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Pedretti : "J’ai besoin d’avoir des responsabilités"

Publié le 05 mai 2010 à 12:09 par BV

Benoit Pedretti a été champion de France sous le maillot lyonnais en 2005 – 2006 avant de rejoindre Auxerre. A l’occasion de la rencontre entre l’OL et l’AJ Auxerre, il se souvient…

Pourquoi vous engagez-vous avec l’OL à l’été 2005 ?
La saison précédente, j’avais opté pour Marseille, en raison de la grande concurrence à l’OL. Lorsque Lyon a fait une offre à l’intersaison 2005, j’ai accepté. C’était pour moi un nouveau challenge à relever dans un club encore plus fort.  J’avais pour ambition de devenir champion de France ainsi que de découvrir la Ligue des Champions. Ce fut une expérience extraordinaire, au sein un super groupe.

Cette équipe lyonnaise est-elle la meilleure dans laquelle vous avez évolué ?
Oui, en tout cas avec les joueurs les plus talentueux, que ce soit Juninho, Diarra, ou Wiltord. C’étaient des joueurs extraordinaires avec lesquels on prenait beaucoup de plaisir à évoluer. Je pense qu’il s’agissait de l’une des deux meilleures équipes de l’histoire de l’OL, avec celle de la saison précédente qui comptait dans ses rangs Michael Essien. En 2005 – 2006, on avait peut-être de meilleurs attaquants avec Carew et Fred. Malheureusement, cela s’est joué à rien face au Milan AC en quarts de finale de la Ligue des Champions (0 – 0, 1 – 3). Ce double affrontement fut un moment important de notre saison puisque le titre était déjà presque acquis à Noël. J’ai eu la chance de disputer le match aller car Juninho était suspendu. J’étais sur le banc au retour. Ce fut une grosse frustration parce que l’on était qualifiés à 5 minutes de la fin, avant d’encaisser deux buts. Il y avait de la fierté dans le fait d’atteindre les quarts de finale, de tenir tête au « grand Milan » mais quand on regarde l’équipe que l’on possédait, je pense que l’on avait le potentiel pour aller plus loin. Cette saison, l’OL a peut-être moins de talent individuel que la nôtre mais possède une grosse force collective. Les Lyonnais ont peut-être eu cette saison le petit brin de réussite que l’on n’avait pas eu à l’époque.


Il y avait de la fierté
dans le fait d'atteindre
les quarts de finale, de
tenir tête au "grand Milan"

Comment qualifieriez-vous votre saison à l’OL ?
Frustrante. Malheureusement pour moi, je n’ai pas eu beaucoup de temps de jeu. Mais très enrichissante parce que j’ai découvert la Ligue des Champions et évolué dans un grand club.  Il y avait de plus un super groupe, une super ambiance en dehors du terrain. De ce point de vue, ce fut une année fantastique. Si je n’ai pas été titulaire, c’est parce que l’OL possédait, cette saison-là, l’un des meilleurs milieux de terrain d’Europe avec Diarra, Juninho et Tiago. J’aurais pu rester si j’avais eu plus de temps de jeu mais je ne bénéficiais pas de la confiance de l’entraîneur (Gérard Houllier). Comme je n’étais pas titulaire avec l’OL, je n’étais pas appelé en sélection. Je ne regrette pas d’avoir signé à l’OL mais si j’ai quitté le club, c’est justement pour avoir une chance de revenir en sélection. Je ne voulais pas rester sur le banc et me faire oublier, je souhaitais redevenir titulaire, même dans un club moins important que l’OL.

Votre meilleur souvenir à l’OL ?
Il y en a beaucoup. Les soirées de Ligue des Champions contre le PSV Eidhoven, le titre de champion de France, j’ai aussi eu la chance de marquer à Sochaux, mon ancien club. A l’inverse, mes plus mauvais souvenirs sont toutes les soirées durant lesquelles je suis resté sur le banc et au terme desquelles je suis rentré chez moi en me disant que je n’avais servi à rien.

A l’été 2006, vous signez à Auxerre. Après Marseille et Lyon, pourquoi choisissez-vous Auxerre ?
Parce que Jean Fernandez en était l’entraîneur. Il cherchait un joueur pour évoluer à mon poste et me connaissait bien. Je savais que j’allais avoir du temps de jeu. De plus, Auxerre jouait la Coupe de l’UEFA, c’était donc un bon club pour se relancer. C’est un club assez tranquille, où l’on peut travailler sereinement, sans trop de pression. C’est un club de deuxième niveau, derrière des équipes comme Rennes ou Lille. On devrait être entre la 8e et la 12e place chaque saison. On entend souvent dire qu’Auxerre est un club familial,  mais c’est également le cas de l’OL. Lyon a un plus gros budget qu’Auxerre mais les deux clubs se ressemblent un peu en ce sens que ce sont les mêmes dirigeants depuis plusieurs années, ce sont deux clubs stables.  Lyon, c’est aussi une petite famille.



Avez-vous le sentiment que le style de jeu de l’AJA convient tout particulièrement à vos qualités ?
Oui, un joueur comme Jelen prend très bien la profondeur, ce qui me permet de lui donner de bons ballons. A Auxerre, on pense avant tout au collectif. On a de bons joueurs mais pas de grosses individualités. Si cela se passe bien aujourd’hui, c’est parce que l’on joue tous ensemble, que l’on reste soudés. On a également parfois eu le brin de chance qui nous a fait basculer vers le haut. On se défonce tous pour ne pas prendre de buts, pour être dangereux sur coups de pied arrêtés ou en contres. Moi, on me fait confiance, j’ai beaucoup de responsabilités dans le jeu, j’adore ça, cela me rend plus fort. Je m’éclate. Je suis également le capitaine. J’ai besoin d’avoir des responsabilités pour donner le meilleur de moi-même et me surpasser.

Vivez-vous la meilleure saison de votre carrière ?
Oui, certainement. Je suis plus régulier, plus décisif. J’ai inscrit quatre buts cette saison, c’est mon record. En début de saison, je m’étais fixé pour objectif d’inscrire cinq buts, il m’en manque un. J’espère que cela arrivera le plus tôt possible. Si c’est à Lyon, tant mieux pour moi (rires).

Après votre match nul face à Marseille (0 – 0), le titre est-il hors de portée d’Auxerre ?
Oui, c’est fini. Cinq points de retard en trois matches, c’est compliqué. D’autant que l’on va jouer notre prochain match à Lyon, que l’on a un goal average inférieur à l’OM. Marseille sera un bon champion. On a manqué, vendredi, le coche et l’occasion de les faire douter. Mais on a toujours les cartes en main pour terminer dans les quatre premiers.

Extrait de La Tribune OL / Auxerre à télécharger en intégralité ici

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