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« On est dans le creux de la vague »

Publié le 30 octobre 2010 à 10:34 par BV

Suspendu, Francis Gillot sera en tribune samedi pour le déplacement de Sochaux à Gerland. Après deux défaites consécutives, l’entraîneur sochalien attend une réaction de la part de ses joueurs.

Sochaux occupe aujourd’hui la 11e place de la Ligue 1. Considérez-vous qu’il s’agisse du véritable niveau de votre équipe ?
C’est une moyenne entre ce que l’on a fait de bien et de moins bien, mais ce n’est pas une moyenne significative. On est capables du meilleur comme du pire, de faire très bien mais également très mal. Ce classement ne reflète pas ce que vaut vraiment l’équipe, car je ne sais pas si à Lyon on sera dans une bonne ou dans une mauvaise dynamique. Aujourd’hui, je me pose des questions sur la constance de mon équipe. On est capables de gagner par deux ou trois buts d’écart mais également d’encaisser trois coups de pied arrêtés dans le même match comme face à Toulouse (1 – 3). A Montpellier (2 – 0), on a produit un match qui n’était pas très bon. A Saint-Etienne (3 – 2), on leur a donné des buts tout faits. Depuis le début de la saison, on est incapables de faire de série, même deux nuls consécutifs. Il y a beaucoup d’interrogations autour de cette équipe.

Vous semblez extrêmement déçu de ce début de saison…
En termes de points, ce n’est pas si mal alors qu’on a joué contre les sept premiers du classement. Quand le calendrier est tombé, je me suis dit qu’il allait nous être difficile de gagner des points avant Lyon. Or on en a déjà pris 13, c’est pas mal. Après des matches de préparation difficiles, on a su rectifier le tir. On a beaucoup donné pendant trois mois, j’ai l’impression que l’on est maintenant dans le creux de la vague. C’est le contrecoup de tous les efforts que l’on a faits. Comme je n’ai pas un banc qui me permet de faire beaucoup de changements, c’est souvent la même équipe qui a débuté. J’ai toujours déclaré que le jour où l’on aurait pas mal de blessés ou de suspendus, on rencontrerait de gros problèmes, cela se confirme aujourd’hui. Il faut repartir très vite si l’on ne veut pas être en difficulté. L’objectif final demeure le maintien. Mais on sait que ce sera compliqué… Très compliqué.



Êtes-vous d’accord pour dire que l’attaque constitue le principal motif de satisfaction pour l’instant ?
Jusqu’à il y a deux matches, oui. Sans oublier tout ce que l’on a fait auparavant, il faut reconnaître que l’on ne se crée plus d’occasion de but depuis deux rencontres. C’est ennuyeux. Cela prouve qu’il y a quelque chose qui ne va plus aujourd’hui. Certains joueurs sont un petit peu en dessous, or je n’ai pas des joueurs qui poussent derrière pour instaurer une concurrence saine.

Votre équipe semble plus à l’aise à domicile qu’à l’extérieur. Avez-vous une explication à cette situation ?
Non, pas du tout. Pourtant, les terrains font la même longueur, la même largeur. Je ne mets pas plus d’attaquants, de milieux ou de défenseurs. C’est le mystère de cette équipe qui enchaine une victoire, une défaite, une victoire, une défaite, jusqu’au moment où elle perd à domicile et se retrouve en difficulté.

Justement, lors de la dernière journée, Sochaux s’est incliné à domicile contre Toulouse sur trois coups de pied arrêtés. Comment l’expliquez-vous ?
C’est une phase de jeu bien définie. Avant le match, tout le monde sait ce qu’il a à faire, les marquages sont bien établis. Après, il y a un effort à accomplir, qu’il soit mental ou physique, sur 10 secondes, avec un adversaire qui se déplace. On retrouve sur les coups de pied arrêtés cette inconstance physique et mentale. Cela manque de rigueur alors qu’on répète les consignes cent fois dans la semaine. Je ne sais même pas si ça se travaille. Quand vous voyez les joueurs italiens, je ne suis pas sûr qu’on leur ait appris à accrocher les mecs,  à être vicieux. C’est du vice que l’on n’a pas aujourd’hui. On est jeune mais cela n’explique pas tout.

Je suis persuadé que l'OL terminera dans les trois premiers. Les Lyonnais ne sont pas décrochés.

Il faut recruter plus de joueurs italiens…
(Rires) Ou argentins, comme Heinze. Heinze, sur un corner, il ne se fait jamais avoir. Pourtant, je ne pense pas que Didier Deschamps lui dise quoi faire. C’est inné, il faut être bagarreur. C’est l’une des raisons pour lesquelles on n’est pas réguliers : on n’arrive pas à se faire violence sur une plus longue durée. On manque également d’expérience. On a un gardien qui est très jeune, qui ne sort pas comme d’autres plus expérimentés, qui ne soulage pas sa défense.

L’OL est aujourd’hui 14e. Que pensez-vous de cette équipe ?
Je suis persuadé qu’ils termineront dans les trois premiers. Ils ne sont pas décrochés. Quand on voit les joueurs qui composent cette équipe… Puel n’est de plus pas devenu un mauvais entraîneur du jour au lendemain. Il faut arrêter avec ça ! Je trouve scandaleux ce qui lui arrive, les banderoles déployées en ville, etc. Quand je vois l’environnement dans lequel on est, sans véritable misère, ça me révolte de voir des choses pareilles.

 Comptez-vous vous appuyer sur la victoire de la saison dernière à Gerland (0 – 2) ?
Non. Nous n’avons pas la même équipe, l’OL non plus. A l’époque, on avait profité de l’occasion. A la fin du match, j’avais dit à mes joueurs : « profitez bien de ce moment parce que, que l’on soit entraîneur ou joueur, on ne gagne pas souvent à Lyon. » On ne désespère pas de refaire un coup mais ce sera une autre paire de manches car, malgré son nul face à Arles-Avignon (1 – 1), l’OL semble redevenu une équipe qui va vers le haut, qui a retrouvé ses esprits. Ce sera beaucoup plus compliqué que la saison dernière.

Votre équipe est très joueuse. N’est-il pas dangereux de venir à Gerland avec une telle philosophie de jeu ?
Même si je voulais jouer de manière plus défensive, je ne le pourrais pas : je n’ai pas de joueur défensif. Donc on joue l’offensive. Pour réaliser un bon résultat, on devra montrer autre chose que ce que l’on montre depuis deux matches. On devra être à 100% et beaucoup plus costauds défensivement, car on encaisse beaucoup trop de buts. Attention, cela part de devant, je parle du bloc équipe.  Si l’on y parvient, on pourra espérer quelque chose.

Interview extraite du programme de match officiel de l'Olympique Lyonnais spécial "OL - Sochaux" disponible en cliquant ici

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