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"On doit être plus déterminés"

Publié le 27 janvier 2012 à 14:40 par BV

Malgré la 13e place du promu dijonnais, Patrice Carteron demeure « exigeant », fidèle à lui-même et à sa volonté de toujours faire progresser son équipe.

 Vous êtes 13e de Ligue 1, avec 4 points d’avance sur le 18e, Nice. Comment qualifieriez-vous votre première partie de saison ?
Ce qui m’intéresse aujourd’hui, ce n’est vraiment pas le classement. Vous me diriez : « vous êtes 17e avec 5 points d’avance sur le premier relégable », je préfèrerais. Je suis uniquement concentré sur l’écart de points avec celui-ci. J’entends beaucoup de commentaires sur notre première partie de saison. Il y a un bilan très simple à faire : on a perdu contre les huit premiers du championnat. On est donc en phase d’apprentissage, à notre place. J’estime que notre volonté de faire du jeu est récompensée, j’espère qu’elle nous permettra de nous maintenir. J’ai envie de croire en cela. Pour moi et pour mes joueurs, c’est une source de motivation.

Vous possédez la 19e défense de Ligue 1. Est-ce une source d’inquiétude à vos yeux ?
Je pense que l’on peut se maintenir avec la 19e défense de Ligue 1. En revanche, on descend à coup sûr si l’on a la dernière attaque. C’est plus un problème d’équilibre collectif. Ce qui m’a intéressé lors du mercato, ce sur quoi j’ai cherché à faire progresser l’équipe, c’est le fait que l’on avait la plus faible possession de balle de Ligue 1. Or, plus on subit, plus on est amené à céder. Si j’avais écouté tout le monde, il aurait fallu changer toute la défense, faire tout et n’importe quoi. Or le football, c’est bien plus complexe que ça.

Il faut jouer ce match comme un match de coupe. L’OL nous est largement supérieur, va jouer le titre ou une place en Ligue des Champions alors que nous, on va se battre pour se maintenir.

Au terme du match aller, vous aviez regretté la mauvaise gestion de l’événement de vos joueurs. Avez-vous le sentiment qu’ils ont progressé dans ce domaine ?
Les gens sont souvent surpris de mes réactions, ils nous trouvent des circonstances atténuantes, avancent que l’on est promus. Bien sûr que l’on a manqué d’audace sur ce match-là, que je suis exigeant, et le but pour moi, les joueurs l’ont compris et c’est pour ça qu’ils me suivent, le but, c’est de les faire progresser, vite. Des déceptions comme l’élimination assez lamentable à Nice en quart de finale de la Coupe de la Ligue (3 – 3, 5 tab 3) vont servir le groupe. Plutôt que de pleurer sur notre sort, je m’en suis servi pour le match contre Evian (victoire 3 – 1). C’est dans le domaine de nos temps forts que l’on doit le plus progresser, on doit être plus malins, plus déterminés, plus méchants, positivement parlant. Quand on a pris le dessus sur l’adversaire, il faut avoir envie de faire la différence.

Avec quelles ambitions venez-vous à Gerland ?
Il faut jouer ce match comme un match de coupe. L’OL nous est largement supérieur, va jouer le titre ou une place en Ligue des Champions alors que nous, on va se battre pour se maintenir. On ne joue pas dans le même championnat, ce n’est pas sur ce type de rencontre que notre saison se joue.  Il faut donc avoir envie de faire un bon match, d’en sortir avec le sentiment d’avoir tout donné, de ne pas avoir de regret. J’ai envie que l’on soit fiers de nous à l’issue du match.

Que pensez-vous de l’OL ?
Je le dis clairement : j’adore l’OL. C’est un club qui a beaucoup d’avance dans plein de domaines, qui va encore grandir avec l’arrivée du nouveau stade. C’est un club structuré comme aucun autre club français. C’est une équipe beaucoup plus offensive que lors des dernières saisons, qui joue avec une belle énergie, qui possède un duo d’attaquants redoutables, une équipe agréable à regarder jouer.  Compte tenu des moyens dont dispose le PSG, cela ne va pas être simple d’aller l’embêter pour le titre de champion, mais pour le reste, je trouve que ce que fait l’OL est vraiment de bonne facture.



Sur un banc, vous être très expansif, très investi émotionnellement. Comment vivez-vous un match ?
Au quotidien, dans la gestion humaine, dans le relationnel avec les joueurs, avec le président, je suis très investi, parce que cela fait partie de ma personnalité. Mais pour bien faire comprendre les choses aux gens, je ne peux pas être énervé bêtement car j’ai besoin de mettre certaines choses en place. Après, le match en lui-même est un moment à part, où j’ai besoin de… On a le plus petit budget avec Ajaccio, il faut donc arriver à susciter, à véhiculer quelque chose chez mes joueurs. Je ne peux pas leur demander de jouer des matches de coupe si je suis moi-même assis sur le banc de la première à la dernière minute en notant la liste des courses comme le font certains de mes confrères. Je ne sais pas ce qu’ils notent mais il y a un match à regarder et à vivre ! (rires) Beaucoup de gens apprécient ce coté-là de ma personnalité parce que je ne triche pas, je vis les matches avec mon équipe. C’est ma façon à moi de coacher. Elle est peut-être critiquable mais je ne peux pas faire autrement, je ne peux pas être quelqu’un d’autre.

 Avez-vous le sentiment que votre équipe vous ressemble ?
Elle me ressemble totalement. De toute façon, dans chaque équipe dont l’entraîneur a le bonheur, et c’est ma chance, de choisir ses joueurs, celui-ci recrute des joueurs qui lui ressemblent qui lui correspondent. J’étais un joueur qui faisait preuve de panache, en tant qu’entraîneur, je ne supporterais pas de coacher une équipe dans laquelle il ne se passe rien. Je ne critique pas les autres, mais des 0 – 0 où il ne se passe rien pendant 90 minutes, ce n’est pas ma vision du foot. On est dans une ère où le football est un spectacle. On ne peut plus se contenter d’un football qui passe à la télé sans qu’il se passe quoi que ce soit. Il faut combattre ça. Ce qui fait vivre le football, ce sont les droits télé. En France, à la base, il n’y a pas une culture footballistique énorme, cela veut dire qu’il faut aller vers du spectacle. Je crois beaucoup en ça.

A Dijon, à l’aller, vous aviez reconnu que le match avait été chargé d’émotion pour vous. Le retour à Gerland devrait-il l’être tout autant ?
Ce ne sera pas plus fort. A l’aller, c’était beaucoup d’émotion des mes années à Lyon qui ressortait. J’étais heureux de pouvoir dire merci à des personnes qui avaient beaucoup compté pour moi, que ce soit Bernard Lacombe, Jean-Michel Aulas, et plus généralement le club de Lyon. A Gerland, cela va être très fort mais davantage maîtrisé. Je connais les gens, je connais les supporters, les Bad Gones, ce ne sera que du plaisir pour moi. Même si je suis sifflé, ce n’est pas grave. C’est logique, je suis dans le camp adverse. Pour moi, ce sera 90 minutes de bonheur, et le plaisir de revenir à Gerland en tant qu’entraîneur, ce sera quelque chose de magnifique. 


Source : Tribune OL spécial "OL - Dijon"

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