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Raymond Domenech : « Le jour J, l’ASSE c’est l’opposant et on a envie de les battre.»

Publié le 30 septembre 2016 à 15:01 par CC

Né à Lyon en 1952, licencié au club pendant 19 ans, entraîneur des Gones entre 1988 et 1993 et désormais administrateur d’OL Fondation, l’ancien sélectionneur français a l’OL dans la peau. A quelques jours du derby, il nous offre un entretien à cœur (rouge et bleu) ouvert.

Raymond Domenech, comment avez-vous vécu le départ de Gerland pour le Parc OL ?
On peut avoir de la nostalgie évidemment. C’est bien la nostalgie mais grandir c’est mieux. Le Stade de Gerland, c’était le match et puis après on allait boire un verre un peu plus loin. Le Parc OL est un vrai lieu de vie et sans doute le passage obligé pour permettre à l’OL de passer un cap. Il y avait déjà la formation qui était au top, maintenant il y a le stade. C’est un véritable support qui peut permettre à l’OL de s’inscrire dans une dizaine d’années parmi les plus grands clubs européens.

Vous semblez avoir déjà adopté cette nouvelle enceinte ?
Quand je viens ici pour OL Fondation et que je vois  toutes les opérations qui sont menées et la solidarité qui est mise en place, je suis très fier que l’OL soit mon club. Vous savez, j’ai eu l’occasion de pas mal voyager et j’ai pu m’apercevoir que les clubs français n’avaient pas cette identité forte que l’on retrouve dans certains pays. « Mas que un club » comme on dit en Catalogne. Avant, les clubs n’étaient là que pour organiser des manifestations sportives alors qu’aujourd’hui, l’OL a un véritable rôle économique et social. Ce n’est pas un club dans une ville mais le club de la ville.

Comment jugez-vous le début de saison de l’OL ?
Je dirais hésitant…  mais  il y a eu des blessés, du mouvement aussi. En tout cas, c’est beaucoup mieux que l’année dernière et je pense qu’au fil des matchs, l’équipe va se solidifier, se structurer et s’équilibrer. J’attends avec impatience que Bruno récupère tous ses blessés car le potentiel de cette équipe est immense.

Et votre regard sur Bruno Genesio comme entraîneur ?
Cela me paraît logique et plutôt bien que l’OL l’ait gardé. Il fallait quelqu’un du club pour débuter cette nouvelle histoire. Lorsque au début des années 90, il était dans mon équipe (voir photo ci-dessous), Bruno était déjà un lien entre les différents joueurs. Il ne faisait pas partie d’un clan et s’entendait bien avec tout le monde. Il était capable aussi de faire passer des messages, de s’occuper des autres. Il s’interrogeait déjà…et puis au footing, il était toujours devant.

Raymond Domenech entraîneur / Bruno Genesio joueur

Dans quel état d’esprit êtes-vous avant ce premier derby au Parc OL ?
Rien que de respirer l’odeur ici, cela me donne envie d’être déjà le jour du derby. Il va y avoir du monde, le stade sera plein et l’ambiance dans ce stade est exceptionnelle, cela résonne comme pas possible.  De toute manière, un derby on peut le faire dans n’importe quel « bled », cela reste le match à gagner, le match des rivalités, le match que l’on a tous envie de faire, comme supporter, comme joueur, comme entraîneur ou dirigeant. On a envie de le vivre parce que le foot c’est ça. Alors à l’OL comme à Saint-Etienne, c’est toujours un moment exceptionnel.

Même si je tiens à souligner que j’ai toujours eu des amis stéphanois et que je travaille tous les jours avec un ancien de l’ASSE, Pierre Repellini. Mais le jour du derby, l’ASSE c’est l’opposant et on a envie de les battre, comme ils ont envie de nous battre, même si actuellement cela ne leur arrive pas souvent…et j’espère que cela restera le cas ce dimanche

Malgré les années, les expériences, ce match a toujours la même saveur pour vous ?
On ne peut pas couper ses racines. J’avais 8 ans lorsque j’ai commencé à jouer à l’OL  et j’ai porté ce maillot jusqu’à mes 25 ans. J’ai été OL partout, tout le temps… Je suis revenu comme entraîneur. Je suis marqué, je ne peux pas faire autrement.  Alors quand on a été élevé à l’anti-stéphanois depuis sa plus tendre enfance, cela reste. Même si je tiens à souligner que j’ai toujours eu des amis stéphanois et que je travaille tous les jours avec un ancien de l’ASSE, Pierre Repellini. Mais le jour du derby, l’ASSE c’est l’opposant et on a envie de les battre, comme ils ont envie de nous battre, même si actuellement cela ne leur arrive pas souvent…et j’espère que cela restera le cas ce dimanche.

Et comment allez-vous vivre ce premier derby au Parc OL ?
Je serai au stade mais je ne vais pas hurler ou crier.  Même si l’OL marque je ne vais pas me lever, je vais tout intérioriser car je vis encore ce derby comme un entraîneur…Tourner le dos au match en sautant et en chantant, je ne sais pas faire… Cela fait partie heureusement du folklore et c’est bien que les groupes de supporters soient là. Au final, on vit le derby avec la même passion sauf que pour moi tout est intérieur.

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