masculins / Pendant la trêve

O comme... Olympique(s)

Publié le 20 juin 2007 à 10:00 par BV

C'est l'heure de l'ABECEDAIRE. Une lettre et un mot par jour. Place à la lettre O... comme Olympique.

Depuis cent onze ans, tous les quatre étés, les grands (et les moins grands) champions se retrouvent pour le plus important événement sportif au monde, les Jeux Olympiques. Ainsi, depuis 1896, toutes les années divisibles par quatre sont dites "olympiques". Même les deux guerres mondiales qui ont tragiquement touché le vingtième siècle n’ont pas pu venir à bout de cette arithmétique immuable, les éditions de 1916, 1940 et 1944 ayant été annulées sans modifier cet invariable enchaînement. Difficile donc, malgré toute la bonne volonté du monde, de qualifier l’année 2007 d’ « olympique ».

Ce n’est pourtant pas l’envie qui manque. Il faut dire que 2006 n’aura guère contribué à réconcilier le football français, vainqueur de la médaille d’or en 1984 à Los Angeles (tournoi dont Daniel Xuereb, qui débuta sa carrière sous le maillot de l’OL, termina meilleur buteur avec 5 réalisations), avec la plus médiatique compétition sportive au monde. Les 11 et 14 octobre 2006, une désespérante équipe de France espoirs a en effet tiré un trait sur son rêve de voir Pekin en 2008, éliminée sans gloire lors des barrages qualificatifs pour l’euro espoirs, et donc pour les Jeux Olympiques, par la sélection israélienne (1-1 puis 0-1).
Et qu'importe que le baron Pierre de Coubertin n'ait jamais affirmé que l'"essentiel est de participer !" Qu’importe qu’il lui ait préféré « L'important dans la vie ce n'est point le triomphe, mais le combat, l'essentiel ce n'est pas d'avoir vaincu mais de s'être bien battu » ! Les deux Lyonnais Jérémy Berthod et Karim Benzema se souviendront probablement longtemps, et avec regrets, de ce déplacement à Herzliya et du but de Taga dans les arrêts de jeu. Les Français manqueront une nouvelle fois le tournoi olympique… Une bien mauvaise habitude…

2007 a en revanche fait la part belle aux clubs de football olympiques. Les deux seuls Olympiques de la Ligue 1 ont ainsi trusté les deux premières places du classement général et la grande majorité des récompenses. En championnat de France, cette saison, c'était "les Olympiques devant et tous les autres derrière". Comme de coutume depuis cinq saisons, l’Olympique Lyonnais est monté sur la plus haute marche du podium. L’Olympique de Marseille l’accompagnera en Ligue des Champions grâce à son statut de dauphin. Si la seconde place des Phocéens fut longue à se dessiner, les chiffres attestent pourtant d’une domination quasi sans partage des deux clubs olympiens. En sus du classement général, les Lyonnais peuvent se targuer d’avoir remporté la phase aller du championnat ainsi que le classement à l’extérieur, compétition annexe dans laquelle ils affichent la meilleure attaque et la meilleure défense. De leur côté, les Marseillais ont gagné la phase retour et présentent le meilleur bilan à domicile.
Le Vélodrome n’est pas pour autant redevenu une forteresse imprenable. En atteste l’éclatante victoire obtenue par les Rhodaniens sur la pelouse marseillaise le 22 octobre 2006 (4-1). Ce soir là, Juninho et les siens ont probablement offert leur démonstration la plus accomplie de l’année. Un somptueux récital à la hauteur du début de saison de cet Olympique Lyonnais "hors catégorie". Trois mois plus tard, le 31 janvier 2007, en huitième de finale de la coupe de France, la revanche tint toutes ses promesses, les Phocéens s’imposant dans les trois dernières minutes au terme d’un renversement de situation « hitchcockien » (2-1). Deux chefs d'oeuvre haut de gamme comme autant de cadeaux faits au football français. Cette saison, la lumière est souvent venue des Olympiques.

« Oui, mais le Biarritz Olympique a chuté en demi-finale du championnat de France de rugby » rétorqueront à n’en pas douter les plus éclectiques rabat-joie ... Le salut semblait pourtant à portée de ... pied. « Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras », les Biarrots auraient certainement mieux fait de prendre exemple sur leurs homonymes footballeurs et ainsi choisir d’utiliser leur pied à bon escient pour prendre les points qui s'offraient à eux

Alors 2007, année olympique ou pas ? Ajoutez-y le succès de l’Olympiakos le Pirée en Grèce, et le premier sacre de son histoire de l’Olympic Club Khouribga, au Maroc… On en viendrait presque à regretter les disparitions de l’Olympique Lille, premier vainqueur du championnat de France en 1933, et de l’Olympique de Pantin premier vainqueur de la coupe de France en 1918 …