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« Ma philosophie n’a pas changé »

Publié le 13 février 2016 à 19:58 par SC

Julien Féret est un de ces artistes qui fait briller les autres. Le chef d’orchestre de 33 ans s’est livré sur un poste de prédilection de n°10 qu’il considère comme une vocation, un état d’esprit. Il a aussi évoqué ce rendez-vous au Parc OL qui s’inscrit dans une belle saison caennaise.

Quel bilan faites-vous de la saison caennaise ?
« On ne va pas faire la fine bouche. C’est une saison très correcte. Même si le championnat est très serré, on est bien classés, grâce notamment à un bon début de saison. On a su enchaîner des résultats positifs. C’est un peu plus compliqué depuis quelques matchs mais sur l’ensemble, c’est satisfaisant. On est plutôt contents de ce qu’on réalise. »

Est-ce que finalement le club ne récolte-t-il pas les fruits de son choix de la continuité avec une bonne fin de saison dernière ?
« Oui, évidemment. Notre bonne saison est aussi la conséquence de ce qui s’est passé la saison dernière. On s’est beaucoup enrichis lors de cette première année en Ligue 1. On a su tirer des enseignements de nos erreurs mais aussi de ce qui nous avait fait gagner. On s’est servis de tout ça pour construire et repartir de l’avant pour cette nouvelle saison. »

Ce poste de numéro 10 est dans mes gênes. C’est la volonté de faire jouer les autres mais aussi d’être décisif, d’aller de l’avant, d’organiser, de faire la bonne passe ou de marquer. C’est ce qui m’anime sur le terrain.

Quelles sont les ambitions désormais ?
« C’est très difficile à quantifier. Le premier objectif est de gagner encore deux matchs le plus rapidement possible pour atteindre cette fameuse barre des 42 points, synonyme vraisemblablement de maintien. Une fois ça fait, on verra. Pour l’instant, vu ce qu’on réalise depuis le début de l’année… on n’a plus le même rendement. On n’a gagné que deux matchs sur les six derniers. Ce n’est pas assez. Il faut se remettre dans le sens de la marche. A ce moment-là, on verra si on peut tutoyer les places d’un peu plus haut. L’Europe ? Ça n’a jamais été évoqué, ni entre nous, ni au club. Il faut éviter de s’enflammer et rester sur le premier objectif de la saison. On verra où on se trouve un peu plus tard. »

Est-ce que vous avez le sentiment que le match de dimanche face à un concurrent direct en dira beaucoup plus sur votre fin de championnat ?
« Ce n’est pas un concurrent direct. Il n’y a rien de comparable entre Caen et l’OL. Les Lyonnais ont lâché beaucoup de points en route, c’est vrai. Mais on ne joue pas dans la même catégorie. Ils devraient être au-dessus de là où ils sont aujourd’hui et nous, on est au-dessus de là où on devrait être normalement. C’est un match de haut de tableau entre deux équipes avec le même nombre de points. L’OL sera sûrement devant nous à la fin de la saison. Un tournant ? Ça ne conditionnera pas notre fin de saison. Tous les matchs deviennent précieux. On va bien se préparer pour tenter de lutter contre une équipe qui va de mieux en mieux. »

Quel regard portez-vous sur l’OL de cette saison ?
« Ça a été compliqué en première partie de saison. On connait quelques causes de cela. Il y a notamment la blessure de Fekir, les mauvais résultats à domicile… Je ne sais pas ce qu’il s’est passé dans le groupe. Aujourd’hui, tout est plus calme. Les Lyonnais travaillent plus sereinement. Ils sont dans une bonne dynamique. Ils sont de plus en plus forts. L’OL sera dans le coup à la fin même si Monaco a pris beaucoup d’avance. Mais pourquoi pas ! »

Est-ce que le joueur a évolué depuis vos débuts et l’échec au centre de formation de Rennes ?
« Ma philosophie n’a jamais changé. J’ai toujours eu la même volonté de jouer, d’être sérieux dans ce que je faisais. J’ai appris à me construire dans les divisions inférieures. Quand je suis revenu à Rennes, il y a eu davantage de réflexion dans mon jeu. C’est ce que m’avait demandé Frédéric Antonetti. Ça a été un moment important de ma carrière. J’ai aussi passé des paliers physiquement. »

Quel rôle a joué Patrice Garande dans votre carrière ?
« Il est venu me chercher à deux reprises, à chaque fois dans des périodes compliquées pour moi. La première, c’est avec Cherbourg en National lorsque je ne suis pas conservé par le centre de formation de Rennes. La seconde, c’est avec Caen lorsque je ne continue pas l’aventure encore une fois à Rennes pour diverses raisons. C’est une marque de confiance… une confiance qu’il m’a toujours montrée même dans les moments où peu de gens en avait pour moi. Il a toujours été là. »

Est-ce que vous avez toujours joué en numéro 10 ?
« J’ai toujours évolué au milieu de terrain. C’est là où je me sens le mieux et où mes qualités peuvent le plus  s’exprimer. J’aime beaucoup ce poste de numéro 10. C’est dans mes gênes. En quoi ce poste à part vous représente-t-il bien ? C’est la volonté de faire jouer les autres mais aussi d’être décisif, d’aller de l’avant, d’organiser, de faire la bonne passe ou de marquer. C’est ce qui m’anime sur le terrain. Un poste qui a évolué ? Oui. Aujourd’hui, beaucoup de joueurs sont capables de faire la différence tout en sachant défendre. Il n’y plus véritablement de 10 comme ça se faisait il y a quelques années. Il y a des milieux de terrain qui se projettent vers l’avant ou des 9 et demi, capables de décrocher pour participer au jeu. Il y a beaucoup moins de joueurs juste là pour organiser le jeu et distribuer. »

Notre bonne saison est aussi la conséquence de ce qui s’est passé la saison dernière. On a su tirer des enseignements de nos erreurs mais aussi de ce qui nous avait fait gagner. On s’est servis de tout ça pour construire et repartir de l’avant pour cette nouvelle saison

Mathieu Valbuena fait-il partie de ce genre de joueur ?
« C’est un joueur qui a d’énormes qualités et une très grande volonté. Il a aussi le souci de faire jouer les autres avant tout. Ce n’est pas un égoïste. On a la même façon de voir le foot. Il est plus à l’aise au centre du jeu plutôt que sur le côté mais il a su s’adapter et il est capable de jouer sur un côté. »

Quelle est l’importance de Rémy Vercoutre sur le terrain et en dehors ?
« Il a une grosse expérience du haut-niveau. Il a connu beaucoup de succès. Il se sert de cela pour lui mais aussi pour le partager avec les autres joueurs.  C’est très important d’avoir un tel personnage dans un club et une équipe. »

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