masculins / OL 1 - AJA 1

Retour réussi pour les anciens Lyonnais

Publié le 23 janvier 2006 à 02:59 par BV

L’image semble surgir du passé : Sidney Govou et Peguy Luyindula bras dessus, bras dessous rient de l’amitié qui les anime depuis leur aventure commune entre Rhône et Saône : « Entre nous cela dépasse le football » clame haut et fort le natif du Puy-en-Velay.

Jusqu’au dernier instant, Peguy aura entretenu l’illusion d’effectuer un retour sans vague. Jusqu’à cette 89e minute, il aura laissé espérer aux supporters lyonnais qu’il ne rééditerait pas sa performance de la saison dernière lorsqu’il était venu ouvrir la marque pour permettre à l’OM de ramener le match nul.
Durant près d'une heure, bien au chaud sur le banc de touche, tout juste avait-il probablement entendu les applaudissements du public à l’annonce rugissante du speaker du stade : « numéro 20 Peguyyyyyy Luyindula ». Gerland n’a pas oublié celui qui finit meilleur buteur du club avec 18 buts durant la saison 2003-2004. Handicapé par une douleur aux adducteurs il débute la rencontre sur la liste des remplaçants, laissant à son entraîneur et à son adjoint les premiers honneurs de cette rencontre si particulière.
En effet, si « groupe », « effectif » ou encore « collectif » fleurissent à l’envi dans les discours, certaines rencontres démontrent qu’un match de football est avant tout un subtil mélange d’histoires individuelles. Cet affrontement entre l’OL et l’AJA en constitue un parfait exemple. Inscrit sous le signe des retrouvailles, il rappelle aux supporters lyonnais les prémices de leur domination sur le football hexagonal. Au premier rang de ces retrouvailles Jacques Santini et Dominique Cuperly qui ont permis au club de rouvrir la vitrine des trophées pour y déposer une coupe de la ligue et un premier titre de champions de France (suivi d'un deuxième titre de champions pour « Cup » associé à Paul Le Guen). Le virage Nord montre l’exemple : « Santini, Cuperly : merci pour ces deux titres, début d’une longue série » déployé sur toute la largeur. Le match n’a pas encore débuté que les deux virages témoignent leur reconnaissance aux revenants : entre deux « qui ne sautent pas n’est pas lyonnais », « Santini ! Santini ! Santini ! » s’élèvent des tribunes, rapidement suivis de leurs pendants « Cuperly ! Cuperly ! Cuperly ! ». Nouveaux rugissements de reconnaissance et tonnerre d’applaudissements à l’annonce des deux équipes. Les noms de l’ancien sélectionneur des bleus et de son adjoint reçoivent ainsi les applaudissements nourris d’un Gerland à la mémoire intacte.
Sur le terrain, un autre Gone se rappelle au bon souvenir de ses anciens partenaires : « Fifi » Violeau nanti de ses 185 matchs sous le maillot lyonnais balaie le terrain de long en large. Agressif et accrocheur, il cultive ses points forts qui ont fait de lui durant 7 saisons l’indispensable maillon du milieu de terrain rhodanien. A la 13e minute, il se fait remarquer en effectuant la première faute du match. Au terme d’une rencontre très correcte, il accumule 3 fautes, soit le plus important total (à égalité avec John Carew et Matthieu Berson) des 28 acteurs. Son remplacement par Lionel Mathis à la 72e minute lui permet de goûter à l’ovation que réserve Gerland à son ancien capitaine.
Quelques instants auparavant Peguy Luyindula était entré en jeu (61e). Très vite il fait apprécier ses dribbles et ses feintes à une défense lyonnaise au sein de laquelle seul Jérémy Berthod avait évolué à ses côtés. Pourtant malgré la bonne volonté affichée et des incursions incisives dans la surface (65e), il se montre incapable de porter le danger devant Grégory Coupet. Pis, il tarde à se relever sur un contact appuyé de Tiago (85e). 4 minutes plus tard, sur un centre de Pieroni, il porte le coup de grâce que tout Gerland redoutait. « J'adore ce stade. J'ai toujours l'impression d'être chez moi » peut affirmer l’ancien Strasbourgeois. Une déclaration d’amour qui semble s’imposer comme une évidence au regard des statistiques : cette saison, sur ses 8 buts, il n’en avait inscrit qu’un seul loin de l’Abbé Deschamps. Cette réalisation lui permet ainsi de doubler ce chiffre.
A la vérité toute relative des statistiques, Gerland rétorque pourtant que ce dernier but est difficilement classable dans la catégorie «à l’extérieur ».
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