masculins / Pendant la trêve

S comme... Sonny

Publié le 24 juin 2007 à 10:00 par AG

C'est l'heure de l'ABECEDAIRE. Une lettre et un mot par jour. Place à la lettre S... comme Sonny !

Il a au revoir à sa carrière de footballeur le 11 juin dernier mais non sans avoir pris le soin de faire trembler une ultime fois les filets de Gerland à trois reprises. Trois réalisations dans son jardin synonyme de cadeau d’adieu à tous ceux qui l’ont aimé. Evidemment, Sonny Anderson restera à jamais comme celui qui a porté l’OL vers les sommets mais il ne faut pas occulter que l’ancien numéro 9 olympien a embrassé une carrière exceptionnelle.

Vasco de Gama, l’éclosion. Le natif de Goiatuba débute à 17 ans dans le fameux club de Vasco. Il y apprend son métier durant quatre saisons et remporte le titre national en 1990 avant de s’envoler pour le club de Guarani où il reste deux années. Peu connu dans son pays, celui que l’on surnommera beaucoup plus tard Sonnygoal décide de faire le grand saut, direction l’Europe.

Servette de Genève, l’adaptation. En 1992, dès son arrivée, le brésilien se fait très vite une solide réputation chez nos voisins helvétiques en devenant meilleur buteur de Suisse avec 20 buts en 35 matchs. Il continue sur sa lancée l’année suivante (11 buts en 17 matchs), ce qui lui vaut d être repéré et débauché par l’OM de Bernard Tapie à la mi-saison.

Marseille, l’explosion. Fin de l’année 1993, Anderson Da Silva dit « Sonny » débarque sur la Cannebière alors qu’il est quasi inconnu dans l’hexagone. Celui-ci ne se fait pas attendre pour redonner le sourire à un OM en pleine crise due à l’affaire VA/OM. Malgré des conditions extra-sportives compliquées, il marque la bagatelle de 16 buts en seulement 20 matchs de championnat. Le club phocéen est forcé de filer en Division 2 sur tapis vert et ne peut se permettre de conserver son buteur Do Brazil.

Monaco, l’ascension. L’ASM, club ambitieux entraîné par le technicien Arsène Wenger, accueille l’avant-centre brésilien alors âgé de 24 ans. Entouré de joueurs prestigieux (Rui Barros, Enzo Scifo, Youri Djorkaeff, Emmanuel Petit, etc) ainsi que de deux jeunes en devenir que sont Thierry Henry et David Trézéguet, Sonny se régale et exprime son talent avec plénitude. Il inscrit 51 buts en 3 saisons sous le maillot rouge et blanc mais décroche surtout un titre de Champion de France lors de la saison 1996/1997, sa dernière passée sur le rocher.

Barcelone, la transition. Arrivé à maturité, Sonny Anderson rejoint volontiers l’un des plus grands et plus puissants clubs d’Europe. Au milieu d’une constellation de stars (Kluivert, Stoitchkov, Figo, Rivaldo), il est difficile pour le brésilien de se faire sa place. La tâche est d’autant plus ardue qu’il a pour mission de succéder à Ronaldo parti du coté de l’Inter Milan. Même s’il est peu souvent titulaire, Sonny inscrit 16 buts en deux saisons de Liga et 5 en 11 matchs de champions League. Il remporte deux titres de Champion d’Espagne plus une Coupe du Roi et gardera ces deux saisons comme « une riche expérience pour la suite de sa carrière ».

Lyon, la confirmation. L’arrivée de Sonny dans la capitale des Gaules marque un tournant dans l’histoire du club. Malgré des débuts timides à cause d’une condition physique moyenne, le brésilien retrouve vite son efficacité. Pour sa deuxième saison sous le maillot olympien, Sonny et l’OL remporte la Coupe de la Ligue (premier trophée depuis 1973). Les deux saisons suivantes, c’est le titre de Champion que l’OL de Sonny va décrocher. Entre Rhône et Saône, on ne se souviendra pas d’Anderson simplement pour ses chiffres hallucinants (71 buts pour 110 matchs de L1 en 4 saisons) mais ce sont surtout quelques images qui ne disparaitront jamais. Impossible d’oublier son triplé à Gerland qui qualifie l’OL en UEFA face au FC Bruges, sa caresse inimaginable du pied gauche qui vient nettoyer la lucarne de Stéphane Porato ou encore face au PSG, son coup de canon de 25 mètres dont Jérôme Alonzo fait encore des cauchemars.

Villareal, la distraction. A 33 ans, celui que les espagnols surnomment « El Pistolero » décide de revenir dans la péninsule ibérique. Chez les jaunes de Villareal, club en construction, la pression est moindre qu’à l’OL et Sonny se fait plaisir. Il inscrit 12 buts en Liga et 6 en coupe UEFA la première saison et participe à la demi-finale de la Coupe UEFA perdue contre les voisins de Valence. L’année suivante, malheureusement son corps ne peut suivre et il décide d’arrêter après seulement 3 rencontres de championnat.

Qatar, l’excursion. Amoureux du jeu et buteur devant l’éternel, Sonny répond favorablement aux sirènes du Qatar courant 2005. Il s’envole pour rejoindre Al Rayyan, club avec lequel il termine meilleur buteur du Championnat. Les stades sont presque vides mais les conditions de vie y sont exceptionnelles. Sonny rempile donc pour une saison de plus cette fois dans le club d’Al Gharrafa à Doha, son dernier club en tant que joueur.

Deux banderoles qui flottaient sur le Stade de Gerland lors de son Jubilé résument avec exactitude ce que représente Sonny Anderson pour les supporters lyonnais ainsi que ceux qui l’ont vu évoluer : « Les grands joueurs passent, les légendes restent. On t’oubliera pas Sonny » et « Lyon en a rêvé, Sonny l’a fait… Merci ».