masculins / Lille 1 - OL 2

L'OL se retrouve

Publié le 16 février 2007 à 22:50 par BV

L’OL a accéléré cinq minutes mais cela a suffi. Menés à sept minutes du terme de la rencontre, les hommes de Gérard Houllier sont parvenus à renverser une situation bien compromise pour ramener de Lille une victoire - performance qu’ils n’avaient plus accomplie depuis la saison 2000/2001-.

Au terme d’un improbable dénouement, les Lyonnais ont transformé des lendemains qui s’annonçaient douteux en douces promesses.

Le déplacement au Stade de Villeneuve d’Ascq est riche en enseignements pour l'entraîneur olympien et ses joueurs. La première satisfaction de la soirée tient à la belle opération comptable réalisée par les quintuples champions de France. Grâce à ce succès tardif, ils s’octroient 14 points d’avance sur leurs dauphins lensois, qui joueront dimanche et relèguent à 18 points des Dogues méritants qui eurent peut-être le tort de voir dans leur adversaire du soir l’OL tâtonnant et inquiet de ce début d’année 2007 quand celui-ci se révéla impitoyable et terriblement efficace à l’image de la formidable machine à gagner de la fin d'année 2006. Car c’est là la principale nouvelle de cette soirée nordique : si Malouda et les siens n’ont certes pas fait montre du liant et de la virtuosité qui accompagnaient leurs performances de l’automne, ils ont en tout cas retrouvé la force de caractère qui leur permettait il y a encore quelques mois d’infléchir bon nombre de situations bien compromises dans les ultimes instants. Alors qu’ils cultivaient avant la trêve, parfois jusqu’à l’improbable, les renversements tardifs, les Lyonnais semblaient depuis quelques matchs plus fébriles au moment du « money time », lâchant même dans les arrêts de jeu à Troyes et Marseille. Ils se sont ce soir rappelés au bon souvenir de la Ligue 1. Ils ont retrouvé cette âme de guerriers qui faisaient leur force. Ce n’est pas là le moindre enseignement de ce succès.

Autre motif de satisfaction : ils n’ont qu’en de très rares occasions été inquiétés. Dans ce domaine, la première période lyonnaise fut riche en promesses. Durant celle-ci, avec parfois un soupçon de réussite, comme sur la frappe de Yohan Cabaye sur la transversale de Grégory Coupet (43e), les hommes de Gérard Houllier se sont montrés rassurants défensivement.
Mal payés de leur rigueur, les Lyonnais ont bien failli voir réduits à néant les efforts de leur arrière garde sur une erreur d’inattention. Au cœur d’une rencontre fermée et bien pauvre en occasions de but, il fallut en effet un coup de pouce du destin et une malheureuse déviation de la tête de Toulalan pour que les Lillois ouvrent le score, Audel profitant d’un bref instant de déconcentration de la défense rhodanienne (53e). Il n’en fallait pas moins pour que les Lillois retrouvent un bref allant offensif. La frappe lobée de Cabaye vint lécher la transversale de Grégory Coupet (58e).
L’absence du duo de créateurs Tiago – Juninho n’est bien entendu pas étrangère au manque d’imagination offensif des Gones. Dans l'entrejeu, Kim Källström n’a pourtant pas ménagé sa peine, multipliant en première période les tentatives lointaines captées par Tony Sylva (15e et 24e) ou hors cadre (45+1).

L’entrée en jeu de Milan Baros, faisant évoluer le traditionnel 4-3-3 « lyonnais » en 4 – 4 – 2, modifia la donne et apporta aux visiteurs du Stadium un point d’ancrage supplémentaire. Mais ni Florent Malouda, ni Jérémy Toulalan ne cadrèrent leurs frappes (68e et 71e).

Aux avant-postes, Fred a pu une nouvelle fois constater la difficulté – l’aridité - à évoluer actuellement seul en pointe de l’attaque rhodanienne. Régulièrement contraint de revenir au niveau de ses milieux pour servir de pivot, l’avant-centre brésilien dut attendre la 83e minute de jeu pour se créer sa première occasion du match. Rendu inoffensif – parfois irrégulièrement – par Tavlaridis, l’ancien attaquant de Cruzeiro a longtemps entrevu le spectre d’une soirée noire et vierge de toute opportunité… jusqu’ à ce coup franc lointain qu’il catapulta dans la lucarne de Tony Sylva pour égaliser, inscrivant au passage son huitième but de la saison en Ligue 1, son onzième toutes compétitions confondues.
Et l’improbable se produisit ! Toto Squillaci reprit, du dos, un coup franc de Jérémy Toulalan pour offrir aux Lyonnais une victoire encore bien compromise quelques minutes plus tôt (88e).

A quelques jours d’un « importantissime » déplacement à Rome, les Lyonnais peuvent regarder l’avenir sereinement. Leur finish à couper le souffle leur a épargné bien des contrariétés et les a peut-être réconciliés avec le souvenir pesant, et inhibant, d’une équipe invariablement triomphante en 2006, qui semblait les hanter depuis le début d’année 2007. Entre ces deux Olympique Lyonnais, une différence demeure cependant : les Olympiens connaissent désormais l’amer goût de la défaite... et commence à humer le doux parfum de la guérison. Une expérience de l'alternance qui ne sera pas de trop en prévision des défis qui les attendent.

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