossible, en effet, de lutter face à un tel manque de réussite. Et pour les irréductibles qui pouvaient encore croire le contraire, un coup-franc de Juninho, venant flirter avec le poteau de Roma sans qu'aucun Lyonnais ne puisse le reprendre, leur enlevait leurs dernières illusions (80').



Comme parfait symbole de cette effroyable soirée, Grégory Coupet n'avait pas le temps de savourer son premier arrêt de la partie, sur une frappe en force de Giuly (91'), que M.Temmink sifflait un penalty en faveur des hommes de la Principauté pour une faute d'Edmilson sur Morientes. Giuly se faisait un malin plaisir de transformer le quatrième tir cadré seulement de son équipe et l'OL buvait le calice jusqu'à la lie (92')...



Il était dès lors temps que cette partie qu'ils avaient paradoxalement dominée dans sa quasi-intégralité prennent fin pour les coéquipiers de Müller qui, malgré la manière bien différente, encaissent donc, dans un stade Louis II tout à sa joie, un score plus lourd que l'an passé (0-2) et voient leur tâche pour la reconquête de leur titre devenir, sinon impossible, particulièrement délicate... Une chose est sûre, cependant, la chance ne fuira pas toujours les Gones dans une proportion telle que ce soir et au vu du jeu développé, et connaissant leur brillante faculté à réaliser des retours désespérés, il faudra encore compter avec eux lors des 19 dernières journées...







T.L.

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