masculins / Rémy Vercoutre

Si on parlait un peu de Rémy Vercoutre…

Publié le 05 novembre 2012 à 09:45

Face au Sporting Bastia, le gardien lyonnais a été une nouvelle fois décisif… L’ancienne doublure s’est installée dans la cage avec autorité et réussite…

Quelques semaines seulement ; quelques semaines qu’il a quitté le banc pour enfiler vraiment ses gants. Rémy fait désormais le métier différemment. Le Nordiste  s’est enfin levé à 32 ans de sa surface de prédilection, de son confort, où il siégeait depuis 11 saisons, pour occuper celle d’une vraie cage. Fini les  excès verbaux et gestuels envers ses adversaires, les arbitres. Il fallait vivre par procuration en participant à sa façon : encourager, exciter, déstabiliser, railler, menacer…   « Le fou » est revenu dans un monde normal où l’existence, l’expression se juge tout autrement. Il ne regarde plus le film en spectateur. Il est acteur. Il ne joue plus sa vie à l’entrainement. Il attend le match.

Certains doutaient des capacités de cet éternel remplaçant à changer de costume ; à mettre le sien dans les tuniques de « Greg », d’Hugo. Imaginez un peu que cela faisait globalement une dizaine de saisons que le gardien olympien portait le maillot bleu ! Que le gardien olympien sortait « ses matchs », apportait des points en jouant quand il le fallait les sauveurs. Non, ce n’était pas possible d’être rassuré sur la durée, même si le natif de Grand Synthe avait montré ses progrès au grès de quelques intérims et sa vitalité « survitaminée » sur les installations de Tola Vologe.

Mais l’ancien international espoir a mûri au fil des entrainements, de ses  remplacements, de son travail au quotidien avec Jo Bats. Le voilà gardien à plein temps Il enchaine les matchs, les performances. Il a contribué grandement au nul à Lille, à Lorient… aux succès face à l’Athletic Bilbao, le Sporting Bastia en sortant des arrêts miraculeux comme celui face au LOSC ou encore à la 85ème contre les Basques ; en faisant ses arrêts au bon moment du match. Il en a fait d’autres très importants (VAFC, ACA… ). Il n’a jamais coûté de points aux siens, même si l’on peut estimer qu’il pouvait faire mieux sur un ou deux buts (VAFC, Bordeaux…). Rémy se jette dans les pieds adverses avec gourmandise, occupe gaillardement l’espace aérien, ne prend pas de risques inutiles, relance avec précision au pied, à la main en donnant souvent le tempo… Il a une vraie présence dans sa surface. Son côté excessif d’autrefois? On le retrouve pour fêter un but d’un de ses potes. Là, il se lâche avant de rebondir dans le match.

De l’ombre bien visible, à priori éternel, à la lumière d’un moment durable, il le joue toujours collectif sans bouder son plaisir personnel. 127 matchs en pros dont 67 de L1 en 12 saisons et trois mois… une misère en partie voulue. On comprend que Rémy croque à pleines dents ce bonheur arrivé sur le tard, qu’il bouffe le retard accumulé. Jamais on a entendu encore cette phrase : ah si Hugo avait été là… La plus belle des reconnaissances sans faire injure au talent à part de l’ancien niçois, ni à tout ce qu’il a apporté à l’OL pendant quatre saisons. Juste pour signaler que tout se passe très bien dans la cage lyonnaise. On souhaite à l’ancienne doublure de continuer sur cette lancée. On sait que la qualité d’un gardien se juge notamment sur sa régularité à être performant, sa capacité à enchainer.  Cela vient souvent avec le temps. Ce temps que n’aura pas Rémy car il l’a déjà pris autrement.

Et si on apprécie vraiment ce qui arrive à « Rem », comment ne pas regretter ce début de carrière anglais pour Hugo Lloris. La doublure a quitté le banc qu’à rejoint pour l’instant trop souvent le numéro Un des gardiens français !