masculins / Strasbourg 1 - OL 2

Quelle bonne affaire !

Publié le 19 avril 2008 à 22:45 par BV

« Il faudra gagner à Strasbourg… quelle que soit la manière » avait annoncé Jean-Alain Boumsong dans la semaine. Le vœu du défenseur olympien, préféré ce soir à Toto Squillaci, a été exhaussé : si la manière attendra, le succès pourrait bien, lui, être décisif.

L’OL a en effet remporté une victoire poussive en Alsace mais ô combien importante dans la course au titre, puisqu’elle lui permet de repousser à 7 points Bordeaux qui se rendra dimanche à Toulouse avec l’obligation de l’emporter s’il ne veut pas dire adieu à ses espoirs de titre. Faut-il voir un signe dans le fait que l’OL ait remporté ce qui pourrait constituer l’un des plus importants succès de sa saison en se montrant très éloigné de ses standards habituels ? Pour avoir manqué leur entame de rencontre, les Lyonnais coururent longtemps après le score mais eurent le mérite de ne jamais renoncer, compensant leurs nombreuses erreurs techniques par une volonté de tous les instants. Face à des Strasbourgeois trop timides après leur ouverture du score, et qui durent composer avec le manque de retenue de Mouloungui, logiquement expulsé peu avant la pause pour deux grosses fautes en à peine quatre minutes (40e et 44e), cela a suffi.

Tout avait pourtant bien mal commencé pour les Lyonnais. Sur un centre de Fanchone, Mouloungui, de la tête, avait alerté une première fois Grégory Coupet (3e). La tentative suivante fut la bonne pour les Strasbourgeois, Renteria reprenant victorieusement le centre de Johansen (21e). Pour la cinquième rencontre consécutive en Ligue 1, les Rhodaniens encaissaient au moins un but. Heureusement pour eux, Strasbourg ne se rua pas à l’attaque pour doubler la mise. A l’exception d’une frappe de Renteria claquée par Coupet (51e) et d’un "deux contre un" gâché, avec la complicité de Bodmer, par Mulenga (80e), les joueurs de Jean-Marc Furlan s’arc-boutèrent sur leur but, cherchant avant tout, en infériorité numérique, à défendre leur maigre avantage.

De son côté, la formation lyonnaise éprouvait des difficultés à se mettre en bonne position. La tentative de Juninho s’envola (17e) ; Kader Keita, hors jeu, fit une première fois briller Cassard ; lequel boxa ensuite le coup franc de Juninho (22e), claqua la frappe de Karim Benzema (26e) et vit les têtes de Boumsong (27e) et Bodmer (31e) raser le cadre. Pour ne rien arranger, déjà privé de Toulalan (genou) et Fred (angine), Alain Perrin perdait Karim Benzema après 36 minutes de jeu. Touché au genou dans un choc avec Ducrocq, le meilleur buteur de la Ligue 1, laissait sa place à Govou. Comme à Marseille, les Lyonnais étaient donc contraints d’évoluer sans avant-centre de formation. Le spectre d’une soirée-cauchemar ressurgit, deux semaines après l’échec au stade Vélodrome. Surtout, lorsque, au sortir d’un une-deux avec Juninho, Hatem Ben Arfa trouva le poteau gauche de Cassard avant que Keita ne manquât le cadre (50e).

Mais la force du champion réside souvent dans sa capacité à profiter au mieux des rares opportunités qui lui sont offertes. Titularisé pour la première fois depuis le déplacement à Old Trafford, Ben Arfa mit souvent au supplice l’arrière garde alsacienne. En 7 minutes, l’international français fut à l’origine du retour lyonnais, prenant le jeu à son compte et obtenant deux corners décisifs. Keita délivra deux passes décisives pour Bodmer (61e) et Grosso (68e), l’Italien inscrivant son premier but de la saison sous le maillot lyonnais. Au meilleur moment...

En supériorité numérique, les Rhodaniens continrent leurs hôtes jusqu'au coup de sifflet final, non toutefois sans se faire peur en concédant des coups francs à 20 mètres de leur but. En fonction du résultat de Bordeaux, demain à Toulouse, ils accueilleront Caen dans une semaine avec la même ou une plus importante avance qu’à l’aube de cette 33e journée. En tout cas pas inférieure… C’est bien là l’essentiel.
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