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Suppression du DIC : la réaction de Jean-Michel Aulas

Publié le 30 octobre 2009 à 14:03 par SC et BV

Le président de l’Olympique Lyonnais a réagi après la suppression du DIC (le Droit à l’Image Collectif) par l’Assemblée nationale.

Quelle est votre réaction après la suppression du DIC (le Droit à l’image collectif) par l’Assemblée nationale?
Il faut tout d’abord expliquer que cette disparition du DIC est une erreur en termes de communication. On parle de chasse aux avantages fiscaux, aux niches fiscales des footballeurs, et cela se traduit par la suppression du DIC, qui n’est pas du tout une niche fiscale. Le DIC était un dispositif qui permettait aux clubs de pouvoir embaucher un certain nombre de salariés de haut niveau, et de bénéficier d’une exonération de charges sociales lorsque leurs rémunérations étaient élevées. C’était un accélérateur d’emploi pour les clubs mais absolument pas une mesure destinée aux bénéficiaires de rémunérations importantes. Il y a eu une erreur, de la démagogie, sur ce sujet, mais les conséquences risquent d’être dramatiques.

Quelles pourraient être ces conséquences ?
Elles sont de deux types. A moyen terme, cela signifie que les clubs ne vont plus chercher à faire revenir un certain nombre de joueurs de l’étranger, ou essayer de garder leurs meilleurs joueurs qui, très normalement, ont des rémunérations importantes, parce que les charges sociales vont être trop élevées. Les joueurs s’expatrieront donc à l’étranger. Second risque, à court terme celui-ci : on veut appliquer cette mesure « au milieu du match », le premier janvier 2010, alors que l’exercice des clubs va du 1er juillet au 30 juin. Cela signifie qu’on peut très bien voir, sur la seconde partie de l’exercice, un certain nombre de clubs se retrouver avec des difficultés très importantes car des engagements ont été pris sans connaitre l’incidence de cette loi. Dans certaines activités comme le handball, le rugby et même le football, certains clubs pourraient être amenés à déposer le bilan purement et simplement. (…) C’est une loi qui va coûter deux fois plus cher à l’Etat que la disposition ne rapportait aux clubs. C’est une mauvaise loi, une loi scélérate, d’une part parce que l’on n’a pas été prévenus, d’autre part parce qu’elle n’a aucun fondement économique.

Et pour l’Olympique Lyonnais ?
Pour nous, le DIC se chiffre à 6 millions d’euros par an, donc à 3 millions d’euros pour une demi-saison. Cela va nous amener à revoir la politique salariale du groupe, à regarder également, par rapport à la loi sur les jeux et paris en ligne qui nous prive d’un certain nombre de recettes, comment compenser ces dispositions d’ordre public qui viennent nous pénaliser. On va, dans un premier temps, imaginer que les reconductions de contrat de joueurs dont le salaire est important risquent de ne pas être proposées. Et puis, on devra peut-être se séparer prématurément d’un certain nombre de joueurs.