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Milan Bisevac, un revenant endurci

Publié le 13 juillet 2015 à 16:33 par SC

Très proche du retour, Milan Bisevac nous a raconté ce qu’il vit depuis le 1er février et sa grave blessure au genou. Entre la souffrance de la rééducation et le goût de l’effort, la mélancolie et le blindage mental, le défenseur serbe a appris, s’est renforcé.

A le voir se donner sur les terrains de Crans Montana, il est difficile d’imaginer qu’il y a 5 mois une grave blessure le stoppait en pleine élan. Début février, Milan Bisevac s’effondre sur la pelouse de Monaco. Il tentera bien de repartir au combat. En vain. Une rupture du ligament croisé antérieur fait capituler le colosse serbe. La période qui a suivi a d’abord été compliquée. « Ce sont des moments compliqués à vivre. Quand tu es joueur pro, tu as l’habitude de jouer tous les jours. Et d’un coup, tout ça s’arrête. » Milan s’est retrouvé inéluctablement seul, sans ses coéquipiers, privé de vie de groupe. « J’ai essayé d’être avec eux le plus possible, dans les vestiaires, à Tola Vologe. C’était important pour moi mais compliqué à faire. Tu regardes les matchs en te disant que tu ne peux pas les aider, c’est dur et frustrant. Des fois, je préférais même rester à la maison…C’est difficile, il y a un manque. Le foot, c’est ma vie ».


" Ce sont des moments compliqués à vivre. Quand tu es joueur pro, tu as l’habitude de jouer tous les jours. Et d’un coup, tout ça s’arrête."


Depuis la rentrée fin juin, sa vie reprend donc peu à peu son cours normal. Milan Bisevac s’entraîne avec le groupe et est de l’aventure à Crans Montana. « Aujourd’hui je travaille, je progresse bien. C’est le plus important. Je suis heureux d’être ici avec les autres et proche du groupe, c’est bon signe ». Même s’il a conscience du chemin parcouru, quand on lui évoque son avance sur le timing, le défenseur préfère parler de ce qu’il lui reste à faire. « J’aime mieux dire que je suis dans les temps même si j’avance bien et vite. Il ne faut pas brûler les étapes. Tout va bien pour le moment et je me rapproche du but. Il faut rester patient. Je suis presque apte mais il y a des choses que je ne peux pas faire encore. Il faut que je garde ça en tête. » Revenons tout de même sur ce qui a permis au joueur de bientôt 32 ans, âge où il est plus compliqué de récupérer, d’espérer un retour plus précoce que la normale.

Vacances ou pas vacances, peu importe. Milan a mis les bouchées doubles. « J’ai fait beaucoup d’exercices durant mes vacances. Je n’ai coupé que quelques jours. Quand j’étais en Turquie, je me réveillais à 5h du matin pour travailler. Je courais dans le sable par exemple. Je travaillais en salle l’après-midi. Je faisais ce programme tous les jours. J’ai beaucoup cravaché ». Pour s’infliger une telle dose d’effort et de souffrance, il a fallu une volonté à toute épreuve et un mental d’acier au défenseur serbe. « Je ne me suis pas posé de question. Il fallait que je regarde devant moi. J’ai tout de suite accepté la blessure et mon incapacité à jouer. C’est une épreuve à traverser ». Une épreuve dont il est sorti grandi.


« J’ai beaucoup appris de cette période. Ça m’a finalement apporté. Je peux aujourd’hui dire que je suis encore plus fort mentalement »


Souriant dans l’effort et blindé dans la tête, Milan Bisevac s’est bétonné. « J’ai beaucoup appris de cette période. Ça m’a finalement apporté. Je peux aujourd’hui dire que je suis encore plus fort mentalement ». On avait laissé un soldat blessé en février. Nul doute qu’on récupèrera un guerrier guéri mais aussi aguerri dans quelques temps. Dès samedi face au Milan AC ? Le coach y pense. Déjà.