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Nicolas Seube : « Il nous manque encore un point »

Publié le 20 mai 2011 à 16:00 par BV

Grâce à leur victoire le week-end dernier face à Montpellier (2 – 0), les Caennais ont fait un grand pas vers le maintien. C’est pourtant avec l’ambition de ramener quelque chose de leur dernier déplacement de la saison que les coéquipiers de Nicolas Seube se rendront à Gerland samedi.

  Dans quel état d’esprit êtes-vous après la victoire face à Montpellier ?
Cette victoire était quasi impérative. Au vu des résultats de nos concurrents directs, on était dans l’obligation de gagner. C’est chose faite, mais cela ne suffit pourtant pas. Si l’on n’avait pas gagné ce match, on aurait été presque condamnés. En l’emportant, on est presque sauvés mais il nous reste encore des points à aller chercher, peut-être un, peut-être trois, peut-être aucun. On a aujourd’hui 44 points, j’ai peur que ce ne soit pas suffisant. J’espère qu’on ne battra pas le record de l’équipe qui sera descendue avec le plus grand total de points de l’histoire de la Ligue 1. Je pense qu’il nous manque encore un point. Si l’on arrive à le prendre à Lyon, cela devrait suffire. Le problème, c’est qu’avec l’OL et l’OM pour adversaires lors de nos deux derniers matches, on n’est pas en position de réfléchir, de laisser tel ou tel match de coté. C’est serré en haut comme en bas, que ce soit pour l’Europe ou pour le maintien. Ce n’est pas fini mais on a déjà fait une partie du boulot, il nous reste maintenant à terminer le travail. J’espère que l’on se maintiendra, parce qu’on le mérite.

En début de saison, vous aviez battu l’OM (2 – 1) et l’OL (3 – 2) lors des deux premières journées. Est-ce une performance que vous vous sentez capable de réaliser à nouveau ?
On était alors plutôt dans le doute, on ne savait pas trop où l’on allait parce que l’on n’avait pas fait de très bons matches amicaux. On savait que notre calendrier s’annonçait très difficile, mais la victoire à Marseille lors de la première journée nous avait libérés et permis d’enchainer avec l’OL. Battre les deux premiers du championnat précédent, c’est plus simple à réaliser en début de saison - encore faut-il le faire ! - lorsque ces équipes sont moins prêtes, qu’elles sortent d’une lourde préparation en prévision de la Champions League, que tous les joueurs ne sont pas encore arrivés. Disons que c’est plus compliqué en fin de championnat, lorsqu’elles jouent les places européennes. Mais ces 6 points que nous avons engrangés en début de saison, ils comptent aujourd’hui.

Dans cette quête du maintien, quels sont vos atouts ?
On a une équipe avec un potentiel offensif intéressant. On va vite en contre, on est efficaces devant le but. Si on n’utilise pas ce qui constitue nos forces, il est sûr que l’on ne se maintiendra pas. On laisse forcément des espaces à nos adversaires, on encaisse plus de buts que d’autres équipes, mais je pense qu’on est capable de se maintenir en jouant. Lorient le fait, donc on peut également le faire. Toutefois, à un certain moment de la saison, lorsque l’on a perdu 7 matches d’affilée (entre le 27 octobre et le 4 décembre), on n’était pas très bien et on n’a fait que défendre pour prendre des points et se redonner confiance. Cela nous a permis de rectifier le tir, de faire une seconde partie de saison qui est honorable (Caen est 6e de la phase retour). Aujourd’hui, on joue mieux parce que l’on est plus libérés, que l’on a moins la pression des résultats. Dans cette fin de saison réussie, la victoire à Nice (0 – 4) a constitué, à mes yeux, un tournant.

On va vite en contre, on est efficace devant le but. Si on n’utilise pas ce qui constitue nos forces, il est sûr que l’on ne se maintiendra pas

Vous avez déjà connu la relégation à deux reprises avec Caen. Quel message faites-vous passer à vos coéquipiers ?
La donne a changé, notamment parce que le groupe est différent. L’ambiance est beaucoup plus saine. Il y a deux ans, c’était un peu plus compliqué à l’intérieur du groupe. Même si l’on jouait bien, les relations étaient plus tendues, c’est l’une des raisons pour lesquelles on est descendus. Aujourd’hui, le groupe est jeune, c’est un groupe d’avenir, le mélange a bien pris. Avoir un groupe jeune, insouciant, cela peut être un avantage si la mayonnaise prend avec les anciens. Mais notre gros point fort, c’est surtout notre état d’esprit : on ne lâche rien.  Quand on a été relégables, qu’on a « galéré », on est restés soudés, on n’est pas partis « en banane ». Tout le monde a envie de faire les efforts nécessaires pour sauver le club. Il faut aussi reconnaître que l’on a aujourd’hui la réussite qui nous fuyait quand la spirale était négative.

  Vous avez été formé à Toulouse mais vous avez fait toute votre carrière professionnelle à Caen. Avez-vous le sentiment d’être une exception dans le football moderne ?
Une exception peut-être pas, mais en France, c’est rarissime. A l’étranger, ce sont souvent les très grands joueurs qui font ça, à l’image de Giggs, Zanetti, Maldini. C’est peut-être pour cela que l’on parle plus de moi. Je suis content d’avoir accompli ça, c’est une fierté. J’espère finir avec ce club en Ligue 1, qu’il joue, pourquoi pas, un jour la Coupe d’Europe. Ce serait exceptionnel. Caen est un club familial qui espère se construire dans la durée, un club dont les dirigeants ne changent pas, même quand cela ne va pas, un club qui sort pas mal de jeunes joueurs.

Quel regard portez-vous sur l’OL ?
Pour un club de ce standing-là, c’est une saison compliquée, qui n’est pourtant pas catastrophique. Mais quand on s’appelle Lyon et que l’on finit 3e, on est toujours un peu amer. C’est une équipe qui a alterné le bon et le moins bon, avec des pépins physiques, des absences qui ont pesé. L’OL n’a pas réussi à accrocher le bon wagon, mais cela ne s’est pas joué à grand-chose. Malgré tout, cela reste un grand club, avec de grands joueurs qui ne vont rien lâcher car pour un club comme l’OL, ne pas disputer la Champions League serait catastrophique. Il y a des cycles, ce n’est pas évident de sortir tous les ans des Benzema. L’équipe avec Diarra et Essien était à mon avis la plus forte équipe de l’OL que l’on ait connue, mais lorsqu’ils sont arrivés à Lyon, même si on savait que c’étaient de bons joueurs, on n’imaginait pas qu’ils allaient devenir aussi forts. Ils ont conservé la même politique : ils recrutent de bons joueurs qui aspirent à être meilleurs, mais qui peinent un peu aujourd’hui à confirmer. A l’image de Lisandro, l’OL possède également des joueurs exceptionnels. J’ai vu le match entre l’OL et l’OM (3 – 2), j’ai été épaté par son rôle défensif. Il a joué dans le couloir gauche pendant tout le match alors qu’à la base il est avant centre.


Source : Tribune OL

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