masculins / OL - Stuttgart : 4 - 2

L'OL s'offre le droit de rêver

Publié le 07 novembre 2007 à 23:21 par BV

Lorsque Juninho trompa Schäfer, dans les arrêts de jeu, l’ovation de Gerland, fut à la mesure de la tension qui accompagnait une fin de rencontre crispante où l’OL avait tout à perdre, l'assurance de disputer la Coupe de l'UEFA et ses rêves de huitièmes de finale de Champions League.

Après avoir fait le plus dur en première période pour assurer leur qualification pour la Coupe de l’UEFA, les Rhodaniens, et Gerland, avaient en effet basculé sur l’autre versant, lorgnant ostensiblement vers la phase finale de la Champions League. Se faire rattraper sur le fil aurait à n'en pas douter laisser bien des regrets.
Les champions de France ont désormais un lièvre bien identifié : les Glasgow Rangers auxquels ils rendront visite dans près d’un mois et qui ne pointent plus qu’à une unité, toutefois gonflée par une différence de buts difficilement rattrapable. Au terme d’une rencontre un peu folle, ils se sont en tout cas offert le droit de rêver. Rêver à un printemps étoilé, rêver à un come-back impensable il y a encore un mois… Parce qu’on pourrait leur jeter le mauvais œil et parce que c’est finalement encore si loin, on arrêtera là, constatant simplement que les hommes d’Alain Perrin ont donné de leur personne et fait preuve de caractère tout au long d'une véritable rencontre de coupe pour finalement atteindre l'objectif qu'ils s'étaient fixé. Le programme à venir n'incite guère à l'excès d'optimisme : Barcelone à Lyon en plat de résistance et les Rangers à Glasgow en dessert : on a déjà connu plus commestible ! Pour ne pas caler en route, il faudra faire preuve d’un peu plus de rigueur défensive ! Gardons nous toutefois de trop noircir le tableau. Ce soir, seul le succès importait et lui seul donne raison. N’était-ce pas également le sens et l’enjeu de la rencontre, mâtinés peut-être d’une envie de trop bien faire, et d’enfin bien faire, devant leur public, qui poussèrent les Rhodaniens à continuellement repartir à l’attaque alors qu'une orientation plus gestionnaire aurait incité à "fermer la boutique" ?

Comme souvent lorsque tout s’emballe, on se demande tout de même comment les choses ont pu en arriver là. Tout avait tellement bien commencé, semblait tellement sous contrôle ! Au terme d’une action amorcée par Govou et Källström, Hatem Ben Arfa avait montré la voie, inscrivant son premier but en Champions League (6e). Au quart d’heure de jeu, Kim Källström avait doublé la mise (15e) et l'on se disait alors que l’affaire était entendue, que l’OL s’acheminait tranquillement vers son second succès face aux Allemands et son grand retour dans la course à la qualification pour les huitièmes de finale de la compétition ; d’autant plus que, dans le même temps, Thierry Henry avait ouvert le score pour le FC Barcelone face aux Rangers, bientôt imité par Messi.
Mais les Allemands étaient venus avec la ferme intention de mettre à contribution Rémy Vercoutre par des frappes lointaines. Hitzlsperger trouva le virage sud (5e) et le centre-tir de Magnin fut claqué en corner par Vercoutre (12e). Une minute après le but de Källström, le portier lyonnais relâcha dans les pieds de Gomez la nouvelle tentative lointaine d’ Hitzlsperger (16e). La réduction du score de l’international allemands réveilla des Stuttgartois jusqu’alors patauds et glaça un peu plus, si besoin en était, Gerland.

La rencontre s’emballa, le ballon voyageant d’un but à l’autre. Rémy Vercoutre remporta son face à face avec Cacau (21e), claqua les tirs, toujours déclenchés hors de la surface !, de Fernando Meira (24e) et Khedira (28e). En face, Shäfer dut s’employer sur les tentatives longue distance de Juninho (18e et 19e) et Källström (30e). Le gardien allemand ne put rien en revanche sur l’enchainement génial d’Hatem Ben Arfa, qui après un "rateau"dans le dos, trouva la lucarne opposée d’une frappe du pied droit (38e). Les Gones semblaient définitivement remis sur les bons rails. Dans une position rappelant à s’y méprendre son but contre Monaco, Réveillère enleva trop son tir (39e).

Les Rhodaniens auraient pu passer la seconde mi-temps à conserver et gérer tranquillement leur avantage de deux buts mais ils péchèrent une nouvelle fois par manque d’attention. Oublié sur le coté gauche, Magnin put prendre tout son temps pour centrer au cordeau et trouver Gomez qui ajusta à nouveau Vercoutre à bout portant (56e). On crut même les Lyonnais embarqués dans une bien sombre histoire lorsque Gomez, dont on apprécie désormais mieux le titre de meilleur joueur de la Bundesliga de la saison passée, obtint un penalty pour une faute... inexistante de Fabio Santos... en dehors de la surface ! Il y a parfois une justice dans le football et Rémy Vercoutre repoussa le tir d'Hitzlsperger (60e).
Dès lors, ce dernier reprit son pilonnage lointain mais trouva le Virage Nord (65e) puis les gants de Vercoutre (69e). A deux reprises, le gardien lyonnais sortit avec justesse face à Marico (83e) et Khedira (85e).

On aurait pu croire les Lyonnais refroidis par les élans offensifs de leurs visiteurs. Il n'en fut rien. Au lieu de calmer le rythme et mettre le pied sur le ballon, ils cherchèrent le KO. Benzema frappa trop mollement sur Schäfer (72e), Keita perdit son un contre un avec le gardien du VfB (84e) et Juninho s’entêta. A trois reprises sans réussite (75e, 80e et 87e) avant de bonifier dans les arrêts de jeu un caviar de François Clerc (90e).

Dans trois semaines, les Lyonnais retrouveront Gerland et le Barça. Même s’ils ont conscience de n’avoir plus rien à voir avec l’équipe que les Catalans avaient largement dominée au Camp Nou 3 buts à 0 en ouverture de la Champions League, ils n’ignorent pas que le chemin est encore très long, que le plus dur reste à faire… Le plus beau également.
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