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« On ne peut pas gagner tous les matches ! »

Publié le 24 février 2012 à 11:05 par BV

S’il reconnait que le PSG est « peut-être moins spectaculaire » qu’il y a encore quelques mois, Mathieu Bodmer souligne la solidité retrouvée de l’équipe entraînée par Carlo Ancelotti et explique que l’ « on ne crée pas une équipe en 3 semaines. »

Comment le match nul face à Montpellier (2 – 2), le week-end dernier,  a-t-il été accueilli ?
La physionomie du match nous l’a rendu compliqué : on s’est retrouvés menés 2 – 1 à la 82e avant de parvenir à égaliser. On est surtout contents de notre réaction, un peu moins du match en lui-même. On est également contents parce que l’un de nos objectifs était de demeurer leader, que Montpellier ne nous double pas au classement.

Aujourd’hui, bon nombre d’observateurs soulignent que le PSG gagne sans jouer bien. Etes-vous d’accord avec cette analyse ?
Non, pas totalement. On est peut-être moins spectaculaire que par le passé, que sous « l’ère Kombouaré », où l’on attaquait avec beaucoup plus de joueurs, avec beaucoup plus d’espace, on produit peut-être un peu moins de spectacle, mais, hormis contre Montpellier,  on s’est montrés très solides ces derniers temps. Un nouvel entraîneur (Carlo Ancelotti) est arrivé, avec une nouvelle culture, un peu différente de ce que l’on connaissait auparavant, il faut que la mayonnaise prenne. De nouveaux joueurs nous ont également rejoints, comme (Thiago) Motta, ou Maxwell. Il faut que l’on trouve des repères, on ne crée pas une équipe en 3 semaines. Moi, en tout cas, je prends beaucoup de plaisir dans cette équipe, parce qu’autour de moi, il y a de bons joueurs : on n’a pas 51 points après 24 journées par hasard.

Il faut que l’on trouve des repères, on ne crée pas une équipe en 3 semaines. Moi, en tout cas, je prends beaucoup de plaisir dans cette équipe, parce qu’autour de moi, il y a de bons joueurs

Quels sont justement les maîtres mots de Carlo Ancelotti ?
C’est, avant toute chose, de ne pas encaisser de but, d’être solide, d’avoir la maîtrise du ballon. On a aujourd’hui davantage cette maîtrise du ballon qu’auparavant, il faut que cela se concrétise dans la partie de jeu adverse. Mais chaque chose en son temps : ce que l’on recherchait avant tout, c’était cette solidité défensive que l’on a trouvée ces derniers temps. Maintenant, il faut que l’on arrive à se projeter plus vite vers l’avant, afin d’être plus dangereux.

En 6 mois, le PSG a notablement étoffé son effectif. Comment vivez-vous ce changement ?
Du point de vue de l’effectif, le PSG de cette saison me rappelle l’OL de 2007 – 2008 avec des Brésiliens, des Italiens, des Argentins. La saison dernière, on avait moins d’internationaux et moins de concurrence. Mais pour le reste, les deux clubs et les deux périodes sont différents. Cette saison-là, l’OL était au sommet depuis longtemps, avait déjà gagné 6 titres de champion de France ; il y avait une certaine continuité, des certitudes, une culture et une habitude de la gagne, de faire la course en tête. Aujourd’hui, beaucoup d’argent a été investi mais en une seule fois, en 6 – 8 mois. L’exigence et l’attente sont beaucoup plus fortes, parce que c’est Paris, la capitale, parce que cela fait longtemps que l’on n’a plus gagné le titre (1994). L’engouement est donc décuplé par rapport à ce que j’ai connu à l’OL.

Vous avez réalisé le doublé avec l’OL (en 2008). Cela vous incite-t-il à davantage prendre la parole dans le vestiaire ?
On a fait une ou deux réunions, il y a trois ou quatre mois, quand cela n’allait pas très bien. Ceux qui avaient déjà gagné des trophées, dont moi, ont parlé. Parce qu’il fallait faire comprendre que remporter quelque chose, que ce soit un championnat ou une coupe, ce n’est jamais facile, qu’un titre, c’est 38 matches au couteau, qu’être champion, il n’y a rien de mieux, que le club a mis les moyens pour atteindre cet objectif. Je pense que cela a pas mal marché puisque les résultats ont ensuite été bons.  



En France, le PSG est désormais souvent paré de l’étiquette de favori. Comment vivez-vous cette situation ?
Ce n’est pas facile à gérer. L’étiquette a changé. Entre les nouveaux joueurs, le nouvel entraîneur, le manager (Léonardo) qui est très connu, l’argent qui a été mis, on se doit de gagner tous les matches. Quand on fait un nul, tout le monde dit que l’on n’a pas été bons, alors que l’on ne peut pas gagner tous les matches. Mais on sait que c’est le jeu, et pour l’instant je trouve que l’on ne s’en sort pas trop mal. Dans cette logique, on va à Lyon pour gagner, parce que l’on reste sur deux nuls consécutifs et parce que l’OL est un concurrent pour la Ligue des Champions, que l’on se doit de creuser un écart. Pour cela, on devra mieux faire ce qui n’a pas marché contre Montpellier, c’est-à-dire être plus présents dans les duels offensifs comme défensifs.

Vous êtes un joueur polyvalent. Quel poste vous convient le mieux dans le système de Carlo Ancelotti ?
On joue aujourd’hui dans un système à trois milieux avec  Motta devant la défense, Sissokho à droite et moi plutôt à gauche. Mais le système m’importe peu. Du moment que c’est au milieu du terrain et que l’on a la balle, cela se passe bien.

Aujourd’hui, j’éprouve beaucoup plus de plaisir à jouer au milieu du terrain. Derrière, je faisais mon métier sans plus, aujourd’hui je vis de ma passion. C’est une grande différence à mes yeux.

C’est-à-dire pas en défense centrale… (A l’OL, il avait disputé plusieurs matches au poste de défenseur central)
(Rires) Non, pas défenseur central. C’est une question de plaisir. Aujourd’hui, j’éprouve beaucoup plus de plaisir à jouer au milieu du terrain. Derrière, je faisais mon métier sans plus, aujourd’hui je vis de ma passion. C’est une grande différence à mes yeux.

Quel regard portez-vous sur l’OL ?
Je regarde tous les matches de l’OL. Je trouve que ce que l’OL fait est intéressant en termes de qualité de jeu. Même s’ils ont un peu plus de mal depuis deux semaines en championnat, les Lyonnais semblent avoir retrouvé beaucoup de plaisir. Pas mal de jeunes du centre de formation sortent, c’est une bonne chose. Entre le championnat et la Coupe de France, on va jouer deux fois contre l’OL en moins d’un mois, c’est bien. Ce sont toujours des matches intéressants parce que chez nous, tous les joueurs n’ont pas l’habitude de disputer des matches aussi importants. Cela nous permet d’acquérir de l’expérience, de continuer d’avancer. 

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