masculins / OL 0 - AS Rome 2

L'OL tombe de haut

Publié le 06 mars 2007 à 23:23 par BV

Les Lyonnais craignaient d’encaisser le premier but de la rencontre. Il leur a peut-être été fatal. La faute aussi à une formation romaine supérieure et moins paralysée par l’enjeu. Quelle qu’en soit la raison, l’OL a connu l’une des plus terribles désillusions de son histoire européenne.

Incapables de tromper la solide défense italienne durant 180 minutes, les Rhodaniens n'ont jamais fait illusion et ont quitté, trop tôt, la compétition continentale, laissant planer un cruel sentiment de gâchis et d’inachevé. Eux qui n'avaient plus perdu à domicile en Ligue des Champions depuis la saison 2002/2003 sont tombés au plus mauvais moment. Mais en existe-t-il vraiment dans une compétition qui ne tolère que rarement les instants de faiblesse, même passagers.
Envolées en une mi-temps, les belles promesses entrevues lors de la phase de poules n’auront pas résisté aux accélérations italiennes. Adieu quarts, Anfield, Athènes : la route des Olympiens s’est brusquement arrêtée. Mais pour n’avoir jamais semblé en mesure de passer, l’OL ne peut pas crier au scandale.

La coutume rappelle à l’envi qu’une nouvelle compétition commence lors des phases finales. Rarement maxime footballistique n’aura trouvé de plus prégnante manifestation. Qu’elle a soudain semblé loin l’intraitable formation de l’automne qui n’éprouvait aucune difficulté à réagir pour inverser le cours de situations bien mal engagées. Impuissants, faisant souvent montre d’une grande nervosité, les Olympiens se sont parfois perdus, et même résignés à mesure que se profilait l’élimination.

A vrai dire, depuis la saison 2001/2002, ils n’avaient jamais semblé si loin des quarts de finale de la Champions League. A l’heure des bilans, il faudra reconnaitre que l’AS Rome constituait bien un très mauvais tirage pour un huitième de finale.
Gérard Houllier avait pressenti que la clé de cette demi-finale ne se situerait pas dans la capacité des Olympiens à ne pas encaisser de but mais dans leur faculté à en inscrire davantage que les Romains. Ils n’ont pas réussi à en marquer un seul sur l’ensemble des deux matchs.
Ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé. Qu’a-t-il manqué à l’Olympique Lyonnais ? A vrai dire un peu de tout. L’ouverture du score romaine a certes contraint les Olympiens à se découvrir, mais force est de constater qu’elle ne constitue pas l’unique raison de ce revers. A la différence des Romains, les hommes de Gérard Houllier ont en effet été bien incapables de montrer un visage suffisamment différent du premier acte. Certes ils ont davantage tiré au but qu’au Stadio Olympico mais n'ont guère plus inquiété Doni et, comme à Rome, n’ont pas marqué. Surtout ils n’ont pas su faire preuve de la même capacité de réaction qu’en championnat pour se faire violence et produire l'accélération nécessaire.

De leur côté, les hommes de Luciano Spaletti ont admirablement mis en application l’art de plier sans jamais rompre, ont su presser haut et ouvrir le score sur leur première véritable opportunité. Après un but refusé à De Rossi pour une faute de Totti sur Abidal (7e), le capitaine Romain profita d’un centre de Tonetto pour tromper Grégory Coupet de la tête à bout portant et glacer Gerland d’effroi (22e).

Les tentatives rhodaniennes pour combler ce handicap s’avérèrent sans effet. Doni donna le ton dès l’entame de la rencontre en repoussant la frappe de Juninho (4e). Sur un coup franc du Brésilien, Toto Squillaci n’attrapa pas le cadre. Guère plus de réussite pour les têtes de Sidney Govou (11e, 15e et 38e) ou Tiago (27e). Florent Malouda et Toto Squilacci ne purent suffisamment appuyer leurs frappes (28e et 39e).
Refroidis juste avant la pause par le second but romain d’une frappe puissante de Mancini ponctuant une succession de feintes devant Anthony Réveillère (44e), les Lyonnais étaient contraints de réaliser à trois reprises en quarante-cinq minutes ce qu’ils n’avaient pas été en mesure d’accomplir en cent trente cinq. Malgré une volonté manifeste d'aller de l'avant mais sans véritable inspiration offensive, Juninho et les siens se rendirent bien vite à l’évidence que la colline romaine était ce soir bien trop délicate à escalader. Sylvain Wiltord perdit un "face à face" devant Doni (50e). Le portier romain claqua les tentatives de Juninho (55e) et Kim Källström (60e). Juninho (58e et 84e), Källström (63e), Benzema (75e) et Fred (86e) ne cadrèrent pas leurs frappes.

Certes, ce soir, la tristesse est immense pour un club qui n’avait jusqu’alors jamais connu de « régression » en Ligue des Champions. Mais passés la déception et les regrets, les Lyonnais devront se remobiliser pour ne pas laisser échapper les deux compétitions dans lesquelles ils peuvent légitimement prétendre à la victoire finale pour réaliser un historique doublé championnat-Coupe de la Ligue.

Malgré ce coup d'arrêt, l'OL n'a pas mis un point final à l'histoire qui le lie à la Ligue des Champions. Il "fait juste un break" et connaîtra, à n'en pas douter bien d'autres joies, et d'autres désillusions, dans la compétition. Un motif d’espoir à court terme : lors de la saison 1991/1992, l’Olympique de Marseille avait été éliminé par le Sparta Prague dès le deuxième tour avant de remporter l'épreuve l’année suivante. Les Lyonnais relèveront bien vite la tête pour retrouver les joies du succès. "Le véritable talent est dans le rebond".
Sur le même thème