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Sparta - OL: Trois points et la manière !

Publié le 29 septembre 2004 à 00:37

[IMG3293L]A quelques jours d'un derby tant attendu, l'Olympique Lyonnais est allé décrocher une importante victoire en République Tchèque ce mardi soir, face au Sparta de Prague. Un succès 2-1 grâce à deux réalisations signées Essien et Wiltord, qui placent désormais les hommes de Paul Le Guen dans de bonnes dispositions pour la qualification aux 1/8èmes de finale de la Ligue des Champions, en compagnie de Manchester United, vainqueur 6-2 (!) de Fenerbahçe.

A Prague, Stade Toyota Arena. Sparta Prague 1 - Olympique Lyonnais 2 (mi-temps : 1-1). Pelouse en bon état. Temps gris et frais. 12 050 spectateurs. Arbitre : Mr Ibanez (Espagne)



Sparta Prague : Blazek, Pergl, Homola, Kovác, Cech (puis Voríšek, 46'), Poborský (cap), Sivok, Zelenka (puis Baranek, 82'), Urbánek, Pacanda (puis Střihavka, 60'), Jun.



OL : Coupet, Réveillère, Caçapa (cap), Cris, Berthod, Essien, Diarra, Juninho (puis Diatta, 83'), Govou (puis Nilmar, 84'), Malouda, Wiltord (puis Frau, 71')



Buts : Pour le Sparta : Jun (7') ; Pour l'OL : Essien (24'), Wiltord (57')

Cartons jaunes pour le Sparta : Sivok (30')





La Bohème... La Bohème... C'est le temps de l'insouciance, une vie d'artiste les poches vides, les idées foisonnantes ; Vivre le présent sans penser au lendemain. Tout le contraire du club olympien. Quinquagénaire bien portant, dont les rêves du futur repose sur la solidité de ses acquis. Quarantième match de Champions League ce soir en 5 saisons de rang, cela n'est pas donné à n'importe qui, mis à part aux grands d'Europe. Les olympiens ne sont pas des Bohémiens!

La Bohème... La Bohème... N'est plus tout à fait la même depuis que les Tchèques et les Slovaques ont mis une frontière à l'intérieur de la Tchécoslovaquie. Le football y a-t-il gagné quelques choses d'autre qu'une fédération supplémentaire ? Pas vraiment. La République Tchèque de Pavel Nedved a remplacée "peu ou prou" la Tchécoslovaquie de Joseph Masopust, finaliste d'une Coupe du monde au Chili en 1962 ou encore vainqueur d'un championnat d'Europe des Nations quelques années plus tard (1976) dans le sillage de Nehoda, Panenka...

Avec l'ouverture des frontières, les Tchèques se sont expatriés pour gagner leur vie et le championnat local a perdu de sa brillance; adieux le Dukla, la formation de l'armée! Le Sparta de Prague, sur la durée, étant le seul club exportable du pays.



Ce qui attend ce mardi 28 septembre 2004 (dans l'Arène Automobile) les partenaires de Caçapa est à la fois simple et compliqué. Gagner, à la limite ne pas perdre, face à un adversaire qui à besoin de l'emporter après sa défaite à Fenerbahce. Guidé par le petit magicien, véritable star affichée de partout dans la ville aux 365 Eglises, Karel Poborsky, les rouges, jeunes et disciplinés, ne sont pas du genre à se laisser marcher sur les pieds... qu'ils n'ont pas fatigué à l'inverse de ceux des lLyonnais encore en plein marathon (6ème matchs en 17 jours).

A l'évidence, nous sommes tentés d'affirmer que l'OL joue plus gros dans cette première phase de Ligue des Champions que le Sparta. Personne ne comprendrait en effet une non qualification après le quart de finale de l'édition précédente. Le nul à domicile contre MU oblige Coupet et ses copains à récupérer des points lors d'un ou plusieurs voyages. Autant commencer ce soir sans se soucier du résultat entre Manchester et Fenerbahce...dans cette belle région de Bohème.



