masculins / Sochaux 0 - OL 4

Retour réussi pour Benoît Pedretti

Publié le 18 mars 2006 à 22:51 par BV

Ne demandez pas à <b>Benoît Pedretti</b> d’établir de bilan de début de saison olympienne, l’international français vous donnerait rendez-vous à la fin mai. Après un début d’exercice 2005/2006 prometteur, il a vu son temps de jeu très nettement diminuer.

Si, sur les 23 matchs auxquels il a participé, il fut titulaire à 14 reprises, les deux derniers mois n’ont pas contribué à faire grimper ce ratio. A l’exception d’une titularisation réussie à Ajaccio, le natif d’Audincourt n’avait plus débuté sur la pelouse depuis le 22 janvier lors de la réception de l’AJ Auxerre. C’est même du côté de la Plaine des Jeux de Gerland, mercredi 15 mars, qu’il a inscrit son dernier (superbe) but sous les couleurs olympiennes avec l’équipe de …CFA.
La blessure à la cuisse droite de Tiago, conjuguée à la suspension de Juninho en quart de finale de la Champions League lui offrait une opportunité exceptionnelle de se relancer alors que le calendrier des Gones va passablement se charger pour atteindre un rythme d’un match tous les 3 jours. Comme premier point de passage de ce retour vers les sommets, de quelle plus sentimentale arène que ce stade Bonal pouvait rêver « Big Ben » pour renaître à l’aube d’un si prometteur printemps.
Né à quelques mètres du stade, il tardait pourtant à retrouver ses repères. Il lui aura ainsi fallu attendre la 4e minute de jeu avant de toucher son premier ballon. Après un léger temps d’adaptation avec Juninho, l’ancien lionceau retrouvait petit à petit son rôle de pivot du milieu de terrain. Régulièrement utilisé comme un régulateur et un aiguilleur du trafic lyonnais, il alternait parfaitement durant les 10 premières minutes les passes latérales (4) et les longues ouvertures (2) sans perdre le moindre ballon. Sur une erreur de son coéquipier François Clerc, il se rappelait au bon souvenir de Jérémy Menez en taclant parfaitement le jeune espoir sochalien (16e). De plus en plus offensif, il frappait sur sa première incursion aux abords de la surface (23e). Symbole de l’influence retrouvée de « Ben » sur le jeu olympien, le but de Sylvain Wiltord intervenait après une longue séance de conservation du ballon des hommes de Gérard Houllier durant laquelle il aura touché le cuir à 5 reprises (26e).

Preuve de sa bonne prestation, il perdait son premier ballon sur une intervention aérienne à la 35e minute et effectuait sa première faute à 4 minutes de la pause. Après une première période durant laquelle il avait évolué très haut et beaucoup pesé sur le jeu lyonnais, le milieu olympien s’apprêtait à regagner les vestiaires lorsqu’il était une nouvelle fois happé par les abords de la surface sochalienne. Après un une-deux avec Patrick Müller, l’ancien chouchou de Bonal faisait taire ses détracteurs en inscrivant son premier but de la saison sur une frappe déviée par Menez. Quel symbole ! Quel plus bel endroit que son ancien jardin pour renaître. Avant de se raviser et d’intérioriser sa joie devant son ancien public, il esquissait un geste de bonheur accompagné d’un cri rageur. Quel soulagement d’ouvrir enfin un compteur-but jusqu’ici désespérément vierge. Quelle joie pour tous ses coéquipiers venus le féliciter et montrer aux quelques siffleurs toute l’affection et l’estime qu’ils lui portent.
Il pouvait atteindre la pause animé du sentiment du devoir (bien) accompli. Au terme de ces 45 premières minutes, il affichait des statistiques plus que satisfaisantes. A son but, il ajoutait 1 tir, 4 longues ouvertures, 2 passes en profondeur, 3 ballons récupérés pour seulement deux pertes. Mais plus qu’avec des chiffres, c’est au travers de la maîtrise collective lyonnaise que se mesurait son influence sur le jeu. Omniprésent durant les périodes où l’OL monopolisait le ballon, il aura constitué avec Juninho un impressionnant doublon à la technique rassurante et éclairante.

8 minutes après la pause, il faisait une nouvelle fois montre de sa qualité dans le jeu long en effectuant sa 6e passe aérienne pour lober toute la défense doubiste et décaler Florent Malouda dont le centre trouvait la tête de Nino Wiltord pour le 3e but olympien (52e).
Quelques instants plus tard, dans un inhabituel rôle d’ailier gauche, il centrait parfaitement du gauche pour Nino dont la frappe était claquée en corner par Martinovic (63e). Avec l’entrée en jeu de Fred en remplacement de Juninho, l’ancien Sochalien se repositionnait dans une zone plus reculée. Solide devant sa défense, il annihilait toutes les offensives doubistes et terminait solidement la rencontre classé en seconde position du classement des passeurs avec 54 passes, juste derrière son partenaire Djila Diarra. Avec 69 ballons joués dont 12 récupérés et 22 passes latérales, il confirmait son rôle de guide et sa faculté à orienter le jeu. Preuve de son influence sur l’allant offensif des hommes de Gérard Houllier, il y ajoutait 13 passes en profondeur et 7 passes longues. Son aisance à conserver le ballon et sa capacité à fluidifier le jeu revêtent une part importante dans l'impressionnant chiffre de 60% de possession de balle à mettre à l'actif des Olympiens. Fier et heureux de sa performance il pouvait affirmer avec son humilité habituelle : « pour moi cela s’est bien passé ».

Ce soir, Benoît Pedretti était attendu par les 18 000 spectateurs de Bonal mais également par tous les supporters lyonnais à la veille d’échéances décisives pour le club. Il a fait mieux que répondre présent. S’il ne s’agit pas d’une renaissance c’est très certainement un nouveau départ. Souhaitons pour lui et pour l’OL qu’il permette au milieu olympien de longtemps demeurer aussi irrésistible afin de vivre un faste printemps.

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