masculins / Peace Cup

Malouda: "Une remise en question permanente"

Publié le 23 juillet 2005 à 11:17 par R.B

[IMG6342L]A 17h, l'athlète <b>Florent Malouda</b> sort de sa sieste ; casquette à l'envers, il reprend ses esprits surtout après la séance du matin. "Franchement, elle a fait mal ; tout le monde est ko…"<br> Une rencontre attachante à l'autre bout du monde...

A 17h, l'athlète Florent Malouda sort de sa sieste ; casquette à l'envers, il reprend ses esprits surtout après la séance du matin. «Franchement, elle a fait mal ; tout le monde est ko… heureusement, on a du temps pour récupérer avant demain ». Le gaucher guyanais attaque sa troisième saison à l'OL. Lors de l'exercice précédent, il a enrichi son palmarès collectif et individuel, récompensé par ses sélections en Equipe de France et son premier but en bleu. Avant de repartir pour d'autres aventures, il n'a pas fait semblant de couper. « Je suis resté en Guyane. Comme je savais que la saison 2005-2006 serait encore plus difficile, j'ai fait la fête, j'en ai profité au point d'avoir pris 8kgs (de 77 à 85kgs). A la fin, j'avais la peau du ventre bien tendu. Mais bon, si je prends très vite des kilos, j'ai la chance pour l'instant de les perdre tout aussi vite. Je dois être revenu à mon poids de forme. La reprise a donc été difficile ».



En revenant à Lyon, on peut aisément imaginer que « Flo » a du se dire que les mois, qui l'attendaient, avaient quelque chose d'excitant. « Tu as raison ; il y a le championnat et ce cinquième titre à remporter ; la Champions League avec la finale à Paris et puis l'Equipe de France. Septembre/octobre seront décisifs pour aller en Allemagne. Une saison encore plus difficile avec au bout je l'espère plus de joie que ce que j'ai connu jusque là. Tu y penses forcément. Quand je suis parti en vacances, j'étais super satisfait avec cette apothéose d'avoir inscrit mon premier but en bleu. Maintenant, il faut recommencer ; tu ne peux pas t'arrêter, t'endormir sur tes lauriers. L'appétit vient vraiment en mangeant ! ». Que pense-t-il des bruits d'intérêt portés par Manchester ? « Je suis au courant ; il y a des contacts, mais moi, je suis attaché au concret, je ne rêve pas. Et cela ne me déstabilise pas même si tu ne peux pas rester insensible à ces marques d'intérêt. Le rêve ne suffit pas. Tiens quand j'étais à Châteauroux on m'annonçait dans les plus grands clubs français… et en fait je suis allé, et je ne le critique pas, à Guingamp. Aujourd'hui je me sens bien à Lyon où je suis encore, c'est mon sentiment, le petit qui vient de Guingamp. J'ai envie que cela évolue ; à moi de faire changer les choses. L'OL est un club ambitieux, moi aussi. Et c'est normal d'être regardé par d'autres clubs quand tu joues la Champions League. Dans ce milieu, pas question de rester dans ta bulle, sinon tu es rapidement dépassé ».



Revenu à son poids de forme, ambitieux, ne se contentant jamais de ses acquis, le marathonien du couloir gauche nous livre ensuite ses impressions sur cette Peace Cup. « C'est mieux que de jouer des matchs amicaux. Le point négatif, c'est l'éloignement. Pou le reste, le coach a su gérer les temps de jeu de chacun. En finale, on voudra gagner. J'ai vu un peu Tottenham la saison dernière et l'autre jour. Je ne connais pas les défenseurs. En revanche, je sais que devant ils ont 4 très bons attaquants… mais bon, ils ne peuvent pas jouer tous ensemble. Gagner, ce serait le moyen idéal de bien débuter la saison. Jusque là, nous n'avons rien lâché. Notre comportement est positif. De cette façon, on s'est remis dedans, alors que dans les 2 matchs amicaux, ce n'était pas tout à fait le cas. Les 3 matchs en 8 jours ? Cela ne me fait pas peur tout en ayant géré les fatigues du voyage retour. De toute façon pour nous, les jours de match ne sont pas un problème… et puis au mois d'août, le programme n'est pas encore chargé.



Titulaire indiscutable de l'ère Paul Le Guen, a-t-il une crainte avec l'arrivée d'un autre coach ? « Il n'y a pas eu de bouleversement. Il a apporté sa touche personnelle. Il s'est adapté à nous et nous à lui. Chacun fait des efforts. Il a choisi avant tout la continuité. Dans ce métier, il y a en permanence une remise en cause personnelle. Oui, tu te poses des questions sur son caractère, sa façon de fonctionner… mais après c'est une histoire d'intelligence. » 5 rencontres disputées à ce jour, peut-il en tirer de premières conclusions ? Nous sommes sencore en rodage tout en étant monté en puissance. L'arrivée de John a changé certaines choses. Pour l'instant, on se concentre sur l'aspect tactique. On essaie de changer de tactique en cours de match, car on sait que cela ne era pas évident en championnat, en Champions League. On se met dans les situations du très haut niveau. Moi, on me demande d'écarter plus ; il y a aussi moins de permutations pour l'instant. On bosse surtout collectivement en match et on fait beaucoup de réunions pour analyser ce que l'on a fait. Nous ne sommes pas au point où le jeu coule de source. C'est normal, on est d'abord concentré sur les consignes. Nous sommes donc en phase d'homogénéité. Offensivement, les occasions sont là… reste à trouver l'efficacité. Sur le plan personnel, j'ai marqué et j'ai perdu un face à face. Si toute la saison je reste à ce chiffre de 50% je serais content. Je ne me fais pas de souci, l'efficacité du groupe va venir. Pour en revenir à mes performances, je préfèrerais toujours servir le collectif que de jouer pour ma pomme. A long terme, cela n'est pas payant. Et puis, aujourd'hui tu en connais beaucoup des joueurs qui peuvent faire la différence tout seul, surtout quand tu dois participer au travail de replacement, faire de nombreuses courses. C'est un peu normal, que tu y laisses des plumes devant la cage adverse ».



Titulaire indiscutable, il a, comme tout le monde constaté que l'effectif olympien s'est sérieusement renforcé à l'intersaison. « C'est un plus, si tout le monde le vit bien. En ce moment tout est beau ; les gars sont tous motivés. On verra plus tard. La concurrence doit te tirer vers le haut et permettre à chacun de rester concerné. John Carew ? Un joueur comme lui, si on l'utilise bien, cela ne peut-être qu'un plus pour le groupe. Il faut s'adapter à lui ; on l'aide. La vérité? Ce sera le championnat, la Champions League ». C'est pour bientôt.



R.B