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Sébastien Gérin, l’ange gardien (2ème Partie)

Publié le 03 décembre 2013 à 15:53 par SC

Sébastien Gérin, l’ange gardien

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Il est le gardien d’un temple si singulier. Celui qui est entraîneur et responsable de la formation des portiers de l’Académie, veille avec passion et complicité sur ses poulains comme il aimait le faire sur sa cage. Sébastien Gérin ne les épargne cependant pas de travail et de pression.

Un mental d’acier à forger

Tout ce que peut vivre un gardien, il l’a aussi vécu et ressenti…la tension, le doute, l’hésitation, la crainte. Autant de facteurs que l’entraîneur des gardiens tente de gommer chez ses poulains au fil des entraînements et des matchs, pour qu’un portier, qui se retrouve seul dans sa cage, parvienne à ne pas tergiverser peu importe les situations, peu importe le contexte. La pression, qui repose encore plus sur ses épaules que n’importe quel autre joueur, Sébastien Gérin l’a connu durant son expérience de gardien à La Duchère. Il essaie aujourd’hui de s’en servir pour apporter le plus de sérénité possible à ses protégés. Les rassurer par un geste, un mot, un regard…il s’adapte à chacun : « Chaque personne peut vivre une pression différente, que ce soit sur le terrain ou dans la vie. Il faut qu’il relativise. Il n’y a pas d’inconnues en match, tout a été travaillé à l’entraînement. La capacité à gérer l’événement va dépendre des personnalités. Certains vont avoir besoin de plus d’accompagnements. A l’OL, il y a des matchs importants dès le plus jeune âge. Le gardien va créer sa propre bulle psychologique et se forger une expérience ».

Dans cette bulle psychologique, tout émane de la confiance en soi, en ses compétences footballistiques et en ses capacités mentales. Sébastien endosse alors un nouveau costume, celui de coach mental. Ce rôle n’est pas le moins important, loin de là. Il s’en explique : « Si le gardien n’a pas confiance en ses qualités, il va subir les situations et ne pas s’épanouir. L’objectif est de leur donner l’envie d’agir. Les réconforter quand ça se passe moins bien. Il faut accepter les échecs et construire avec. La confiance est primordiale car elle permet de construire ses repères, d’améliorer ses compétences et d’explorer les choses non maitrisées ». L’ancien portier duchérois parle même de « mental gardien ». Un mental spécifique où la pugnacité de se relever toujours plus vite et toujours plus fort prédomine, à l’image de ses actions de match où le dernier rempart se démultiplie pour repousser les assauts successifs de l’adversaire sur sa demeure. « C’est quelqu’un qui doit avoir une détermination très forte pour rebondir le plus vite possible dans les situations difficiles ».

L’objectif est de leur donner l’envie d’agir. Les réconforter quand ça se passe moins bien. Il faut accepter les échecs et construire avec

Sans cela, tout peut s’effondrer. La particularité du poste fait que les « derniers remparts » comme on les surnomme, n’ont pas le droit à la moindre erreur. Aucune chance ne leur est laissée. Rares sont leurs fautes qui peuvent être rattrapées. Forcément plus vite sous le feu des critiques, les gardiens doivent se créer une carapace, pour pouvoir encaisser : « Le plan émotionnel doit être une base solide car tout se fragilise autrement ». Sébastien Gérin souhaite outrepasser cette surexposition et ne s’attacher qu’aux performances : « La tendance du moment est de s’arrêter qu’à une seule prestation. C’est important d’aller plus loin que cela, de s’intéresser au contenu et à toutes les situations. On va retenir si il est décisif ou pas, mais il faut surtout voir au-delà en analysant tout ». L’entraîneur des gardiens protège ses poulains, tout en restant lucide sur leurs prestations. Passionné, expérimenté, pédagogue, investi, disponible…les gardiens de l’Académie lyonnaise sont assurément entre de bonnes mains.

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