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Quel mal de tête carabiné!

Publié le 03 octobre 2007 à 11:21 par R.B

Le fiasco barcelonais… la claque écossaise… les 2 premières rencontres européennes de l’OL ont mis en lumière le recul lyonnais sur la scène continentale. Un recul difficile à accepter…

Elles semblent lointaines les belles campagnes européennes olympiennes, mais aussi tellement présentes à l’esprit. Au coup de sifflet final mardi soir, plusieurs sentiments se sont bousculés. La surprise, l’abattement, la colère, la déception, le fatalisme, la tristesse, l’incompréhension, la nostalgie. La nostalgie de ces nombreuses batailles remportées avec les tripes, la stratégie, la folie, le suspens, le talent collectif et individuel. Il y avait parfois un côté inexorable dans ces triomphes tellement cet OL survolait les débats que ce soit à l’été finissant, en plein automne, aux prémices de l’hiver.

Petits et grands, en phase de poules, recevaient alors la leçon. Cela se poursuivait même en 1/8èmes de finale ; les ¼ de finale nous offraient encore des heures somptueuses. Campagnes grecques, turques, espagnoles, tchèques, allemandes, norvégiennes... Morceaux d’anthologie face à l’Inter Milan, au PSV Eindhoven, à Brême, au Milan AC… Des soirées en forme de spectacles inoubliables. Il y avait alors de la fierté à vivre ces moments, à les faire partager et à s’en souvenir.

Il y avait de vaillants soldats, de grands officiers. Il y avait une armée redoutable… du simple trouffion au général sur le banc. Il y avait une âme à la fois disciplinée et rebelle. Il y avait des gueules, du tempérament, des habitudes, de la solidarité, des repères… peu d'erreurs. Les différents généraux, certains soldats, de grands officiers sont partis. D’autres immenses gradés sont à l’infirmerie… En comparant les 11 de départ du 4 avril 2006 face au Milan AC et celui du 2 octobre 2007 contre les Rangers, il ne restait que les seuls Govou et Juninho ! 18 mois pour reconstruire, s’adapter aux vicissitudes du quotidien… Pas évident.

Il y avait eu le coup de canon romain… celui des Barcelonais et des Rangers ont creusé des tranchées abyssales dans les perspectives actuelles d’avenir continental. Où est passée cette superbe armée ? Elle semble avoir perdu ordonnancement, assurance, inventivité, régularité, stabilité… sans être devenue pour autant une armée des ombres, voire en guenilles. Au passage, que de changements d’un match sur l’autre… en hommes… en place. Assurément, elle ne fait plus peur au point de faire fuir ce brin de chance indispensable qui a choisi les camps d’en face. Du coup ce satané ballon n’entre plus dans une cage adverse. Au passage, cela dure depuis maintenant 438 minutes (Diarra à la 12ème face au Steaua Bucarest).

« On ne peut pas changer le passé, mais il doit servir le futur ». Le président Jean-Michel Aulas n’est pas homme à se laisser abattre. Le constat que cet OL ne ressemble pas à celui que l’on a connu récemment est une évidence. Cela s’est vu même dans les joutes hexagonales. Pas question cependant de brûler ce que l’on a adoré. Gérard Houllier avait l’habitude d’affirmer que la capacité à rebondir fait partie du talent d’une équipe. Ce rebond, il est attendu en Gironde ce dimanche. Puis viendra le voyage à Stuttgart. L’affaire est fort mal engagée, mais elle n’est pas encore bouclée. Cet espoir doit se transformer en rébellion au Gottlieb Daimler Stadion. En attendant quel mal de tête carabiné!
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