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Sidney Govou : "Ce n'est pas une finalité"

Publié le 07 septembre 2006 à 20:40 par BV

Sidney Govou auteur d'un doublé avec l'équipe de France contre l'Italie nous livre ses sentiments après cette rencontre. Il évoque sa fierté et nous fait part de sa motivation et de son envie de jouer à quelques jours de la rencontre face au Real Madrid de Mahamadou Diarra.

Sidney, quel est votre sentiment au lendemain de votre doublé au stade de France face à l’Italie ? Avez-vous l’impression de voler ?
Non. Je suis resté bien au sol. Je suis fier mais je retiens principalement la victoire de l’équipe. Cela ne change pas grand-chose pour moi même si je vois bien qu’il y a plus d’agitation que d’habitude autour de moi. Je ne dois pas m’arrêter à ces 2 buts en équipe de France. Ce n’est pas une finalité. Il faut que je joue au sein de mon club et que je sois performant.

On imagine aisément que l’ovation du Stade de France a dû vous faire plaisir…
A ce moment là, je n’étais pas au mieux. Pour tout vous dire, je ne me rappelle pas avoir marqué ni même avoir touché le ballon. J’ai ressenti le coup de tête mais je n’ai pas vu le ballon entrer dans le but. J’ai simplement vu mes coéquipiers venir me féliciter. Par la suite, je n’avais pas l’impression d’être au stade. J’étais un peu spectateur.

Pourquoi marquez-vous toujours de jolis buts ?
Bonne question. J’aimerais en tout cas en marquer plus souvent. Je tente souvent des choses difficiles sans trop y réfléchir.

Comment avez-vous accueilli les réserves qui ont entouré votre sélection pour la coupe du monde ou votre titularisation contre l’Italie?
Je ne les écoute pas. Chacun est libre de juger. Etre jugé ne me dérange pas. Je me dis simplement que si le coach fait appel à moi pour jouer en équipe de France, je dois lui démontrer qu’il a raison.

Les buts vous intéressent-ils toujours aussi peu ?
Non, mais certains joueurs sont plus doués que les autres dans ce domaine. Je sais que je suis un peu moins doué mais je travaille. Par la suite, cela dépend également du système de jeu de l’équipe. Un peu à l’image de « Flo » (Malouda), je pense que je dois plus aller devant le but. Ce n’est donc pas qu’une question de qualités mais également de démarche. Je me suis parfois un peu trop consacré aux tâches défensives. Aujourd’hui, je me rends compte que j’ai pas mal de coffre et que j’ai largement les moyens d’évoluer dans les deux registres.

Avez-vous beaucoup travaillé durant l’intersaison ? Oui. J’ai « bien bossé » (Il le répète). Je ne jouais pas. Je devais donc bien travailler pour m’entretenir.

Est-ce que vous ne jouiez pas par votre volonté ou par un accord commun ?
Les deux. On a désormais passé la date du 1er septembre. Je suis donc prêt à jouer, prêt à enchainer les matchs. Désormais je veux jouer tous les matchs. J’ai envie de jouer. Je suis un compétiteur dans l’âme.

Comment avez-vous vécu cette période un peu floue ?
J’ai travaillé sans me poser trop de questions. Je suis tout de même à Lyon. C’est la raison pour laquelle je n’étais pas trop inquiet.

Le fait de rester à l’OL vous plait-il ?
Oui. Je suis bien ici. J’y ai mes amis. Les autres joueurs m’apprécient. Je ne voulais pas partir parce que je ne me sentais pas bien ici mais parce que j’avais envie de vivre autre chose.

La coupe du monde vous a-t-elle donné confiance ?
J’ai toujours eu confiance en moi mais le fait d’être appelé tardivement pour cette épreuve m’a aidé à me sentir à l’aise. Je me sentais vraiment bien.

Avez-vous le sentiment, qu’aux yeux des gens, vous devez toujours plus prouver que les autres ?
Oui. On me demande toujours de prouver mais cela ne changera pas ma façon de jouer ni d’aborder les matchs. Je suis solide dans ma tête. Je suis à Lyon depuis longtemps. C’est une des raisons pour lesquelles on ne me juge pas comme un joueur qui viendrait d’arriver. Ce n’est peut-être pas plus mal. Je trouve cela bien de devoir prouver à chaque fois. Je n’ai pas besoin de constamment me remettre en cause. Les autres le font à ma place.

Est-ce que tout cela vous fait croire au destin ?
Non. Je crois juste en moi et au travail. Je pense qu’on a ce qu’on mérite.

Quand prolongerez-vous ?
Lorsque j’en aurais discuté avec le président. J’ai vu Marino (Faccioli, directeur administratif de l’Olympique Lyonnais) qui m’a affirmé que le Président désirait me rencontrer pour que nous en discutions.

Mercredi, face à une équipe espagnole (le Real Madrid), aurez-vous envie de démontrer encore plus que d’habitude?
Plus ? Non. J’ai simplement envie de bien jouer pour faire un gros match comme toujours. La saison dernière, j’avais été très déçu de ne pas jouer contre le Real. Les matchs de la Ligue des Champions constituent toujours de gros matchs avec un parfum particulier. De plus, nous jouerons contre le Real et Djila (Mahamadou Diarra). Jouer contre lui va me faire bien rire. J’aimerais me retrouver face à lui mais je ne vais pas faire n’importe quoi pour y parvenir. L’année dernière, il avait certes réalisé une superbe saison mais cet été nous avons recruté de très bons joueurs qui peuvent le remplacer et qui ont d’autres qualités que lui. Jérémy Toulalan par exemple a un jeu différent mais récupère pas mal de ballons. Par la suite, ce sera à nous d’intégrer au mieux ce joueur pour qu’il s’exprime du mieux possible.