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« Ne pas croire que cela va être facile »

Publié le 14 février 2012 à 12:25 par BV

Joueur de l’OL entre 1994 et 1998, Cédric Bardon connait le championnat de Chypre pour y avoir évolué une saison (2008 – 2009 à Famagouste). A l’occasion de la rencontre entre l’OL et l’APOEL Nicosie, il revient sur son expérience chypriote et prévient : « l’OL devra être prudent ».

Qu’est-ce qui vous a poussé à poser vos valises à Chypre en 2008 ?
Le club d’Anorthosis Famagouste avait mis en avant un gros challenge : se qualifier pour la Champions League, ce qui n’avait jamais été accompli auparavant par un club chypriote. Tout était réuni pour faire un bon parcours : il y avait un groupe intéressant, dans un club qui avait des moyens financiers importants et un entraîneur qui était très motivé. On avait réussi à se qualifier et on s’était ensuite plutôt bien débrouillé en poules. Le club avait recruté des joueurs qui avaient une grosse expérience européenne, comme Savio qui avait gagné la Champions League (1998, 2000 et 2002 avec le Real Madrid), comme Dellas qui avait gagné l’Euro avec la Grèce (2004). Il y avait seize nationalités différentes avec à peu près une quinzaine d’internationaux. Ce n’étaient pas forcément des joueurs très connus, mais c’étaient de bons joueurs.

Que découvrez-vous quand vous arrivez à Chypre ?
Je découvre avant tout un pays où il fait très chaud, où il est très difficile de s’adapter aux conditions climatiques. J’arrivais d’Israël et je pensais avoir tout connu. Mais, l’été à Chypre, c’était la canicule de jour comme de nuit. J’ai dû m’adapter. Et puis, je me suis rendu compte très vite que la ferveur pour le football y était immense. Là-bas, le football est une institution. Pour ma part, j’ai été agréablement surpris : les stades sont tout à fait convenables, on y retrouve énormément de joueurs qui sont issus des championnats grecs, sud-américains ou portugais, formés à Porto ou au Benfica. C’est vraiment un championnat qui mérite qu’on s’y intéresse un peu plus.



Quelle place occupe l’APOEL Nicosie dans le championnat chypriote ?
C’est le club qui compte le plus de supporters. Omonia Nicosie est le gros club avec d’énormes moyens qui chaque saison joue le titre mais qui se casse régulièrement la figure, alors que l’APOEL est régulièrement outsider mais finit plus souvent champion. L’APOEL est à mon avis le club le plus en place en termes de structures, de capacités d’accueil des joueurs étrangers, de conditions d’entraînement.

Etes-vous étonné par les progrès des équipes chypriotes ?

Il y a 20 ans, personne ne connaissait le championnat chypriote, les grosses équipes y allaient et ramenaient de larges victoires 10 – 0. Aujourd’hui, il n’y a plus tant de « cartons » que ça. Les Chypriotes ont appris, ils se sont entourés de gens compétents, ont fait venir des étrangers pour travailler chez eux. Ils bénéficient aussi du fait que leur championnat est méconnu, ils profitent de ce que les grosses équipes les prennent de haut et se prennent souvent les pieds dans le tapis. C’est ce dont a pu bénéficier l’APOEL dans sa phase de poules. Le foot, c’est beaucoup d’humilité et de professionnalisme.

Le favori reste l’OL, mais c’est également là le danger. En raison de son palmarès et de son parcours sur la scène européenne, à Chypre, tout le monde connait l’Olympique Lyonnais, aucune équipe n’est heureuse de rencontrer l’OL.

Cela signifie-t-il que le principal danger dont doit se méfier l’OL, c’est le complexe de supériorité ?
Le favori reste l’OL, mais c’est également là le danger. En raison de son palmarès et de son parcours sur la scène européenne, à Chypre, tout le monde connait l’Olympique Lyonnais, aucune équipe n’est heureuse de rencontrer l’OL. Surtout une équipe chypriote qui reste humble face à ce gros défi qui s’annonce. Il faut également savoir qu’aller jouer à Nicosie ne sera pas facile. Là-bas, il y aura une grosse ambiance, ça va être compliqué. Le public est chaud pendant 90 minutes, voire plus, même quand son équipe est en difficulté. A mes yeux, l’OL a deux impératifs : ne pas croire que cela va être facile et essayer de faire la différence à domicile pour avoir le moins de problèmes possible au retour. L’idéal pour l’OL serait de se déplacer avec deux buts d’avance, ce qui lui donnerait une marge de sécurité certaine. Mais le plus important est avant tout de ne pas en prendre.

Quelles sont les caractéristiques de cette équipe ?
C’est une équipe qui possède un très bon milieu de terrain, de bons attaquants, mais c’est avant tout une équipe qui encaisse peu de buts, qui est bien structurée, qui défend très bien en groupe. Leur entraîneur (Ivan Jovanovic) prône un jeu rapide vers l’avant et s’appuie surtout sur la contre-attaque.

source : Tribune OL spécial "OL - Apoël Nicosie"

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