masculins / OL - Reims

« On pensait souffrir »

Publié le 03 octobre 2015 à 09:00 par SC

Franck Signorino et son Stade Reims, 4èmes, n’en finissent plus de surprendre en ce début de saison. Le latéral gauche de 34 ans revient là où sa carrière a débuté, avec l’objectif d’accrocher une autre grosse proie au tableau de chasse rémois.

Comment jugez-vous le début de saison de Reims ?
« C’est forcément satisfaisant. On a perdu qu’une seule fois en 8 matchs. On est solides. C’est un très bon début de saison, surtout après la fin compliquée qu’on a vécue la saison passée. Il faut maintenant confirmer.

Etes-vous surpris de vos résultats et de votre classement ?
Ça peut surprendre beaucoup de monde de nous voir à la 4ème position. On sort d’une saison galère où on est passés tout près de la relégation. Ça nous a servis. On a progressé dans l’état d’esprit. On s’est battus avec des valeurs de courage, de solidarité. On a fait des efforts pour maintenir ces ingrédients et rester dans la même dynamique. C’est donc une récompense. On est un peu étonnés de nos résultats car on pensait souffrir. On a eu un calendrier très compliqué avec des matchs contre Lille, Bordeaux, Marseille, Paris. Ce sont des adversaires européens. On savait qu’on allait devoir serrer les dents si on voulait ne pas prendre trop de retard dès le début.

Qu’est-ce qu’il s’est passé durant l’intersaison ? Comment expliquer un tel fossé entre les deux périodes ?
Je ne parlerais pas de fossé. On a réalisé de bons matchs lors des 6 dernières journées de la saison passée. On gagne trois fois contre des concurrents directs pour le maintien et on perd 3 à 2 au Parc en réalisant une belle performance. Je dirais donc plutôt qu’on est resté dans la même dynamique. Il y a eu un changement dans l’état d’esprit, dans la manière de faire. On dégage aujourd’hui une plus grande solidité défensive. On a beaucoup travaillé dans ce secteur durant l’intersaison.

Est-ce que les ambitions ont changé ?
Pas du tout. C’est encore trop tôt pour le faire. On n’est même pas à un quart du championnat. Le chemin est encore long. Oui, on a fait une bonne entame de championnat mais ça peut vite tourner. La saison passée, on avait 28 points à la trêve, ce qui est plutôt bien. Ça ne nous a pas empêchés d’avoir la trouille jusqu’au bout. On s’est sauvés à deux matchs de la fin. Metz avait fait le même début que nous et ils sont descendus. Il faut donc rester prudent, garder l’humilité. On est conscience que chaque équipe a un ou plusieurs coups de mou dans une saison. L’objectif est le même : obtenir le maintien le plus rapidement possible.

Un mot sur votre entraîneur, Olivier Guégan ?
Il a apporté beaucoup de rigueur aussi bien dans le football que dans la vie de tous les jours. Il est très attentif au comportement sur et en dehors du terrain. Depuis son arrivée (le 7 avril 2015), il y a plus de discipline dans les entraînements, dans les horaires. Pendant le match, il nous a inculqués la rigueur tactique. Cet état d’esprit plus guerrier nous faisait défaut. C’est pour cela qu’on prenait beaucoup de buts. L’équipe était tout le temps en déséquilibre. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Si je vous dis le 2 février 2002, avec le FC Metz et à Gerland…
C’était un moment inattendu, inespéré. Je ne m’étais encore jamais entraîné avec les Pros. J’étais un simple stagiaire. L’équipe avait perdu contre Guingamp. Un nouvel entraîneur était arrivé et avait changé le dispositif tactique. Il recherchait un joueur de couloir capable de faire le piston. Mon nom lui avait été soufflé, grâce à mes bonnes performances avec la réserve. Il m’avait donc convoqué le jeudi. Et 1h30 avant le coup d’envoi du match à Gerland, j’apprends que je suis titulaire. Tout a été très vite. Du coup, j’ai fait les 13 derniers matchs de la saison. J’étais dans une situation compliquée avec le club car j’étais en fin de contrat. Je pensais qu’on ne comptait pas sur moi. L’arrivée de cet entraîneur a été une aubaine. C’était l’opportunité ou jamais pour moi. La pression ne m’a pas paralysé, elle m’a galvanisé. Je ne me suis pas pris la tête. C’était le début de ma carrière.

Quel regard portez-vous sur l’OL 2015-16 ?
Ils ont connu un début de saison compliqué, notamment par rapport à leur 2ème place de la saison passée. On voit que l’équipe progresse. Ce n’est pas le même OL qu’il y a quelques matchs. Lyon monte en puissance. Les attaquants se trouvent mieux et Valbuena fait le liant. Je pense que leur période un peu trouble est terminée. On s’attend à une équipe qui a besoin de points pour recoller au podium même si finalement ils sont au contact des premiers.

Comment voyez-vous cette rencontre ?
On va la jouer avec notre style de jeu. On s’attend à souffrir. Ils ont besoin de points, de confiance. A domicile, ils ont un peu de mal donc ils vont avoir à cœur de faire plaisir à leur public. Ils risquent de mettre une grosse pression dans notre camp. A nous de gérer au mieux ces situations difficiles pour ensuite placer quelques contres.

Lille, Bordeaux, Paris, Marseille… d’où vous vient cette capacité à accrocher les grosses cylindrés de L1 ?
C’est psychologique. Depuis notre retour en L1, Reims a tendance à faire de gros matchs contre les équipes de tête. Je pense qu’il est plus facile de se préparer pour ce genre de match. Beaucoup de nos joueurs n’ont pas l’habitude de jouer de telles équipes. Il y a une motivation naturelle. Et puis, tu veux te montrer, tu veux être à la hauteur de l’événement. On a plus pêché contre les équipes du même calibre que nous ».

Sur le même thème