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Manchester - OL: Une défaite sans rougir...

Publié le 23 novembre 2004 à 23:56 par R.B

Les Olympiens se sont inclinés 2 à 1, mais n'ont pas à rougir de cette première [IMG3925L]défaite. Revenus au score à la fin de la première période, ils n'ont pu empêcher Van Nistelrooy de marquer son 42ème but en Champions League. Les Gones ont incontestablement franchi un cap sur la scène européenne et peuvent toujours envisager la première place de cette poule dans 2 semaines...

A Manchester, stade Old Trafford, Manchester 2 OL 1 (mi-temps : 1 à 1) ; temps : frais; pelouse : en bon état; spectateurs : 66 398 ; arbitre M. Kim Nielsen (Danemark).





Manchester : Carroll – G. Neville (Brown 46ème), Rio Ferdinand, Silvestre, Heinze, Keane (cap, puis Djemba 88ème), Scholes, C. Ronaldo, Van Nistelrooy (puis Fletcher 70ème), Rooney, Smith.



OL: Puydebois – Réveillère, Diatta, Cris, Berthod, Diarra, Essien, Juninho, Govou (cap, puis Wiltord 60ème)), Nilmar (puis Malouda 70ème), Frau (puis Bergougnoux 70ème).



Buts : pour Manchester, Neville (24ème), Van Nistelrooy (53ème). Pour l'OL, Diarra (40ème)



Cartons jaunes : pour Manchester Keane (64ème)



Bon d'accord, on ne peut oublier de souffler les 1 000 bougies de Sir Alex Ferguson. 1 000 rencontres sur le banc, plutôt debout juste à côté, des Red Devils ; 8 titres de champion d'Angleterre, 5 Cup, 1 Coupe de la Ligue, 1 Champions League, 1 Coupe des Coupes, 1 Coupe Intercontinentale… A 63 piges, le 31 décembre prochain, le natif de Glasgow a un palmarès de géant avec les Mancuniens ; et pour les connaisseurs, ils savent qu'il avait déjà collectionné les breloques à la pelle avec le club écossais d'Aberdeen. Tout simplement Chapeau Sir. Ce soir, vous mastiquerez certainement un peu plus votre chewing gum. D'émotion, de tension… Pas question de manquer ce rendez-vous festif… et arithmétique. Et oui, les 2 feront la paire. MU a aussi besoin d'un succès pour se qualifier à coup sûr et envisager sérieusement la première place du groupe D. Les coéquipiers de Roy Keane se doivent d'honorer leur boss et montrer qu'ils sont toujours des très grands d'Europe.



A domicile, ces Démons ont une attaque mitraillette, 10 buts marqués, dont Ruud Van Nistelrooy et Wayne Rooney sont les plus belles gachettes avec 8 réalisations ; à l'extérieur les Gones sont réalistes offensivement et défensivement ; soit la meilleure attaque (5 buts) et la défense la plus hermétique avec celle de MU (2 buts). Cette solidité collective sera soumise à rude épreuve, avec des gaillards, voire des garnements, comme les 2 buteurs déjà cités, mais aussi avec les Giggs, Ronaldo, Scholes. Il nous arrive d'avoir quelques frissons en y pensant… surtout en l'absence de Coupet, Cacapa et d'Abidal. Que les présents n'en prennent pas ombrage… Nous serons les premiers à reconnaître leurs partitions exemplaires. MU à Old Trafford, ce n'est pas un « pauvre » PSG au Parc ! La méfiance, la crainte sont de rigueur.

L'OL, sans pression, est au pied d'une montagne ; l'une des plus belles à gravir de ces dernières saisons. L'OL, déjà qualifié, a tout à gagner, sauf à prendre une déculottée, dans ces 90 minutes. Garder son invincibilité, protéger sa première place, marquer les esprits, franchir un pas de plus vers la renommée. Et individuellement, le Théâtre des Rêves est un endroit approprié pour attirer le regard des émissaires argentés. Parce que finalement, ne le répétez à personne, les Lyonnais de ce mardi soir sont promis à priori à une défaite inexorable aussi douce fut-elle. Alors en route pour l'exploit…



Ferguson, mis à part Saha à l'infirmerie, a eu le choix pour composer son équipe ; il l'a fait en en titularisant Smith aux côtés de « Ruud » et de «Wayne » en raison de la blessure de Giggs. Paul Le Guen, lui, à l'exception de son attaque, n'était pas dans le même confort. Il a donc constitué le groupe de départ pas tout à fait attendu, laissant Wiltord et Malouda sur le banc des remplaçants pour le plus grand plaisir de Nilmar et Frau. Il y aura finalement 10 changements au départ par rapport au match aller.



Old Trafford est bouillonnant d'amour à l'égard de ses boys ; les 1 600 supporters olympiens, passé l'émerveillement de la découverte d'un lieu mythique, attendent « leurs garçons » avec tout autant de ferveur. Enfin, les 196cm de Kim Nielsen seront à la hauteur pour arbitrer ces débats au sommet.



