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Nice-OL: Enfin, une ouverture en fanfare?

Publié le 06 août 2004 à 12:41 par R.B.

[IMG2607L]Le Lyon printanier a bien réussi ces deux dernières années à Nice ; celui de l'été sera-t-il aussi flamboyant au tableau d'affichage et dans son jeu ? Une chose est sûre, mis à part<b> Diarra </b>et<b> Viale</b>, en soins, <b>Paul Le Guen</b> aura tout son effectif sous la main en attendant l'arrivée de … Le marathon olympien débute sur la Côte d'Azur. Autant trouver le bon rythme tout de suite… même si l'on peut faire confiance à l'emballage final des hommes du président Jean-Michel Aulas. Au cas où...

Le 27 mars dernier, nous sommes quasiment dans les arrêts de jeu de la rencontre. Depuis une grosse paire de secondes, la partie est arrêtée. Patrick Muller ayant fait une faute sur un adversaire en position de dernier défenseur, l'arbitre, M. Bré, a sorti sans hésiter, il est bien le seul, le carton rouge. Palabres… Edmilson doit aller vers le bord de touche enfiler le brassard de capitaine parti aux douches avec le Suisse. Le coup franc, à l'entrée de la surface de réparation, est sifflé maintenant depuis près de 4 minutes. Grégory Coupet a passé tout ce temps appuyé contre son poteau gauche. Il semble ailleurs. L'image de la sérénité absolue… et pourtant, il sait qu'il va devoir sortir l'arrêt décisif qui bonifiera le but inscrit par Elber dès la 17eme minute de jeu. En face, le gaucher irascible, Everson a l'égalisation au bout de son pied gauche. Everson , dans cet exercice, est, presque, à Nice ce que Juninho est à l'OL. Décalé par un partenaire, le Brésilien au crâne rasé place une mine… Greg, en seigneur, répond d'une parade salvatrice… l'OL s'impose 1 à 0 !



Ces instants resteront gravés à jamais dans la mémoire des supporters olympiens. L'image pourrait être aussi le claquage de Carrière en fin de première période ; un Carrière, étincelant ce jour là, qui finira sa saison à l'infirmerie. Un gros désagrément qu'avait déjà connu lors de l'exercice précédent ce bon et grand Christophe Delmotte, le 23 mars 2003, toujours dans ce même Stade du Ray, poussiéreux, bruyant, promis prochainement à la casse. « Toph » s'était brisé le péroné en voulant éviter de faire mal à Traoré. Et puis pour être complet, si la saison dernière Giovane Elber avait inscrit l'unique but de la rencontre, un an auparavant, un autre brésilien, Juninho, l'avait imité à la 84eme minute de jeu. Nice, chez lui, réussit plutôt bien aux Brésiliens, aux Lyonnais depuis que les Azuréens sont rémontés en Ligue 1 ; en sachant aussi que les Champions de France en titre restent sur trois succès 1 à 0 lors de leurs trois dernières visites (96-97 but de Caveglia).

Alors de là à prétendre que ce premier voyage de la saison 2004-2005 sera synonyme, pour ce 1 655 matches de l'OL en Ligue 1, d'un succès « le jour de l'ouverture de la chasse » et ce après 22 saisons d'abstinence (Nancy 2-0 en 81-82), il y a un grand pas que le tous les supporters aimeraient franchir, même si c'est à la fin de la foire que l'on compte les bouses comme aiment à le rappeler tous les paysans de la terre ?



« Ce sera chaud… il faudra être solidaire… » le leitmotiv est dans toutes les bouches olympiennes. Gernot Rohr, l'entraîneur azuréen, autrefois agent de police du milieu bordelais avec son compère "verbalisateur" René Girard, a fait des miracles en s'appuyant sur les valeurs collectives du football, sur l'engagement physique, parfois à la limite, et sur un réalisme souvent minimaliste. En deux saisons, les partenaires de Cobos ont obtenu 33 matches nuls en 76 rencontres. Un record ! Certes le vieil OGCN, 100 ans d'existence cette année, est loin des fastes d'antan. Ah ces années cinquante ponctuées par 4 titres de champions de France, 2 coupes de France et de 2 quarts de finale de coupe d'Europe. Amalfi, Colonna, Nuremberg, Firoud, Gonzales, Chorda, Foix, Muro… des noms qui fleurent bon le soleil, les tacles impétueux, la technique et les buts.

Un peu plus tard, Douis, Jouve, Loubet, Baratelli, Isnard, Huck, Katalinski, Zambelli… dans les années soixante dix, donneront d'autres couleurs, vives malgré l'absence de titre, à ce club rouge et noir. Avant que des successeurs, ayant généralement disparus des mémoires, ne soulèvent la Coupe de France 97 contre Guingamp, atténuant au passage une relégation en D2. Ce soir là, Valencony était dans la cage niçoise ; vendredi , à 36 ans, il sera sur le banc.



Laslandes, Roy, Everson, Leonard, Cherrad, et « le coup de vent italien » Simone sous d'autres cieux ; en attendant le départ de Pitau. Vahirua, Linz, Fauconnier, Roudet ont, eux, posé leurs valises sur les rives de la Belle Bleue. Grégorini, Traoré, Bigné, Varrault, Echouafni, Abardonado, blessé pour l'instant, sont toujours là. Comme Cobos, le grognard à la tignasse de rebelle; l'attaquant Meslin, "poussin" rapide et buteur ; le défenseur Pamarot, puissant, intransigeant... et un tour de cuisses monstrueusement énorme à filer des frissons à ses adversaires pour peu qu'il enlève le frein à main lorsqu'il s'engage ! Ce qu'il fait souvent. Nice, à l'évidence, sera costaud un fois encore. Sa solidarité collective compensant les manques inhérents à «l'absence» de budget. 2 fois bien partis avant de finir 10eme et 11eme, ces Aiglons là auront peut-être un tantinet plus de mal à voler au dessus des nuages…

Leurs matches de préparation, contre des adversaires de catégories inférieures, dans la foulée de l'élimination en coupe Intertoto « un mal pour un bien selon Rohr », n'étaient pas du genre à se prendre la tête. Le discours officiel, lui, est plutôt rassurant : « On veut améliorer la qualité de notre jeu, et surtout pérenniser le club en Ligue 1. La troisième année est souvent difficile pour un récent promu… ». Tout ceci pourquoi pas pour regarder vers une place en UEFA, ambition à moitié avouée, parait-il.



Il fera donc chaud au Stade du Ray vendredi soir. Les cannes et les poumons à peine remis d'une intense préparation physique, les acteurs auront certainement besoin de souffler par moment. L'arbitre, M. Bertrand Layec aussi, mais dans son sifflet si les débats sont trop engagés! Le Lyon printanier a bien réussi ces deux dernières années à Nice ; celui de l'été sera-t-il aussi flamboyant au tableau d'affichage et dans son jeu ? Une chose est sûre, mis à part Diarra et Viale, en soins, Paul Le Guen aura tout son effectif sous la main en attendant l'arrivée de …

Et il nous plait de conclure ces lignes par une déclaration du capitaine Claudio Cacapa : « Il faut toujours tout donner sur un terrain pendant 90 minutes. Tu n'as pas le droit de garder des forces ! » Le marathon olympien débute sur la Côte d'Azur. Autant trouver le bon rythme tout de suite… même si l'on peut faire confiance à l'emballage final des hommes du président Jean-Michel Aulas. Au cas où...



R.B.

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