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M. Blazavic : « Le football croate a énormément changé »

Publié le 27 septembre 2011 à 11:00 par BV

Qu’il semble loin de temps où le Dinamo Zagreb remportait la Coupe des Villes de Foire (remplacée en 1971 par la Coupe de l’UEFA), éliminant coup sur coup la Juventus Turin, l’Eintracht Francfort et Leeds.

C’était en 1967 : une autre époque, une autre nation, un autre football. « Le football croate a énormément changé, confirme Miro Blazevic, agent de joueurs en Croatie, et fils de l’ancien sélectionneur, Miroslav Blazevic. Il a changé parce que tout a changé en Croatie ».

1991, en même temps que le football yougoslave atteint son apogée avec la victoire de l’Etoile Rouge de Belgrade en finale de la Coupe d’Europe des Clubs champions face à l’OM, la Yougoslavie explose et la guerre embrase la région. « En Croatie, tous les éléments de la société étant très liés économiquement, ces événements ont également changé le football, explique Blazevic. Aujourd’hui, comme beaucoup de clubs n’arrivent pas à survivre, la seule solution pour eux est de faire émerger rapidement les jeunes. L’aspect négatif, c’est qu’ils ne peuvent pas les garder. » Et d’ajouter : « malgré cela, la seule chose qu’on ne pourra pas nous enlever, c’est notre technique. En France, c’est considéré comme quelque chose en trop, pour nous c’est le génie, la malice croate. » Bernard Lacombe se souvient d’un stage effectué en Yougoslavie au milieu des années 70 : « ils insistaient sur la technique avec une telle exigence , comme le faisait Pierre Pibarot chez nous. C’étaient les Brésiliens de l’Europe. Plus tard, à Bordeaux, j’ai vu Bixente Lizarazu et Christophe Dugarry travailler avec Ante Mladinic. Il envoyait le ballon contre le mur, et puis c’était : pied droit, pied gauche, contrôle orienté, extérieur, intérieur. »



De tout temps, le football balkanique a donc fait la part belle à la technique, mais pas seulement. « Avec Bordeaux, on a affronté l’Hadjuk Split en Coupe de l’UEFA en 1982 - 1983 (16es de finale  : qualification des Girondins : 1 - 4, 4 - 0), raconte Bernard Lacombe. Aujourd’hui, le match retour se serait terminé précocement faute d’adversaires. Même Marius Trésor s’était mis en colère. Contre eux, même les matches amicaux étaient très chauds. Tout en conservant leur dominante technique, aujourd’hui, ils semblent retrouver cet engagement physique que nécessite le football moderne. »

Malgré ces progrès, Miro Blazevic souligne que si le Dinamo Zagreb est aujourd’hui le seul club croate capable de rivaliser avec les plus grandes équipes européennes, il souffre d’un championnat trop faible, d’un manque de concurrence domestique. Alors pourquoi ne pas créer une Ligue regroupant les meilleures formations anciennement yougoslaves, à l’instar de la Ligue Adriatique de Basket-ball ? « C’est encore trop tôt, explique Blazevic. Pourtant, quand on regarde les résultats des sélections de Serbie, du Monténégro, de la Croatie, de la Slovénie, c’est incroyable. Mais on ne peut pas les assembler, il y a quelque chose qui sera toujours derrière nous, dans les têtes, qui fait partie de notre passé. Les regrouper serait compliqué car il manquerait le nationalisme indispensable aux plus grands exploits. Ce nationalisme que la Croatie avait en 1998 (demi-finaliste de la Coupe du Monde), et qui vous donne une force en plus. ».

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