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« Progresser, mon leitmotiv quotidien »

Publié le 23 novembre 2013 à 11:00 par SC

Celui qui n’a connu que deux clubs, Bastia puis Valenciennes, est titulaire indiscutable dans les buts depuis 13 saisons. Pourtant, Nicolas Penneteau ne se repose pas sur ses lauriers. Perfectionniste, il « se bat sur chaque ballon », que ce soit dans le Nord ou en sélection corse.

Quel regard portez-vous sur le début de saison du VA ? Les ambitions ?
C’est forcément difficile puisqu’on avait bien débuté avec une victoire et puis, on a eu une très grosse traversée du désert. C’était un moment compliqué à vivre. En ce moment, on est sur une petite série positive, avec deux matchs sans défaite. Il faut la prolonger le plus possible. L’ambition est évidemment le maintien. Ce n’est pas autre chose. L’objectif est la 17ème place. Si on peut grapiller quelques places, on le fera bien sûr. Mais vu notre début de saison, on ne pense qu’à sortir de la zone rouge.

Comment expliquer les visages différents de Valenciennes ces dernières saisons ?
Le souci est que chaque année, notamment la saison précédente, on a beaucoup de départs. Il faut donc reconstruire un groupe. Il sera basé sur pas mal de jeunes qui seront adaptés à la L1 dans une ou deux années. Il faut que la mayonnaise prenne. La situation économique du club est difficile, elle ne permet pas de conserver tous les joueurs.

Quand on est dans une mauvaise passe, comment se vit une trêve internationale ?
Le dernier match contre Montpellier, on se fait rejoindre à la dernière minute. Cette rencontre a un goût de défaite. Durant cette trêve, il a fallu soigner les têtes et digérer toute cette période, pour reprendre dans les meilleures dispositions. On avait du travail physique à faire, mais aussi mental.

On se dit que les séries s’arrêtent toujours, donc pourquoi pas ce samedi. Il faut positiver, en se disant qu’il n’y a pas eu que des défaites non plus. Il faudra être costaud défensivement et avoir du culot, de l’efficacité offensivement.

Quels sont les ressorts psychologiques d’un groupe lors d’un limogeage d’entraîneur ?
Cela permet une prise de conscience collective et individuelle. Tout le monde se bouge beaucoup plus, car on est tout aussi fautif que l’entraîneur et malgré tout il n’y a que lui qui a payé les pots cassés. L’équipe a envie de montrer un bon visage au nouvel entraîneur. Les cartes sont redistribuées et il faut donc de nouveau prouver.

Quel regard portez-vous sur l’OL?
C’est une équipe qui retrouve confiance, après un début de saison difficile. On sait qu’il y a du talent. C’est un effectif rajeuni, il faut leur laisser du temps. Mais, il y a du talent et du potentiel chez ces jeunes. Il faut qu’ils gardent un bon état d’esprit.

Est-ce que l’on aborde différemment un déplacement dans un stade, Gerland, où l’on n’a jamais gagné ?
On se dit que les séries s’arrêtent toujours, donc pourquoi pas ce samedi. Il faut positiver, en se disant qu’il n’y a pas eu que des défaites non plus. Il faudra être costaud défensivement et avoir du culot, de l’efficacité offensivement.

A quel moment avez-vous choisi d’être gardien ?
Quand on est plus grand que les autres et quand il manque un gardien, c’est vous que l’entraîneur choisit pour aller dans la cage. C’est ce qu’il m’est arrivé. Au début, je n’avais pas apprécié. Puis, j’ai commencé à y prendre goût. Sur le terrain, on n’est pas loin des parents qui se mettent derrière la cage, donc on est très encouragé. C’est sympa quand on est enfant.

Avez-vous l’impression d’être plus vite sous le feu des critiques ?
Oui, c’est le rôle ingrat de notre poste. Il est le plus critiquable. On n’a pas le droit à l’erreur. On pense tout le temps que le gardien pouvait faire quelque chose pour empêcher le but. Les erreurs des joueurs se voient beaucoup moins. Celles des gardiens se paient cash. C’est le poste le plus difficile.


Est-ce que votre carrière aurait été différente si vous aviez signé dans un club « plus huppé » en étant jeune ?
Je ne sais pas, c’est difficile à dire. Si j’avais signé dans un grand club, j’aurais peut-être eu plus d’opportunités par la suite. Mais, il n’y a rien de sûr. Ça aurait pu être le contraire aussi. J’aurai pu rater l’expérience dans un grand club et me cramer pour la suite. Ce qui est sûr, je n’ai pas de regret particulier. Je suis un passionné du football et j’en vis. Je suis content de cela. Ce qui m’a manqué pour franchir un pallier ? La régularité, surtout au début de ma carrière, jusqu’à mes 27 ans à peu près. J’avais de bons moments et des plus compliqués. Un bon gardien se juge sur la régularité.

Est-ce que le fait d’être titulaire indiscutable depuis des années ne pousse-t-il pas à un relâchement, même inconscient ?
Personnellement, non. Je suis un perfectionniste. C’est ce qui m’a permis de durer. Je ne suis jamais satisfait. J’essaie toujours de progresser, à chaque match, à chaque entraînement, sur chaque ballon. C’est le leitmotiv de mon quotidien. Je veux toujours améliorer le détail qui changera les choses.

Est-ce qu’un footballeur corse pense-t-il tout de suite au départ de la Corse ?
Au début non, on ne pense pas du tout à un départ. Mon objectif était de jouer pour mon club de cœur, le Sporting de Bastia. Mon rêve était de jouer une compétition européenne, comme le Sporting avait pu le faire à l’Intertoto. J’avais des souvenirs de ces matchs européens que je regardais à la TV. C’était mon rêve de faire pareil.

Est-ce qu’il y a une différence de culture du football entre la Corse et le Nord ?
Le football est plus « chaud » dans le Sud que dans le reste de la France. En Corse, on s’identifie beaucoup plus au club, comme j’ai pu le faire avec le Sporting. Dans le Nord, il y a plus de concurrence avec d’autres clubs, Lens, Lille…A Valenciennes, j’ai connu une nouvelle expérience. J’avais envie de faire partie de l’évolution du club et d’apporter ma pierre à l’édifice.

Quel est le fonctionnement de la sélection corse ?
Depuis 4 ans, on a un regroupement une fois par an en Corse pour un match international contre une sélection. Cela permet d’avoir un lien direct avec le peuple corse et de montrer que la Corse peut concurrencer certaines nations du football et avoir sa place, comme le font les Iles Féroé. C’est le rêve. On se connait tous et c’est à chaque fois une fête et un plaisir de jouer pour ce drapeau.

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