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Mathieu Bodmer fustige « un manque d’agressivité »

Publié le 21 janvier 2008 à 22:01 par BV

Lendemain de défaite à Tola Vologe, la nuit est tombée sur le centre d’entraînement de l’OL. Au terme d’un long débriefing, les joueurs lyonnais sortent un par un. Ne reste plus qu’une demi-douzaine de voitures sur le parking au moment où Mathieu Bodmer pénètre dans la salle de presse.

Et d’emblée, le discours sans concession tranche sur la silhouette apaisante et le regard posé du grand milieu-défenseur, qui préfère jouer au milieu, mais joue en défense, et confie « être là avant tout pour jouer un maximum de matchs » : « à Lens, on a manqué d’agressivité dans pas mal de compartiments du jeu, que ce soit offensivement ou défensivement. On a été très insuffisants. A partir du moment où l’on ne remporte pas assez de duels, que l’on n’est pas assez méchant dans les impacts, c’est difficile de gagner un match. A Lens, les attaquants n’ont pas aidé les défenseurs à défendre, ces derniers n’ont pas suffisamment aidé les attaquants à marquer. Au bout du compte, on ne marque pas et on encaisse des buts. C’est la faute de tout le monde ».

Plus qu’un cruel résumé de match , c’est un avertissement que lance Mathieu Bodmer. L’OL a en effet encaissé quatre buts durant la semaine sans parvenir à en inscrire un seul. Trop pour être le simple fait du hasard. Après l’échec en Coupe de la Ligue, les Lyonnais ont confirmé à Lens leurs difficultés actuelles à faire la loi loin de Gerland. Sur leurs six derniers matchs à l’extérieur, ils restent ainsi sur 3 défaites, 1 nul et deux victoires dont une à Créteil, club de national, et une à Glasgow. « Lors de certains matchs, comme à Stuttgart ou à Glasgow, on a fait preuve d’envie et d’unité, confie Mathieu Bodmer, mais lors de certains autres, on s’est trop reposés sur nos qualités avec le ballon, on a moins défendu et mis moins d’agressivité dans les duels ». Contrecoup d’un hiver « vampirisé » par le match à Glasgow ou tendance naturelle d’un groupe bourré de talent à parfois refuser un combat qui lui semble indigne de son rang ? « C’est avant tout mental, analyse l’ancien Lillois. C’est dans les têtes. C’est un état d’esprit à avoir lorsque l’on entre sur le terrain ». Alain Perrin ne dit pas autre chose lorsqu’il pointe du doigt « un excès de confiance » et note qu'il est de sa « responsabilité » de « rappeler aux joueurs qu’il ne faut pas sous-estimer les adversaires ». « On arrive dans une période où tout le monde a besoin de prendre des points et faire des résultats, prévient l’entraîneur lyonnais. Ce type de match va se reproduire. C’est la manière avec laquelle on surmonte les difficultés qui fait que l’on est une grande équipe ».

[IMG42845#R]Et pour y parvenir, les olympiens pourraient bientôt retrouver Juninho et Sidney Govou, deux éléments-clés du système de jeu mais également du vestiaire. « Bien sûr que les absences de Gov’(Govou) et Juninho pèsent, reconnaît Bodmer. Ce sont deux joueurs hyper-importants dans l’équipe, des joueurs qui recadrent sur le terrain. Govou a un état d’esprit irréprochable, il influe sur les autres. « Juni » replace et parle beaucoup tant avant que pendant le match. »

En leur absence, dimanche, au coup de sifflet final, c’est Toto Squillaci qui est monté au créneau, pour constater que « ce n’est pas l’OL que l’on connaît, (qu’) il faut vite se reprendre ». Une prise de position avec laquelle « tout le monde est d’accord, souligne le joueur formé à Caen. C’est un cadre, un joueur qui a de l’expérience. C’est bien que parfois quelqu’un élève la voix. Cela ne peut être que bénéfique ».

Reste maintenant à transformer en actes, et en points surtout, les conclusions de cette semaine blanche. « L’avantage, c’est que l’on a un match dans deux jours (mercredi face à Lorient à Gerland), on n’a donc pas trop le temps de gamberger, positive Bodmer. Il n’y a pas d’inquiétude car on sait ce qui ne va pas. Les joueurs qui ont un peu plus (d’agressivité) que les autres vont tirer le reste du groupe dans le bon sens. A nous de nous remettre en question. Si on fait ce qu’il faut, on aura la récompense au bout. Il y a un état d’esprit à retrouver avant le mois de février qui va être décisif... »
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