Du côté lyonnais, Diarra, Essien, Juninho, associés au milieu ; Govou, Malouda, Wiltord, un peu plus devant ; Frau, buteur contre Manchester, débute en conséquence sur le banc. Berthod aura, lui, la lourde tâche de croiser très souvent la route de Poborsky. Le Toyota Arena était loin d'avoir fait le plein dans cette très fraîche soirée automnale. L'ivresse des prix n'avait pas fait tourner la tête des supporters du Sparta ! Qu'importe les tambours et les chants locaux faisaient du bruit pour tous les absents.



Ce sont les Tchèques qui ouvraient les débats par Jun (4'), Réveillère s'interposant avant que Wiltord, en limite de surface, ne frappe à côté du poteau gauche de Blazek. Dans la foulée quasiment, une action côté droit déstabilisait les Olympiens et le centre de Pergl trouvait la tête de Jun (7') pour l'ouverture du score. Et encore un but de la tête; le 4ème depuis le début de la saison sur les 7 buts encaissés ! Wiltord, en position axial tentait de bousculer le bel ordonnancement des rouges. Difficilement... Juninho itou, en étant à 2 doigts cependant de reprendre une passe dans la surface de réparation (18'). Zelenka frappait ensuite lourdement au dessus de la cage de Coupet. Malouda manquant sur la remontée de ballon son face à face avec le gardien du Sparta sur à un service précis de Juninho (21').

Partie remise, Essien, l'athlète surpuissant de ce début de saison, plantait une mine dans la cage tchèque (24') sur une tentative d'une vingtaine de mètres. Les partenaires de Caçapa étaient bien revenus dans cette rencontre vivante. Le Sparta jouait rapidement vers l'avant ; l'OL préférant chercher l'ouverture par son jeu de passes enfin précis. Les blancs dominaient maintenant avec assurance, Blazek s'envolant pour sortir en corner une tête... d'un partenaire (32'). Diarra, puis Essien jouaient de nouveau les artificiers (35'). Essien, un phénomène ! Les Lyonnais continuaient d'imposer leur volonté à la limite parfois de la démonstration. Ce soir à la mi-temps à Prague, mes amis, on se disait qu'il y avait largement la place pour gagner.



Jun commence la deuxième période comme il avait débuté le match, en semant la panique dans le camp blanc. Une première fois à la 47ème minute de jeu, puis à la 53ème en amusant les défenseurs olympiens avant d'échouer juste à côté du poteau gauche de Coupet. On tremblait… Wiltord changeait alors tout (57') ! Sur une passe de Malouda, l'ancien Gunner réussissait le grand pont sur Blasek. Premier but en Gone pour "Nino". 2 à 1 pour Lyon qui appuyait sur l'accélérateur. Festival Govou côté droit, centre parfait… Essien trouvait un Blasek exceptionnel, repoussant l'essai du Ghanéen sur Malouda sans réussite dans sa reprise acrobatique (62').

Pas de doute, la troupe de Paul Le Guen évoluait globalement un, voire deux tons au dessus des Tchèques essayant de loin, en vain, d'inquiéter Coupet. Govou, irrésistible, inondait le couloir droit de ses impétuosités bien senties. Côté gauche, Malouda, Berthod étaient au rendez-vous. A 15 minutes de la fin, seule une erreur pouvait maintenant anhiler la suprématie blanche, mise en péril par un coup franc d'Urbánek (80') qui atterrissait sur la transversale de Coupet et une frappe de Pergl à côté (81').

Paul le Guen lançait Diatta à la place de Juninho pour solidifier un peu plus l'axe défensif. Nilmar entrait à son tour. Govou, extra, sortait. A l'unisson, les 14 joueurs utilisés avaient fait ce qu'il fallait pour repartir de Prague avec les 3 points. Décidemment, cet OL voyage avec gourmandise depuis 2 mois. Il se place en plus sereinement dans la course à la qualification souhaitée aux 1/8èmes de finale de la Ligue des Champions. Et son invincibilité se poursuit plus que jamais. 90 minutes encore à l'extérieur dimanche soir chez le voisin vert, avant de souffler et ce premier marathon aura été réussi.







RB à Prague

Avec SR et GV
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