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Souvenirs allemands de... Djorkaeff, Di Nallo et Lacombe

Publié le 14 septembre 2010 à 09:10 par BV

Jean Djorkaeff, Fleury Di Nallo et Bernard Lacombe ont tous les trois affronté des équipes allemandes avec l’Olympique Lyonnais. A l’occasion de la venue de Schalke 04, ils ouvrent la boite à souvenirs.

Ironie du calendrier : près de 5 mois après la gifle infligée à Gerland par le Bayern Munich en demi-finales de la Champions League (0 – 1, 0 – 3), c’est avec une autre formation d’outre-Rhin, Schalke 04, que l’OL va renouer le fil de son histoire européenne. La joue est encore rougie et le souvenir douloureux. « Les clubs allemands ne gagnent pas toujours mais ont une culture de la gagne plus affirmée que les clubs français, explique Fleury Di Nallo. Ce sont des guerriers, toujours très durs à battre » Un coup d’œil sur l’histoire des rencontres germano-lyonnaises n’incite pourtant guère à verser dans l’inquiétude. Si l’Allemagne est la nation qui a fourni le plus d’adversaires européens au club rhodanien, celui-ci est sorti vainqueur de 11 des 25 matches qu’il a disputés contre des clubs allemands, concédant 3 nuls et s’inclinant à 11 reprises.



Jean Djorkaeff, qui a participé aux premiers pas de l’OL sur la scène européenne, se souvient de n’avoir que « rarement » gagné contre les clubs allemands : « A l’époque, ils constituaient ce qui se faisait de mieux en Europe. On redoutait alors de tomber sur une équipe allemande. » C’est pourtant contre le Hambourg d’Uwe Seeler, en quarts de finale de la Coupe des Vainqueurs de Coupe (1963 – 1964), que l’OL accomplit le premier exploit de son histoire européenne (1 – 1, 2 – 0).
« C’est un de mes meilleurs souvenirs en Coupe d’Europe, un moment inoubliable, confie Djorkaeff. On ne s’attendait pas du tout à les éliminer ; Hambourg était alors une équipe extrêmement réputée sur la scène européenne. Je m’en souviens bien, comme du but d’Aimé Mignot à Hambourg (le seul de sa carrière). » « Un résultat fantastique », au cœur d’ « une saison exceptionnelle » : dans le sillage de Fleury Di Nallo, qui manqua le match aller sur blessure, et Nestor Combin, auteur d’un doublé au retour à Gerland et de 10 buts sur l’ensemble de la compétition, l’OL se hissa jusqu’en demi-finales de l’épreuve et remporta la Coupe de France quelques semaines plus tard.



Les deux équipes se retrouvèrent quatre ans plus tard, au même stade de la même C2. « Si en 1964, on avait une TRES bonne équipe, explique Fleury Di Nallo, en 1968, on avait simplement une bonne équipe. » Bilan : trois rencontres au score identique (2 – 0), dont un match d’appui remporté par les Allemands. « La Fleur » raconte : « plutôt que de s’en remettre au sort, les dirigeants avaient négocié de jouer le match d’appui à l’extérieur. C’est dommage, parce que chez nous on aurait eu une petite chance alors que là-bas c’était très compliqué. » Au retour, le meilleur buteur de l’histoire de l’OL avait inscrit un doublé, arrachant dans le temps additionnel une belle. Dans les tribunes, le jeune Bernard Lacombe ignore qu’il devra attendre sept ans avant de se frotter à un club allemand.

De son unique affrontement sous le maillot lyonnais avec un club de la Bundesliga, le Borussia Mönchengladbach, en 1974-1975, ce dernier remonte les noms de « joueurs énormes : Simonsen (ballon d’Or 77), Jensen, Heynckes, Stielike, Wimmer, Bonhof ou encore Vogts ». Il raconte : « A l’aller, sur un terrain marécageux qui nous avait beaucoup aidés, on était contents de ne perdre que d’un but (1 – 0). Ce jour-là, on avait évité le pire. Au retour, Robert Valette avait égalisé d’une frappe superbe avant que nous ne connaissions une « extinction des feux » (2 – 5) : ils nous ont confisqué le ballon. C’était impressionnant, on avait le sentiment qu’il s’agissait d’un match entre des cadets et des juniors. » Quelques semaines plus tard, Mönchengladbach remportera la première Coupe de l’UEFA de son histoire en ne faisant qu’une bouchée de Twente (0 – 0, 5 – 1), avant de remettre ça en 1979.
« A l’époque, il y avait un tel écart entre les clubs français et allemands… On avait l’impression de courir partout, relève Bernard Lacombe. Aujourd’hui, cela s’est rééquilibré sur le plan physique mais méfiance : Schalke est une équipe allemande avec la mentalité que cela implique : que ce soit en 1982* ou aujourd’hui, avec eux, ce n’est jamais fini. »



Pour Jean Djorkaeff, certaines caractéristiques du football allemand ont traversé les âges : « Ils sont extrêmement présents sur le plan physique, possèdent une culture tactique certaine. Ce sont également de très bons techniciens. » Bernard Lacombe et Fleury Di Nallo jouent souvent la même partition lorsqu’il s’agit de parler de football. Ce dernier note que « Schalke 04, ce n’est pas le Bayern Munich, c’est moins fort, mais il y a toujours une petite appréhension car les Allemands sont très difficiles à jouer. Toutefois, Schalke doit également craindre l’OL qui chaque saison remporte la plupart de ses matches de poule. » Les Lyonnais se sont en effet extirpés du piège du premier tour de la Champions League sans discontinuer depuis 7 saisons et possèdent désormais suffisamment d’expérience pour gérer le mieux possible leur 26e affrontement avec une équipe allemande.

*En demi-finales de la Coupe du Monde 1982 à Séville, la France menait 3 buts à 1 en prolongation avant de voir les Allemands revenir au score puis l’emporter aux tirs au but

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