masculins / OL - OGCN J-1

« Pour nous, l’OL reste un Himalaya »

Publié le 13 novembre 2010 à 15:00 par BV

Eric Roy connait bien l’Olympique Lyonnais, pour y avoir évolué entre 1993 et 1996. Dimanche, il dirigera pour la première fois le Gym à Gerland et s’attend à « un match très, très compliqué » pour les Aiglons.

Vous avez passé trois saisons à Lyon. Que ressentez-vous au moment de revenir Gerland ?
C’est forcément un match particulier. J’ai pris beaucoup, beaucoup de plaisir à Gerland, tant en termes de résultats qu’en termes de niveau de jeu. On avait une équipe forte qui jouait bien au football. J’en ai gardé de très bons souvenirs et de nombreux amis. On n’efface pas comme ça trois saisons qui ont été importantes dans ma carrière ; l’OL est le premier club à m’avoir donné l’opportunité de jouer au plus haut niveau. Ce fut une étape importante de ma carrière. Jean-Michel Aulas et Bernard Lacombe sont des personnes que je respecte beaucoup, qui ont fait partie de ma progression de joueur. Ce retour a forcément une symbolique importante. D’autant que ce sera la première fois que j’y reviendrai à la tête d’une équipe.

Vous restez sur une victoire face à Toulouse (2 – 0). Est-ce la préparation idéale avant d’affronter l’OL ?
C’est toujours mieux de gagner, même si ce fut dans la douleur. Ce qui est paradoxal, c’est que l’on avait été plutôt convaincants dans le jeu lors des matches précédents mais qu’il n’y avait rien eu au bout. C’est à croire qu’il faut en passer par là, que c’était le prix à payer. Cette saison, on essaie d’y mettre un peu plus de forme et de manière que la saison dernière où l’on avait surtout à l’esprit l’obsession du résultat. Malheureusement, ce n’est pas forcément payant même si l’équipe progresse. Mais pour progresser, il faut être en confiance, être serein dans sa tête. Or cela passe par des résultats. Mais le championnat est tellement serré que l’on peut s’attendre à souffrir toute la saison. La seule certitude, c’est que l’on ne sera pas les seuls dans ce cas-là.

Il faudra faire en sorte d’être dans la bonne partie du tableau quand l’écart va se creuser

Il n’y a que 6 points entre le 3e et le 19e. Vers quel horizon le Gym doit-il regarder ?
La réalité, c’est que maintenant, on n’est plus tranquille du tout même quand on est 3e ou 4e. Nous, on est ambitieux par nature, on regarde donc devant, mais on sait très bien que l’on serait reléguables si l’on n’avait pas gagné contre Toulouse. On fait donc abstraction du classement aujourd’hui, on y verra plus clair dans 5 ou 6 journées certainement. Il faudra faire en sorte d’être dans la bonne partie du tableau quand l’écart va se creuser. Mais on n’oublie pas que l’on a perdu des joueurs importants l’été dernier. Il n’est pas facile de remplacer un joueur qui vous marque 31 buts en deux saisons (Loïc Rémy), un joueur qui était la clé de voute de la défense (Apam), et notre capitaine emblématique, Olivier Echouafni. On a également vendu le joueur qui devait remplacer Loïc Rémy, Anthony Modeste. On essaie donc de travailler, en sachant que ce groupe a des qualités. L’objectif est de faire une saison plus sereine que la saison dernière où l’on avait cravaché jusqu’à la fin pour s’en sortir.

Vous n’avez pris qu’un point lors de vos quatre derniers déplacements, comment l’expliquez vous ?
Et paradoxalement, on a peut-être réalisé notre match le plus abouti à Lorient (2e journée, victoire 1 – 2). Il est donc toujours très compliqué de tirer des enseignements d’une seule performance. Surtout pour des clubs comme le nôtre qui n’ont pas de certitude, qui doivent composer tous les week-ends, qui n’ont pas un effectif pléthorique. Dimanche, je devrai ainsi recomposer ma charnière centrale puisque Civelli est suspendu et Pejcinovic blessé pour trois semaines. Ismaël Gace fera également défaut. C’est donc toute ma défense que je devrai reconstruire. C’est beaucoup d’incertitudes pour une équipe comme la nôtre.

Anthony Mounier est aujourd’hui le meilleur passeur du championnat. Qu’attendez-vous de lui ?
J’attends de lui qu’il soit notre leader technique, notre leader dans l’envie, un leader dans tout ce qu’il est. Il a pour lui de transpirer l’envie, le goût de l’effort. Dans un groupe, c’est quelqu’un de positif. Ses statistiques sont également intéressantes, il y a du contenu dans ses matches. Cela reste un jeune joueur, il a des progrès à faire, on en parle sans cesse ensemble. On veut l’emmener le plus haut possible. Il a encore de très belles choses à faire à Nice pour devenir un joueur majeur du championnat. On est vraiment très contents de l’avoir avec nous.



Que pensez-vous de la situation de l’Olympique Lyonnais ?
L’OL a commencé sa saison avec du retard dans préparation pour certains de ses joueurs, son mercato fut finalisé tardivement, il y a eu pas mal de blessés. 11e, cela ne reflète pas la valeur de cette équipe, cela reflète les péripéties qu’ils ont rencontrées. Mais l’OL demeure un très bel effectif. Pour nous, cela reste un Himalaya. Je m’attends à un match très, très compliqué. L’OL sera forcément favori mais on ne viendra pas en victimes.

Un mot sur Hugo Lloris que vous connaissez bien…
On porte sur lui un regard plein de tendresse parce que l’on l’a eu chez nous, qu’il est parfait sportivement, mentalement, dans tous les domaines. Il a de la mémoire, fait sans cesse référence à la formation qu’il a reçue chez nous. C’est un immense plaisir d’avoir eu des jeunes comme lui, de les avoir menés au plus haut niveau. Ce sont de bons ambassadeurs du club. C’est un grand champion mais c’est avant tout un super garçon qui a une mentalité irréprochable. Le public a envie de s’identifier à ce genre de sportifs, surtout par les temps qui courent. J’espère juste qu’il gardera ses arrêts pour d’autres matches que celui de dimanche.

Article extrait du programme de match officiel de l'Olympique Lyonnais spécial "OL - Nice" à télécharger ici

 

 

Sur le même thème