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Pierre Dréossi : « On s’est pris au jeu »

Publié le 18 mars 2011 à 18:59 par BV

S’il ne cache pas qu’à ses yeux le Stade Rennais est « bien en dessous de l’OL », le manager général du club breton, Pierre Dréossi, demeure confiant, et fier. Fier de la saison que réalise son groupe, mais également des anciens Rennais qui font aujourd’hui les beaux jours de l’OL.

   Le Stade Rennais reste sur une défaite à domicile face à Marseille (0 – 2). Comment celle-ci a-t-elle été digérée ?
Elle n’a pas changé notre état d’esprit. Nous ne nous sentons pas plus mal qu’avant. Malgré la défaite, on est toujours dans une bonne dynamique. On restait sur cinq victoires consécutives, comme toutes les séries, il fallait qu’elle s’arrête. Mais ce n’est pas une défaite qui va remettre en cause quoi que ce soit : on vit une bonne saison. On n’a pas de pression, c’est un avantage. On n’a pas l’obligation financière ou sportive de finir en Champions League. On espérait obtenir de bons résultats la saison prochaine en lançant des jeunes dès cette saison, neuf pour être précis. On s’attendait donc à vivre une saison de transition. Malgré ça, on avance, on s’est pris au jeu. On se dit que si l’on a fait ça sur 27 journées, pourquoi ne pas le faire jusqu’au bout. Je ne vois pas pourquoi les 11 derniers matches seraient plus difficiles que les précédents.

Où situez-vous votre équipe en comparaison des quatre autres équipes du groupe de tête ?
On est en dessous, bien en dessous de l’OL. Depuis le début de la saison, je dis que l’OL ne sera pas loin du titre, voire champion. On est également en dessous de Marseille, qui a un gros budget avec de gros moyens. A mes yeux, ces deux équipes-là sont largement au dessus. Lille a une politique très intéressante. J’y ai été, comme manager général. C’est un peu moi qui ai mis en place cette politique et qui ai fait en sorte que le LOSC soit européen après quarante ou cinquante ans de disette. C’est un club qui arrive à son apogée avec des joueurs qui sont là depuis plusieurs années. Ils peuvent aller jusqu’au bout. On n’est pas très loin. Quant au PSG, il me semble en dessous des trois autres.

Votre effectif a été décimé par un grand nombre de blessures. Comment l’expliquez-vous ?
D’abord parce que l’on dispose d’un groupe restreint. C’est plus compliqué parce que les mêmes joueurs jouent tout le temps. Un groupe très jeune également. Conjugué au niveau très exigeant du haut niveau, ils ont du mal à passer ce cran. On a également un effectif très explosif, très rapide, avec donc des joueurs qui ont davantage tendance à se blesser musculairement. Cet effectif a été au maximum de ses possibilités.

Depuis plusieurs années, Rennes s’appuie sur une grosse défense. Est-ce une philosophie de club ou êtes-vous obligé de vous adapter aux caractéristiques de votre groupe ?
C’est très important pour nous d’avoir une bonne défense. Ce n’est pas une philosophie de club, il y a simplement une certaine cohérence. On se rend compte que, souvent, la différence offensive se fait sur le carnet de chèques en achetant des joueurs 17, 18, 20 millions d’euros comme l’ont fait Marseille ou Lyon. Pour un club comme le nôtre, il est donc important de ne pas encaisser de buts. De toute façon, si l’on veut occuper l’une des cinq premières places, il faut posséder une bonne défense.

On devra faire en sorte que l’OL soit moins bon, car si les deux équipes sont à cent pour cent, l’OL gagnera

 

Vous n’avez plus qu’une compétition à jouer. Est-ce un avantage ou un inconvénient ?
C’est un avantage. Nous n’avions pas l’effectif pour jouer tous les trois jours. On a un groupe jeune et restreint en nombre, c’est un choix afin que chacun soit concerné par chaque match. Mais dès que l’on sort du rythme d’un match par semaine, on est en grande difficulté.

Samedi, il y aura pas mal d’anciens Rennais dans les rangs lyonnais : Réveillère, Briand, Källström, Gourcuff. En y ajoutant les départs de Gyan ou de Sow, cela vous donne-t-il des regrets ?
Ce sont des joueurs de Champions League. Tant que l’on n’est pas en Champions League, il est logique qu’ils partent. Il ne faut pas avoir de regrets. C’est une politique qui est mise en place. Avec l’arrivée de Frédéric Antonetti et l’affirmation de la politique sportive, on a la volonté de passer un cap, de conserver un petit peu plus longtemps ces joueurs-là, un ou deux ans de  plus pour avoir une équipe plus constante, se rapprocher du sommet et avoir de meilleurs résultats.

Quel regard portez-vous sur l’OL ?
C’est une équipe plus en jambes et plus agressive que lors du match aller (1 – 1). J’ai regardé le match entre l’OL et Sochaux (victoire de l’OL à Sochaux (0 – 2)). J’ai été impressionné, or c’est rare que je sois impressionné. J’ai vu un vrai collectif, en place, surtout dans l’utilisation du ballon. Est-ce que c’est le système de jeu ou la forme des joueurs ? Je pense plus à cette dernière et à la volonté de tous de faire un résultat. Offensivement, quand ils ont cette volonté et cette foi, c’est beaucoup plus facile pour eux de gagner des matches. On sent une équipe qui est lancée dans le sprint final et qui ne lâchera pas. On verra maintenant les effets de leur élimination en Coupe d’Europe. Mais cela aura des répercussions sur le plus long terme. Pour notre match de samedi, cela ne devrait pas avoir d’incidences, car ils seront dans la réaction. On ne se fait pas d’illusions, on sait qu’ils seront présents, notamment parce qu’ils veulent aller chercher Lille.

   Que devra faire votre équipe pour obtenir un bon résultat à Gerland ?
On devra augmenter notre qualité de jeu et surtout espérer que l’OL soit un peu moins bien. Il faudra les deux paramètres. Et comme il faut être actif, on devra faire en sorte que l’OL soit moins bon, car si les deux équipes sont à cent pour cent, l’OL gagnera. Aujourd’hui, tous les joueurs lyonnais sont capables de marquer sur un coup. Ce matin, avec Frédéric Antonetti, on constatait que l’on avait sorti la moitié des joueurs lyonnais que l’on pourrait affronter samedi (avec Saint-Etienne et Nice, Frédéric Antonetti a lancé Bafétimbi Gomis et Hugo Lloris), que si l’on est battus samedi, on pourra se le reprocher (rires). Mais on pourra également en être fiers. Quand on les voit évoluer en Champions League, on est fiers. Quand on voit la dimension qu’a prise un joueur comme Kim Källström ! Pourtant, il fallait aller le chercher à Djurgardens.

Vous avez bien connu Claude Puel. Quel souvenir en gardez-vous ?
Nous avons de très bons rapports. C’est moi qui l’ai fait venir à Lille avant de partir à Rennes un mois après. Joueurs, on s’est connus en équipe de France espoirs, on était dans la même chambre. C’est un travailleur qui sait où il veut aller. C’est aujourd’hui une référence. Ce qu’il a fait à Monaco, à Lille et même à Lyon, c’est sérieux. L’homme est quelqu’un de vrai, il n’y en a pas tant que cela dans le football. 



Interview extraite du programme de match officiel de l'Olympique Lyonnais spécial "OL - Rennes" à visionner en  cliquant ici

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