masculins / OL 3 - Le Mans 2

Sept minutes de folie

Publié le 01 septembre 2007 à 22:13 par BV

Il y a des instants fondateurs, des endroits où il faut être pour pouvoir dire : « j’y étais »; des moments exceptionnels dont on se souvient longtemps un sourire aux lèvres, une lueur dans les yeux; des scénarii qui font aimer le football. Samedi soir, Gerland était "the place to be".

A n’en pas douter, la victoire de l’OL face au Mans pour le compte de la 7e journée de Ligue 1 restera longtemps dans les mémoires des supporters olympiens. Il ne restait que 19 minutes à jouer et l’OL était mené 2 buts à 0. Sept suffirent aux coéquipiers d’un Juninho archi-motivé pour inverser le cours d’une rencontre dont presque plus personne n’envisageait une issue positive. Il suffit parfois d’une étincelle pour enflammer tout un stade, un crochet pour être précis : celui de Sidney Govou pour effacer Pinault et redonner espoir à toute une équipe d’une frappe du gauche (71e).
Dès lors, l'impensable devint inéluctable; l'inespéré se mua en inévitable. Dans un stade de Gerland en ébullition, Juni aurait pu égaliser sur un centre de Grosso (74e) mais c’est Benzema, sur un coup franc du capitaine olympien, qui se chargea, de la tête, de ramener les siens à hauteur des Sarthois (76e). Sur un nouveau centre de Grosso, Baros ne cadra pas (76e). Le Tchèque eut plus de réussite à la retombée d’une tête de Benzema sur un corner de Juninho (78e). En sept minutes, et comme dans un irrésistible élan, les Rhodaniens étaient parvenus à trois reprises à réaliser ce qu'ils n'avaient pas réussi à accomplir en soixante dix minutes. Ahurissant !

Les Manceaux s’étaient pourtant auparavant donné les moyens de leurs ambitions. Ils avaient fait ce qu’il fallait, marquant sur leurs deux premières occasions. A quelques secondes de la pause, le centre de Gervinho avait filé sous les gants de Vercoutre ; seul au second poteau, Sessegnon glissé le ballon dans le but vide (44e). A peine neuf minutes après leur retour sur la pelouse, Sessegnon avait remis ça, pensant bien du même coup avoir ôté tout espoir aux hôtes de Gerland. Sur un nouveau débordement de Gervinho, l’attaquant manceau reprit victorieusement le centre en retrait du Brésilien (54e). Le coup semblait parfait. Trop peut-être. En tout cas injuste pour les Rhodaniens qui, une nouvelle fois positionné en 4 – 3 – 3, avaient maitrisé leur sujet, ne laissant aux coéquipiers de Romaric que peu d’espaces.
Sur son premier ballon, Kim Källström avait donné le ton d’une frappe qui s’envola dans le ciel lyonnais (1e). Karim Benzema avait dévissé son tir (23e). Les Lyonnais avaient même été tout proches d’ouvrir le score lorsque, monté aux avant-postes, Fabio Grosso centra pour Juninho seul au second poteau. De la tête, le capitaine lyonnais prit Yoann Pelé à contre-pied mais le cuir vint heurter le poteau (29e). Quelques minutes plus tard, le coup franc du Brésilien atterrit dans les gants du portier sarthois sans que Toto Squillaci ne parvînt à dévier la trajectoire du ballon (31e). Positionné devant le duo Toulalan – Källström, « Juni » se retrouvait souvent aux avant-postes. Au sortir d’un une-deux avec Sidney Govou, il perdit son duel avec Pelé (33e). Tout comme "Sid", idéalement lancé en profondeur par Anthony Réveillère (42e). Yoann Pelé repoussa ensuite difficilement la frappe puissante de Karim Benzema (52e). Au sol, acrobatiquement, Juninho ne put cadrer (52e) et Benzema fut tout proche de reprendre le centre de Grosso (59e).

Désordonnés mais volontaires, les champions de France poussaient pour revenir au score et se découvraient. En contre, Matsui aurait pu ôter tout suspens à la fin de rencontre et mettre les siens à l'abri mais le Japonais n’accrocha pas le cadre seul devant Vercoutre (61e). Certainement le tournant du match ! La suite appartient au domaine de l’exceptionnel, de l'inoubliable.

Après une victoire dans la douleur face à Saint-Etienne lors du derby et un premier succès à l’extérieur à Sochaux, les Lyonnais ont écrit face au Mans, en sept minutes de folie, le troisième volet de leur prolifique semaine, le troisième chapitre d’une période peut-être fondatrice. Grâce à ce succès, ils occupent la 5e place du classement (avec un match en moins) et se replacent à 4 points du leader, Nancy, confirmant ainsi leur retour au premier plan.

Toutes les semaines durent sept jours. C’est une lapalissade. A l’OL, toutes les semaines n’ont pourtant pas la même valeur. Les trois premières d’août ont ainsi rapporté 3 points aux Rhodaniens. La quatrième leur en a offert 9. En sept jours, ils ont gagné trois fois plus de points que lors des vingt-et-un précédents ! Etonnant arithmétiquement ; « Footballistiquement » évident ! Avec une telle motivation, ils peuvent envisager l'avenir sereinement. Ils devront toutefois se rappeler que le lièvre ne gagne pas toujours. Ils seraient donc bien inspirés de ne pas trop souvent prendre autant de retard !
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