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N. Penneteau : « Batîr quelque chose d'intéressant »

Publié le 11 septembre 2010 à 10:20 par BV

Au club depuis l’été 2006, Nicolas Penneteau est un témoin privilégié de la progression du Valenciennes FC

. S’il considère que celui-ci « est encore un petit club qui grandit doucement », il ne cache pas que la saison 2010 – 2011 est décisive. Au terme de celle-ci, les Valenciennois disposeront en effet d’un nouveau stade « pour s’autoriser des objectifs plus élevés ».

A l’origine, vous êtes un Méditerranéen (né à Marseille, n’ayant connu qu’un seul club avant Valenciennes, Bastia). Vous entamez pourtant votre 5e saison à Valenciennes, dans le Nord. Comment l’expliquez-vous ?
Parce que je suis quelqu’un de fidèle. J’ai signé à Valenciennes pour un projet. On m’a alors expliqué qu’il y avait la perspective d’un nouveau stade, que le club voulait grandir. J’ai fait le choix de grandir en même temps que lui. Simplement, quand le froid arrive, c’est toujours difficile pour un « sudiste » comme moi. Plus je prends de l’âge et plus je rouille.

Depuis qu’il a retrouvé la Ligue 1, Valenciennes ne cesse de progresser. (17e, 13e, 12e et 10e). Cela signifie-t-il que l’objectif est de terminer dans le top 10 cette saison ?
C’est l’envie que l’on a tous, de faire encore mieux que la saison dernière. Malheureusement, beaucoup d’équipes ne sont pas d’accord avec nous. A l’intersaison, on a eu quelques départs importants. Même si on les a compensés par de la jeunesse, on manque peut-être un peu d’expérience. On sait que cela va être difficile, que l’on va peut-être plus souffrir que l’année dernière. Moi, je considère que l’on est encore un petit club qui grandit doucement. On bataille encore avec des équipes comme Nancy ou Sochaux, on n’est jamais sûr de se sauver. De plus, le nouveau stade arrive en fin de saison, ce qui nous met une pression supplémentaire : faut pas « déconner », on veut y jouer en Ligue 1. Avec celui-ci, le club disposera peut-être de moyens supplémentaires pour s’autoriser des objectifs plus élevés.

A l’intersaison, Valenciennes a perdu des joueurs importants comme Ben Kalfallah ou Audel. Cela signifie-t-il que l’équipe est moins forte que la saison précédente ?
La perte de Johan (Audel) est importante car son profil est difficile à combler. Au niveau offensif, il nous apportait un panel intéressant, que ce soit dans l’axe ou sur un coté. Il présentait des caractéristiques pour jouer dans la profondeur que l’on a un peu moins désormais. Pour Fahid (Ben Kalfallah), aller à Bordeaux était une super opportunité. Mathieu Dossevi, qui nous a rejoints, a un peu les mêmes caractéristiques, en plus jeune. Mais le fait d’avoir perdu des joueurs nous rend encore plus solidaires et soudés. On se connait pratiquement tous, on a une base sur laquelle on peut bâtir quelque chose d’intéressant. Le fait d’avoir rajeuni l’effectif apporte également de l’enthousiasme. La solidarité, l’enthousiasme et l’envie de faire quelque chose de bien, ce sont des valeurs propres au club, encore plus cette saison. Contrairement aux grosses équipes, on sait que l’on est obligés d’être à 120% pour gagner des matches.

Comment jugez-vous le début de saison de Valenciennes (1) ?
C’est un début de saison satisfaisant au regard des équipes que l’on a jouées. En dehors de Nice, on n’a affronté que des clubs européens (Marseille, Auxerre et Montpellier). On s’attendait à avoir beaucoup moins de points. Le point négatif, c’est que l’on pourrait faire beaucoup mieux au niveau du jeu, de la fluidité. On doit avoir davantage le ballon, faire plus souffrir l’adversaire pour se créer des occasions de but franches, tout en conservant une solidité défensive. L’exemple à suivre, c’est ce que l’on a fait la saison dernière. On avait très mal débuté le championnat mais on a toujours insisté sur le jeu, sachant que c’est par le jeu que l’on allait remonter la pente. On va continuer dans ce sens-là. Quand on voit l’Espagne être championne du Monde en développant un jeu offensif, on a envie d’aller dans cette direction de jeu et de plaisir.

N’est-il pas trop dangereux de développer un jeu offensif à Gerland ?
Samedi, l’objectif sera déjà de bien défendre, car on a besoin de points. On essaiera ensuite d’exploiter au maximum les espaces en maitrisant le ballon pour ne pas laisser Lyon emballer le match et nous pousser à la faute. Un nul serait un bon résultat, mais pourquoi pas une petite victoire à l’arrachée, sur un contre ? Ce serait fantastique. On reste humbles, on sait que l’on ne joue pas dans la même catégorie que l’OL, mais on se dit que sur un match tout est possible. C’est peut-être le bon moment pour prendre l’OL : on a vu face à Marseille que les grosses cylindrées ont parfois des difficultés en début de saison, et axent leur préparation sur la Ligue des Champions.

Lisandro pourrait connaitre sa première titularisation samedi. Qu’est-ce que cela vous inspire ? De la crainte ?
Non. C’est toujours un plaisir d’affronter de tels joueurs. Au regard de la mentalité qu’il a affichée la saison dernière, il risque de revenir avec les dents longues. Il faudra être hyper attentif. Avec l’apport de Gourcuff, ils auront eu le temps d’affiner leurs automatismes. Ce devrait donc être un bon match à jouer.

Quel regard portez-vous sur votre homologue lyonnais, Hugo Lloris ?
Pour un gardien, c’est l’exemple à suivre au niveau de la régularité. Il montre des qualités énormes et un mental d’acier. Cela ne doit pas être évident pour lui car sa défense est constamment remaniée. Heureusement que l’OL possède un gardien de cette classe-là. J’aime beaucoup son style : c’est un gardien qui ne subit pas. C’est un gardien moderne, tout le monde devrait prendre exemple sur lui.

  1. Nice – Valenciennes (0 – 0), Valenciennes – OM (3 – 2), Auxerre – Valenciennes (1 – 1), Valenciennes – Montpellier (0 – 1).

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