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L’OL un ton au dessus

Publié le 22 octobre 2006 à 23:16 par BV

« L’OM a une histoire, l’Olympique Lyonnais est en train d’écrire la sienne ». Au terme de l’épilogue de cette 10e journée remporté par l’OL 4 buts à 1, cette phrase de Juninho prend toute sa résonnance en même temps qu’elle symbolise à merveille la domination rhodanienne sur la Ligue 1.

Nulle volonté au terme de ce succès rhodanien d’oublier le long bail marseillais du tournant des années 90. Nulle amnésie des émotions procurées par la bande à Basile Boli lors de leur campagne européenne victorieuse de 1993. Mais un simple constat de l’empreinte indélébile que laisse l’Olympique Lyonnais sur l'histoire de la Ligue 1, match après match, saison après saison, porté par sa continuelle quête de succès.
Etrange alliage d’une soirée de gala sur fond de suprématie hexagonale, après une exposition médiatique portée à son paroxysme, cette affiche de la Ligue 1 a été fidèle à un contexte abondamment alimenté par la concomitance de la 1000e diffusion de canal +, la proximité des deux équipes au classement général et, dans un tout autre registre, les propos peu amènes des dirigeants marseillais.

Dès les premières secondes, Kim Källström, parfait suppléant de Tiago, malade, fut tout proche de refroidir un Vélodrome en ébullition mais sa frappe du droit après un crochet sur Cesar fut déviée par Cédric Carrasso sur son poteau.
Piqués au vif, les joueurs d’Albert Emon ne tardèrent pas à réagir. Par deux fois Samir Nasri inquiéta l’arrière garde lyonnaise mais ni sa frappe au dessus au sortir d’une succession de dribbles (11e), ni sa tentative contrée par Eric Abidal après un bon décalage de Niang (12e) ne parvinrent à attraper le cadre.

L’inquiétude rhodanienne fut de courte durée. Comme souvent depuis le début de son règne hexagonal, le salut des champions de France vint du, magique, pied droit de Juninho. Après une faute de Cana sur Govou à l’entrée de la surface, le Brésilien bonifia d’une trajectoire brevetée, « coté gardien », la trop belle occasion qui lui était offerte de donner l’avantage aux siens (21e).
La domination des Lyonnais s’intensifiait au fur et à mesure que les offensives marseillaises s’enlisaient sur une défense au sein de laquelle Cris s’imposait en obstacle infranchissable.
Devant un Vélodrome de plus en plus circonspect, les Rhodaniens campèrent dès lors dans la moitié de terrain marseillaise. Govou croisa trop sa frappe au terme d’un enchainement rappelant à s’y méprendre sa réalisation contre Istres lors de la saison 2004/2005 (30e). L’essai puissant de Florent Malouda dans le coin de la surface trouva la ferme main gauche de Cédric Carrasso (37e). Des deux poings, le portier marseillais boxa un nouveau coup franc de Juninho (37e) avant de voir la tête de Florent Malouda s’échapper à droit de son but (38e).

Après avoir laissé passer, non sans dégât, la tempête lyonnaise, les joueurs de l’Olympique de Marseille, finalement pas mécontents de n’être menés que d’une unité, tentèrent bien d’égaliser à l’approche de la pause. Sans réussite. La tête de Cana fut déviée par Rémy Vercoutre sur sa barre avant que « Toto » Squillaci ne la dégage en corner (40e). Un mur rouge contra la frappe de Niang aux 6 mètres (42e). Seule ombre au tableau des quintuples champions de France, au cœur de leur domination, Fred avait été contraint de laisser sa place sur blessure à Karim Benzema (25e).

Comme souvent cette saison, les Lyonnais profitèrent de l’entame de la seconde période pour s’échapper et réduire à néant les espoirs marseillais. Sur son côté droit, Sidney Govou adressa un centre parfait pour Karim Benzema qui, esseulé au second poteau, n’eut aucun mal à tromper un Cédric Carrasso abandonné par les siens (48e). Grâce à cette reprise de volée du pied gauche, l’international espoir confirmait son étincelant début de saison, signant son 6e but de la saison toutes compétitions confondues.
Les affaires se compliquaient singulièrement pour les hôtes du Vélodrome. L’expulsion, justifiée, de Taiwo, coupable d’avoir essuyé ses crampons sur le dos de Malouda, n’arrangea rien à leur affaire (56e).
Malgré ce lourd handicap concédé à un OL qui jamais cette saison n’a encaissé deux buts dans la même rencontre, les Marseillais repartirent à l’attaque. Niang croisa trop son tir (64e), Cris sauva à deux reprises devant Cana (62e) puis Niang (65e). Une erreur d’arbitrage allait pourtant les remettre en selle. Bamogo, hors jeu sur une passe de Ribéry, redonna espoir aux locaux (70e).
Un espoir de courte durée. Juninho se chargea de réduire à néant leurs dernières espérances. Après avoir vu son coup franc claqué en corner par Carrasso, il trompa pour la seconde fois de la soirée le portier marseillais au terme d’un somptueux enchainement entre Karim Benzema et Jérémy Toulalan (77e). Karim Benzema ne put l’imiter quelques instants plus tard, perdant son un contre un devant le dernier rempart marseillais (82e) mais Kim Källström se chargea de corser un peu plus l’addition. Après une balle dégagée par Carrasso devant Alou Diarra, le Suédois poussa le cuir dans le but vide, donnant un peu plus d’ampleur encore à la démonstration lyonnaise (86e).

Grâce à ce succès, les champions de France remportent leur 11e victoire d’affilée, dont 8 en championnat, et s’échappent en tête de la Ligue 1. Plus que les 8 points d’écart les séparant de leur adversaire du soir, c’est la manière qui aura impressionné. Le championnat ne clôt que sa 10e journée, mais les Lyonnais peuvent dès ce soir s’enorgueillir d’avoir déja marqué les esprits. Tout en conservant à l'esprit que la route les menant vers un historique 6e titre est encore longue ils avancent, imperturbables, sans se soucier des dégâts collatéraux qu'engendre leur irrésistible ascension vers les sommets.

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