masculins / Ajaccio 1 - OL 3

L'OL répond présent

Publié le 04 mars 2006 à 22:26 par BV

Bien noyée dans un week-end agité par les énièmes soubresauts de la rivalité entre Parisiens et Marseillais, la soirée lyonnaise serait passée presque inaperçue si elle n'avait permis aux quadruples champions de France de s’échapper au classement général.

Méthodiques et appliqués, les hommes de Gérard Houllier n’ont pas fait de vagues. Après le naufrage sur le rocher rennais, joueurs et staff rhodaniens s’accordaient à reconnaître l’impérieuse nécessité de remporter les 3 points. Au coup d’envoi, le stade François Coty ne présentait pourtant pas les caractéristiques du gîte accueillant. Equipe de cœur, l' AC Ajaccio a mieux réussi à domicile contre les « grosses » cylindrées que son classement ne le laisse croire. Après les matchs nuls contre Lille (2e journée), le Mans (4e), Lens (10e) et le PSG (19e), les Corses ont fait tomber Marseille (23e) et Auxerre (25e).

Pour compliquer la tâche des quadruples champions de France, le mauvais génie des blessures ne cesse de s’acharner sur les Gones. Après la tardive blessure au mollet de Carew, Djilla Diarra renonçait à quelques secondes du début de la rencontre en raison d’une douleur au dos. Produit d’une incroyable succession de forfaits, l’équipe alignée par Gérard Houllier est marquée par le retour de Jérémy Berthod sur le côté gauche conjugué aux titularisations de Clément, Pedretti et Abidal.

Profitant du manque d’automatismes des Lyonnais, les Corses entamaient la rencontre animés de velléités offensives affirmées. Leur début de match laissait ainsi augurer d’une rencontre compliquée pour les hommes de Gérard Houllier. Cris se loupait étonnamment, laissant Edson chauffer les gants de Grégory Coupet (3e). Le portier des Bleus regardait, inquiet, le ballon flotter devant sa ligne (11e) avant de parfaitement capter une frappe de Mandrichi, buteur ajaccien lors du 16e de finale de coupe de France (12e).

Maîtrisant parfaitement leur sujet, les Olympiens laissaient passer l’orage du premier quart d’heure et posaient leur emprise sur le jeu. Confirmant les exercices entrevus du côté de Tola Vologe, on voyait beaucoup François Clerc et Jérémy Berthod sur les ailes. Beaucoup plus encore Florent Malouda qui, après deux incursions infructueuses dans les 16 mètres adverses (10e et 18e), était à quelques centimètres de bonifier un débordement de François Clerc d’une frappe du droit (20e). Quelques instants plus tard, il ne pouvait que regarder son tir s’enfuir à gauche des buts de Porato après un débordement de Jérémy Berthod (28e). Possesseurs du ballon, les Lyonnais campaient devant les filets corses. Juninho cherchait dangereusement les têtes de ses partenaires (13e et 34e). Au diapason de son coéquipier auriverde, Fred commençait à prendre le dessus sur les défenseurs locaux. Après une frappe hors cadre (30e), il confirmait son titre de « Rois des une-deux » en complotant avec Sylvain Wiltord dans la surface (33e). Gourmand et ambitieux, Nino lui rendait une seconde fois le ballon, cherchant ainsi un double une-deux breveté par les Rhodaniens depuis la venue de Nantes à Gerland, mais Porato anticipait parfaitement.

Grégory Coupet et les siens auraient pu rejoindre les vestiaires sereinement mais la grimace de Jérémy Berthod venait assombrir une première période parfaitement maîtrisée. Visiblement extrêmement déçu l’arrière gauche laissait sa place à Karim Benzema et ses tâches défensives à Florent Malouda (38e).
Pas abattus, les Lyonnais ne relâchaient pas leur pression durant un début de seconde mi-temps largement à leur avantage. On croyait au penalty lorsque le jeune numéro 19 rhodanien s’envolait dans la surface après une préparation à une touche de balle entre Fred, Wiltord et Juninho, mais monsieur Layec ne lui accordait qu’un carton jaune pour simulation (49e).
Malgré une domination affirmée, les visiteurs éprouvaient des difficultés à se rapprocher de Porato. Un éloignement dont Juni ne s’embarrassait pas. D’un coup franc à 40 mètres, l’artificier brésilien éclaboussait le match de sa classe et son talent. Sa frappe flottante du bout du monde semblait ne jamais redescendre et trompait un portier corse sonné (62e). Interloqués et choqués, les 10 Lyonnais tardaient à manifester leur joie devant la réussite et la précision de leur coéquipier. D’un éclair de génie, le capitaine rhodanien leur montrait le chemin.
Inspiré par son compatriote, Fred mettait l’équipe corse KO après une superbe passe en profondeur de Benoît Pedretti. D’un crochet du gauche il éliminait Porato avant de marquer entre les jambes de Laurenti (77e).
Le sentiment du devoir (bien) accompli Juninho sortait, applaudi par un public ajaccien sous le charme.
Les Gones pensaient avoir fait le plus dur mais se relâchaient quelques instants, permettant, de fait, à Lucas de laisser planer l’ombre d’une égalisation tardive (84e).

Après une frappe trop enlevée (87e), Karim Benzema bénéficiait d’un une-deux avec Sylvain Wiltord pour mettre les siens à l’abri et inscrire son premier but en Ligue 1 (88e). Suivant un but très logiquement refusé à Nino pour hors-jeux (90e), le coup de sifflet de monsieur Layec venait mettre un terme à 90 minutes très accomplies de la part des Olympiens.

Avec 9 points d’avance au classement sur leurs dauphins bordelais, les hommes de Gérard Houllier se sont parfaitement relancés et ont envoyé un message clair à tous ceux qui ne cessaient de mettre en exergue la fonte de leur avance au classement : ils forment une grande équipe . A 4 jours du huitième de finale de la Champions League, ils peuvent désormais se consacrer pleinement et sereinement à leur match contre le PSV.

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