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Sidney Govou : " Aucune envie de bâcler ce match "

Publié le 03 mai 2006 à 16:40 par BV

Auteur du seul but lyonnais lors du match aller à Gerland, Sidney Govou nous livre les clés de l'affrontement face à Lille. Il évoque également la sélection de Raymond Domenech pour la coupe du monde ainsi que son avenir.

Samedi, vous vous rendrez à Lille. Chacun a à l’esprit la déconvenue du match aller.
Il s’agit en effet de notre première défaite de la saison. La rencontre se déroulait juste avant les vacances. Nous avions terminé l’année sur une mauvaise note. Cette fois-ci, ce sera différent. Nous sommes déjà sacrés champions. Nous irons donc là-bas totalement relâchés.

Cette défaite vous reste-t-elle « en travers de la gorge » ?
Oui. D’autant plus que Lille constitue une équipe contre laquelle nous éprouvons des difficultés ces dernières années. Nous n’avons aucune envie de bâcler ce match. Mais je vous le répète : la donne a changé. Nous sommes déjà champions. C’est un élément très important.

Ils visent une place en Champions League. Vous vous devrez donc de rester très concentrés.
Nous avons tout d’abord le devoir de ne pas fausser le championnat. De plus, nous sommes des compétiteurs. Nous prenons beaucoup plus de plaisir en jouant bien comme nous l’avons fait contre Saint-Étienne que lors de notre déplacement à Monaco. Si notre plaisir doit passer par un gros match et une victoire, nous irons la chercher là-bas.

Sur un plan personnel, pensez-vous qu’il soit encore temps de convaincre le sélectionneur ou pensez-vous que son choix soit déjà fait ?
Il faudrait lui poser la question. Il affirme que son choix n’est pas encore fait, cela signifie donc que j’ai encore du temps. Sans être contraint de prouver quelque chose, être performant lors de mes deux dernières sorties ne peut pas me faire de mal.

Peut-on donc affirmer que cette saison est dénuée d’enjeux sur un plan collectif mais pas sur un plan personnel ?
Je ne réagis pas ainsi. La saison a été longue. J’ai déjà accompli pas mal de choses. Je ne vais pas tout remettre en cause sur deux matchs. Cela peut peut-être simplement confirmer certaines bonnes prestations antérieures.

Certaines rumeurs vous annoncent partant. Serez-vous de la conquête d’un 6e titre ?
On verra mais beaucoup de choses ont évolué. Auparavant, je désirais partir dans l’optique de progresser alors qu’aujourd’hui j’éprouve le besoin de voir autre chose. C’est plus psychologique que footballistique.

Avez-vous des regrets ?
Non. J’ai la chance de faire un métier dans lequel on peut voir d’autres choses, découvrir d’autres mentalités. Ce sont des choses que j’apprécie. Je regretterais si je ne pouvais pas le faire. Je pense qu’aujourd’hui c’est le moment de le faire. Comme le dis Robert (Duverne), je suis peut-être dans mes meilleures années.

En cas de départ, ne pas jouer la Champions League ne sera-t-il pas un handicap ?
(Réfléchit) J’aimerais bien entendu la jouer jusqu’à la fin de ma carrière mais j’ai des choix à faire. Auparavant, dans mes critères de choix, je plaçais en bonne position jouer la Champions League dans un grand club mais aujourd’hui, d’autres éléments sont entrés en ligne de compte et peuvent donc faire pencher la balance différemment.

Sans établir un bilan de vos 5 titres à l’OL, lequel vous a le plus marqué ?
Le premier et le quatrième. Il s’agit d’un choix personnel. L’an dernier, j’ai vécu une superbe saison à tous points de vue. Je suis peut-être le seul à le sentir. Cela dépasse le simple cadre du terrain. Cela n’a rien à voir avec mes titularisations car si quelqu’un est meilleur que moi, c’est tant mieux pour lui et pour l’équipe.

Pour revenir sur votre élimination face à Milan en Champions League, cela a-t-il été plus dur qu’à Eindhoven l’an dernier ?
Oui. Tout à fait. A Milan, on se voyait déjà en demi-finale. (Réfléchit) Je ne suis même pas sûr. Plus j’y repense et plus que me rends compte que l’élimination contre le PSV avait déjà été très dure à avaler. En réalité, je crois que les deux ont été très difficiles.

Sur la cassette des 100 buts de l’OL, les vôtres sont assez phénoménaux. Peut-on dire qu'il s'agit d'une de vos « spécialités maison » ?
On va dire ça comme ça. (rires). J’arrive à manquer pas mal de choses mais lorsque je rentre un but, on me dit effectivement qu’il est beau.
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