masculins / Real Madrid 2 - OL 2

L'OL tient le choc

Publié le 21 novembre 2006 à 23:03 par BV

Les Lyonnais peuvent être fiers de leur cinquième soirée étoilée de la saison.

Malgré les blessures de leurs attaquants, malgré les 80 000 spectateurs madrilènes entièrement acquis à la cause des joueurs de Fabio Capello, malgré le très naturel sentiment de revanche qui animait les Espagnols au coup d’envoi, les Lyonnais ont failli réaliser l’exploit dont bien peu les imaginaient capables : remporter une victoire de prestige à Madrid. Une égalisation tardive ressemblant à s’y méprendre à un récent but de Pipo Inzaghi les a privés d’une victoire qui n’aurait rien eu d'infamant.

L’hémorragie de blessures touchant le secteur offensif rhodanien avait pourtant singulièrement compliqué la tâche de Gérard Houllier. Sidney Govou et Sylvain Wiltord forfaits, François Clerc se voyait confié le poste de milieu offensif droit. John Carew retrouvait la pointe de l’attaque pour faire oublier les cuisses douloureuses de Karim Benzema et Fred. Ses premières prises de balle confirmaient le net regain de forme entrevu à Sedan. Contrôlant parfaitement dos au but, le grand Norvégien multipliait les courses vers l'avant. Nous rappelant soudainement l’ intenable avant-centre alors fraîchement débarqué entre Rhône et Saône en début de saison dernière, il mystifia Cannavaro avant d’ajuster aisément Casillas (11e), inscrivant ainsi son second but de la saison.
Grand artisan de la bonne entame lyonnaise, il lança parfaitement Tiago mais le portier madrilène remporta son duel face au Portugais (17e). Carew n’en finissait plus de mettre au supplice une charnière défensive passive et dépassée. Son crochet sur Helguera aurait pu lui offrir un doublé sans un retour de Fabio Cannavaro (26e).

Les premières minutes confirmaient la hiérarchie esquissée lors du match aller : cet OL là, est supérieur au Real Madrid. Même amputés de leurs traditionnelles munitions offensives, les hommes de Gérard Houllier dominaient une équipe merengue dépassée lors de chaque accélération rhodanienne. La solidarité d’un groupe, valeur portée en règle d’Airain trouvait là sa plus parfaite expression. Confirmant une nouvelle fois la formidable capacité de l’OL de ne pas souffrir des vicissitudes d’une saison, John Carew faisait feu de tout bois. La faute subie par l’ancien Valencien à 35 mètres du but permit à Juninho de déposer un coup franc sur Florent Malouda qui, de la cuisse doubla le score (31e).

On percevait alors mal comment ce Real moribond pouvait renverser une situation bien compromise. Les Madrilènes ne montraient, à vrai dire, pas grand-chose collectivement mais demeuraient dangereux sur leurs rares spasmes offensifs. Raul ne put cadrer sa tête (16e). La frappe de Roberto Carlos s’en alla rendre visite aux socios de Santiago Bernabeu (17e). Reyes contraint Grégory Coupet à réaliser un arrêt en deux temps (35e). Et ce que tous craignaient advint : sur une déviation de la tête de Ruud Van Nistelrooy, « Djila » Diarra réduisit le score, mettant ainsi fin à la série d’invincibilité rhodanienne en Ligue des Champions (38e).

Piqués dans leur orgueil, les Madrilènes entamèrent la seconde période animés d’un allant offensif manifeste, laissant augurer d’une tout autre seconde mi-temps. Sergio Ramos (49e), à bout portant, puis Robinho (56e), d’une demi-volée du gauche, mirent Grégory Coupet à contribution. Dans une position excentrée, le Brésilien ouvrit trop son pied (60e). Ce furent les seuls signes d’une bien maigre révolte ibérique.
Incapables de perturber un bloc rhodanien compact, les Madrilènes étaient contraints de regarder John Carew danser devant Cannavaro et Helguera. Le Norvégien rayonnait, réussissant les gestes les plus improbables, crochets, talonnades, grands ponts ou même roulettes, récitant toute la panoplie du joueur touché par la grâce.
Mais le Real Madrid est éternel ! Sur un coup franc de Roberto Carlos, Raul envoya sa t�te sur le poteau. Le cuir revint sur Ruud Van Nistelrooy qui poussa le ballon dans le but vide, égalisant à 2 buts partout... pour la seconde fois de sa carrière contre l’OL (82).
L’OL aurait même pu perdre cette rencontre si Grégory Coupet n’avait repoussé un penalty de Ruud Van Nistelrooy obtenu après une faute (?) de Cris sur le grand Hollandais (88e). Il y a parfois une justice dans le football !

En revenant au score dans un ultime sursaut d’orgueil, les hommes de Fabio Capello se sont épargné un cuisant revers à domicile. Comme l’an passé, Madrilènes et Lyonnais se quittent sur un résultat nul qui fait les affaires des champions de France assurés de terminer en tête du groupe E. Les Olympiens se satisferont de ce partage des points qui ne remet aucunement en question leur somptueuse prestation. Ce soir, il n’est plus question d’un quelconque manque de reconnaissance de l’OL. Le club rhodanien peut sereinement regarder bien plus loin dans la compétition, car il a tout d’un grand.

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