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« Quand tu marques c’est tellement beau »

Publié le 02 mars 2014 à 07:59 par R.B

Bafé Gomis marque des buts saison après saison… Il s’exprime sur l’importance et la spécificité de son rôle… sur le nouveau système lyonnais… sur la rencontre face au MHSC… et parle d’un objectif bien précis…

98 buts en 297 matches de L1… 90 buts toutes compétitions sous le maillot lyonnais… 416 matches en pro et 148 buts…Une huitième saison de rang avec au moins 10 buts marqués en championnat…Bafé est en train de se constituer de jolies statistiques et il n’a que 28 ans.

  Bafé est-ce-que tu es un homme de chiffres ?
« Forcément quand tu joues attaquant. Tu regardes où tu en es ; tu regardes tes temps de passages. Un attaquant qui ne marque pas c’est comme un gardien qui encaisse trop de buts. A ce poste d’attaquant, tu dois être efficace. Le foot de haut niveau, c’est l’efficacité ».

As-tu envie de marquer l’histoire du club ?
« Les attaquants qui s’inscrivent dans la continuité d’un club marquent souvent son Histoire. Cela fait ma cinquième saison à l’OL. Oui, comme dans les autres clubs où j’ai joué, j’ai envie de laisser une trace humaine et sportive. C’est important. Avec les supporters, ce n’était pas gagné au début… Ils ont fait la part des choses. Ils savent qu’ils peuvent compter sur moi comme moi je peux compter sur eux ».

Est-ce-que il y a des buts inutiles comme celui que tu as marqué cette saison à Monaco (défaite 1 à 2) ?
« Non. Pour moi, tous les buts comptent. Déjà à l’image de ce but à Monaco, cela récompense le travail des coéquipiers. Cela nous a permis de terminer la rencontre sur un temps fort et d’avoir des possibilités d’égaliser. Evidemment dans une saison, certains buts comptent et d’autres non, mais il y a le côté invisible à ne pas négliger. Un but même « inutile » peut rassurer un joueur, l’équipe ». (Sur les 17 buts inscrits par Bafé cette saison, 16 ont eu une incidence marquante sur le match : 5 ouvertures du score, 2 pour égaliser, 6 comme 2ème but, 3 pour amener l’écart à 2 buts)

  Obstination, patience, flair, chance, expérience, égoïsme… font ils partie de la panoplie d’un buteur ?
«D’une façon plus ou moins marquée, oui. La patience ? Il en faut quand tu es dans une période délicate. Dans ces cas-là, tu te remets à travailler les fondamentaux à l’entrainement. Le flair ? Il faut sentir les coups. C’est souvent une partie d’échecs avec les défenseurs. Et quand tu marques, tu l’as gagnée. Mais je n’oublie pas tout le travail qui est fait par mes coéquipiers qui cherchent à mettre les attaquants dans les meilleures dispositions. L’égoïsme ? Je dirais plutôt qu’il faut prendre ses responsabilités. Le poste d’attaquant est différent des autres. Le plus dur dans le foot, c’est de marquer des buts. Quand tu joues tu es dans une bulle. Tu imagines les situations, tu tentes, tu frappes, tu recommences. Dans les 20 derniers mètres, c’est la prise de risques. Tu sais un attaquant il se repère dès le plus jeune âge… J’aime bien cette phrase de Bernard Lacombe : n’est pas attaquant qui veut. Un attaquant qui ne marque pas est malheureux. C’est un poste, un métier particulier. Et quand tu marques, c’est tellement beau. C’est une récompense personnelle et collective. C’est la récompense d’un travail parfois invisible. Et tu rends les supporters heureux. L’expérience ? Bien sûr. Je suis différent aujourd’hui de ce que j’étais. Je marque des buts à l’expérience. J’arrive à mieux sentir les coups. La persévérance, l’obstination ? Il en faut. Cela peut te permettre de marquer un but à un moment important. Par exemple face à Ajaccio, j’ai été persévérant. On menait 2 à 1 et il y avait cette crainte d’un retour de notre adversaire. J’ai pris mes responsabilités et cela a fini par payer en marquant le 3ème but ».

Que t’inspires la venue du MHSC ?
« C’est une équipe embêtante à jouer. Elle met souvent de l’agressivité, dans le bons sens du terme, dans son jeu. Il y a Cabella, Niang, Tiené, Camara… Elle a changé d’entraineur et on connait les qualités de Rolland Courbis pour motiver un groupe. Ce ne sera pas une partie de plaisir. Cette équipe est dans une belle dynamique. A l’aller, on avait pris une rouste. Mais on va remercier Montpellier, car cette rouste a été l’élément déclencheur de notre réveil. Après ce match les joueurs se sont dit des vérités, tout le monde s’est investi… »

Le nouveau système de jeu ?
« Je n’avais jamais joué aussi longtemps avec une telle organisation. On a travaillé à l’entrainement pour acquérir des repères. Le staff a tout fait pour nous mettre en confiance. Je prends énormément de plaisir. Je participe au jeu et me retrouve en bonne position pour marquer. Je profite des appels de Jimmy, d’Alex… Et avec la qualité de notre milieu de terrain, il n’y a pas à se plaindre ».

Une conclusion extra football pour terminer : où en es-tu avec tes études pour passer le bac ?
« Je continue les cours. Mais, j’ai un objectif au mois de juin : c’est la Coupe du Monde au Brésil. Cette Coupe du Monde passe avant le bac ; c’est la priorité. Le bac, j’aurais le temps d’y penser après ».


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