« Now is time gentlemen »… Et les Gones se montrent d'entrée avec une frappe contrée d'Essien, puis une tête du même Ghanéen à côté. Pas de round d'observation ; le duo Essien-Diarra a rapidement trouvé ses marques, mais Smith, puis Scholes répondent par des frappes non cadrées tout en étant dangereuses. Pas de calcul… droit devant ! Ronaldo fait ses gris-gris et se voit repris au dernier moment par Cris ; puis Rooney balance une bombe hors de la surface sur le poteau droit de Puydebois (12ème). Les Diables Rouges ont accéléré incontestablement, sans gêner vraiment le bel ordonnancement des partenaires de Govou… jusqu'à la 24ème minute où un centre de Smith sème le bazar dans les 5 mètres olympiens, met dans l'embarras Réveillère, Diatta et Puydebois… offrant à Gary Neville, qui traînait par là, l'ouverture du score.



Les Champions de France ne se laissent pas démonter pour autant ; ils monopolisent le ballon, reviennent sans cesse dans le camp des locaux au risque d'offrir des espaces pour une frappe de Christiano Ronaldo (29ème) légèrement dévissée ; et que dire de celle de Rooney dans la foulée qui, en se retournant à la vitesse de l'éclair, fait souffler un sérieux coup de chaleur sur l'échine de Puydebois. Old Trafford chante, se lève pour Sir Alex. Une demi-heure de jeu que l'on n'a pas vu passer ; toujours ce score de 1 à 0 pour les Mancuniens, semblant maintenant gérer les débats avec un contre quasiment gagnant sur une erreur de communication entre Diarra et Cris. Résultat ? Rooney plaçait une nouvelle frappe au ras d'un poteau des Gones. Pas le temps de trop paniquer, Frau avait un face à face avec Carroll qu'il vendangeait en frappant mollement. Les Red avaient choisi de passer par la droite. Mais, Juninho, en excellente position, oubliait de prendre sa chance (39ème), avant de mettre un coup franc sur la tête d'Essien, seul au premier poteau. Le Ghanéen ne trouvait pas le cadre adverse.



Et soudain la stupeur d'un côté ; émerveillement de l'autre ! Carroll se trouait sur « un sac » de 30 mètres de Diarra. Incroyable cagade de l'Irlandais ; incroyable but du Malien. Les 1 600 supporters lyonnais pouvaient se vider les poumons d'extase. Essien continuait, lui, son marathon plein de lucidité, superbement aidé par son pote « Djila ». 1 à 1 à la mi-temps, la Marseillaise montait des travées du Théâtre des Rêves. Ces 45 premières minutes, intenses, rythmées… promettaient un second acte plein de folie. Dieu que l'on aime ce genre de match… et ces Olympiens sans peur, ni respect pour ce maillot légendaire



Pas le temps de respirer ! Dès la reprise Brown, qui avait remplacé le buteur Neville, se frayait un chemin sur le côté droit avant de tutoyer le poteau droit de Puydebois. Le Rouge était mis dans le camp des « Frenchies » en abusant notamment des centres aériens ou non. Diatta devait jouer le pompier de service avant que l'intenable "Ruud "ne claque une tête victorieuse sur un centre venu de la droite de Rio Ferdinand après une relance « cata » de Réveillère (55ème). Et le même batave place un lob artistique sur le poteau droit de « Nico » une minute plus tard… servi par Rooney. Après une tentative « extra » de Govou, Wiltord, sous les huées du public, remplaçait le capitaine « Sid ». Keane a droit à un carton jaune pour une faute sur Diarra (65ème), avant que Puydebois ne se couche avec à propos sur un centre de Ronaldo, puis sur une frappe du Portugais (68ème). Les Gones courent trop après le ballon pour mettre en danger les partenaires de Rooney. C'est l'heure du coaching avec les sorties de Van Nistelrooy, Frau, Nilmar et les rentrées de Fletcher, Malouda, Bergougnoux à 18 minutes de la fin.



Tout est encore possible dans ce match… même si les Lyonnais n'ont pas d'occasion franche de but et sont moins imposants dans leur expression. Bergougnoux se met cependant en évidence sur une action toute en technicité culottée(82ème). Cris découpe Smith. Les locaux pressent les Gones, les étouffent… il y a de la fatigue dans l'air anglais. 5 minutes pour le nul. Un caviar de Bergougnoux à destination de Réveillère qui ne peut centrer. Allez, allez… Essien n'a pas baissé de pied; quelle carrosserie assortie d'un moteur sans raté ! Les Olympiens jettent tout dans ce combat… sans pouvoir revenir au score.



Il n'y a pas de quoi être déçu de cette défaite, globalement logique au regard de la seconde période. L'OL a répondu présent à Old Trafford, mais en offrant quasiment les 2 buts sur des approximations défensives, ils se sont mis eux-mêmes en difficulté. Il reste à terminer le bon boulot à domicile contre le Sparta et pourquoi pas récupérer leur première place… Les hommes du président Jean-Michel Aulas, privés de pièces maîtresses, ont montré qu'ils avaient définitivement grandi sur la scène européenne. Quant à Sir Alex, il pouvait ouvrir sa bouteille de Château Petrus pour fêter sa 1 000ème présence sur le banc!




Statistiques :



Hors jeu pour MU : 2

Hors jeu pour OL : 2

Corners pour MU : 4

Corners pour OL : 7

Coups francs pour MU : 16

Coups francs pour OL : 11

Tirs cadrés pour MU : 3

Tirs cadrés pour OL : 2

Tirs non cadrés pour MU : 14

Tirs non cadrés pour OL : 17

Puydebois arrêts : 8

Puydebois arrêts décisifs : 0





R.B



















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