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« On est encore convalescent »

Publié le 01 décembre 2012 à 08:00 par BV

René Girard reconnaît que le début de saison du champion de France en titre fut « difficile », il souligne que celui-ci se porte « un peu mieux » depuis quelques semaines. Avant le déplacement à Gerland samedi, il évoque l’OL, « une équipe fraîche », et son amitié avec Bernard Lacombe.

Six mois après, que reste-t-il du titre de champion de France de Montpellier ?
Le sentiment du travail bien fait par les joueurs, par le club qui grandit. Quand je suis arrivé en 2009, j’ai commencé avec un groupe que j’avais envie de voir grandir, je voulais savoir jusqu’où il pouvait aller ; pour moi, c’est une satisfaction. Les choses vont très vite, il faut vraiment savourer l’instant présent. On a été champion, ce fut une saison exceptionnelle et fantastique mais à la rentrée, à la reprise, on a mis un peu de temps à se remettre dans le vif du sujet. Entraîneur est un beau métier mais c’est aussi un métier ingrat parce que l’on ne savoure pas longtemps, on est replongé très vite dans les soucis quotidiens. Joueur, on travaille pour se construire un palmarès, surtout quand on a déjà gouté à des titres, que l’on sait que c’est une super sensation ; quand on est entraîneur, à plus forte raison d’un club comme Montpellier qui n’est pas prédestiné à glaner un titre de champion de France, à disputer la Champions League, on croque dedans mais en sachant que l’on doit se remettre en question en permanence. On se dira peut-être plus tard que ce que l’on a fait était vraiment bien, mais pour l’instant on est plongés dans une saison qui nous prend beaucoup d’énergie.

 Avec cette saison post-titre, diriez-vous que vous découvrez un nouveau métier ?
On peut dire cela, oui. Je l’ai vécu en tant que joueur, je sais donc ce qui nous guette, l’adversité, la motivation que l’on rencontre en face de nous. On change de statut, on est accueilli comme le champion de France sortant, nos adversaires ont une motivation supplémentaire, à nous de ne pas perdre la nôtre. Dans la gestion du groupe, j’avais auparavant une phrase qui était : « on n’a rien gagné », aujourd’hui je ne peux plus m’en servir, il faut trouver d’autres mots, une autre façon d’aller chercher la motivation.

Dans quel état d’esprit est votre équipe après la victoire contre Bordeaux le week-end dernier (1 – 0) ?
Cela fait du bien. On a connu un début de saison difficile. Déjà, contre l’OL à New-York lors du Trophée des Champions (victoire de l’OL (2 – 2, 4 tab 2)), c’était l’annonce d’une entame de saison délicate. En ce début de saison, des petits détails qui étaient en notre faveur l’année dernière se sont retournés contre nous. Il y a certainement des raisons, on est peut-être moins allé les chercher. Avant la victoire contre Bordeaux, on se posait des questions, on se demandait si on était capables de gagner à la maison surtout, car si à l’extérieur, c’était à peu près correct, à domicile nos résultats étaient en deçà de ce que l’on pouvait espérer. Sur les trois dernières journées, on a pris 5 points contre Paris (1 – 1), Valenciennes (1 – 1), et Bordeaux (1 – 0), c’est donc un peu mieux mais il ne faut pas s’arrêter là, on est encore convalescent.

Déjà, contre l’OL à New-York lors du Trophée des Champions (victoire de l’OL (2 – 2, 4 tab 2)), c’était l’annonce d’une entame de saison délicate. En ce début de saison, des petits détails qui étaient en notre faveur l’année dernière se sont retournés contre nous

Vous êtes invaincu depuis 5 journées. A quoi attribuez-vous cette embellie ?
On a connu beaucoup de moments de déconcentration dans les dernières minutes comme à Lorient où l’on encaisse deux buts dans les arrêts de jeu (2e journée, 2 – 1), face à Evian (8e journée, 2 – 3). C’est ce qui m’inquiétait. On s’est donc attaché à retrouver d’abord de la rigueur et du sérieux. Pour le reste, sans se prendre pour d’autres, je dirais que l’on sait faire. On s’aperçoit qu’en football, surtout à ce niveau-là, face aux exigences que l’on peut avoir quand on est champion, que l’on dispute la Champions League, il faut être plus rigoureux qu’on ne l’a été. On a beau le dire et le répéter, cela s’apprend. Quand on l’a vécu on le sait, quand on ne l’a pas vécu on pense que cela va se faire naturellement. Non, cela ne se fait pas tout seul. Le haut niveau, c’est l’exigence de tous les jours.

 Que pensez-vous de l’OL ?
C’est une équipe fraîche. On a connu la grande décennie lyonnaise, lorsque le club était intouchable en France et avait un comportement exemplaire sur la scène européenne. L’équipe a grandi comme cela et est revenue aujourd’hui à des bases plus formatrices. Rémi (Garde), à travers le Président, « Nanard » (Bernard Lacombe), la nouvelle politique du club, se repose aujourd’hui davantage sur la formation dont on sait qu’elle est de grande qualité. C’est donc un OL un peu différent, plus frais, plus jeune, avec un nouvel état d’esprit et un peu plus d’envie. La marque de la maison s’était peut-être un peu perdue pendant un an ou deux ans, les Lyonnais sont repartis de plus belle, comme les résultats en championnat et en Europa League en attestent.

Avez-vous le sentiment que les matches entre l’OL et Montpellier sont particuliers ?
Oui. Ce sont souvent des matches intéressants, que ce soit tactiquement ou dans le jeu. De plus, notre président est lyonnais, il a beaucoup de respect pour une région qu’il connait bien, qui est chère à son cœur et entretient des relations particulières avec le président Aulas. Quant à moi, avec « Nanard », c’est une décennie bordelaise*. Ensemble, on s’est forgés, on a vécu des moments sportifs hors du commun. Or dans le football, on n’a pas une grande équipe sans grands bonshommes, et pas uniquement sur le plan sportif mais aussi humain. On est restés tous très liés. Avec « Nanard », notre amitié dure depuis très longtemps, il y a quelque chose en plus. On aura une nouvelle fois beaucoup de plaisir à se retrouver samedi.

*René Girard et Bernard Lacombe ont passé 7 saisons ensemble aux Girondins de Bordeaux (de 1980 à 1987), remportant notamment 3 championnats de France (1984, 1985 et 1987).

 


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