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« Toujours sur le qui-vive... »

Publié le 13 février 2016 à 08:00 par R.B

Avec la réorganisation du staff lyonnais pendant la trêve hivernale, Gérald Baticle est devenu l’adjoint numéro UN de Bruno Genesio, le nouvel entraîneur... Il parle de son changement de poste... de son plaisir... des attaquants olympiens... des propositions qu’il a reçues... du SM Caen.

Avant de signer à l’OL en 2011, dans sa carte de joueur puis d’entraîneur, il n’était jamais descendu plus bas qu’Auxerre. De 1990 à 2004, 470 matches en pro et 115 buts d’Amiens au Havre en passant par Strasbourg, l’AJA, le FC Metz, l’ESTAC. L’AJA, toujours, mais comme entraîneur chez les jeunes et la L2 au Stade Brestois en numéro UN. Gérald peut parler de l’égoïsme du buteur qu’il fut : « certaines saisons je me mettais mentalement en condition... un vrai buteur est obsédé par le but. Certains préfèrent même marquer et perdre que gagner sans le faire ». Attaquant/buteur mais aussi milieu de terrain et le plaisir de l’organisation, de la passe décisive ; un poste découvert pour dépanner Guy Roux à l’AJA. Ce même Guy Roux qui le fera revenir, les crampons rangés, dans l’Yonne pour découvrir un autre métier : « A l’AJA, j’ai d’abord été observateur chez les jeunes, nos jeunes et ceux des autres équipes... recruteur... puis entraîneur des moins de 19 ans. Je me suis enrichi avec cette diversité... comme je me suis nourri des différents entraîneurs que j’ai côtoyés».  Il a aussi appris de son expérience brestoise (L2 en 2008-2009) où il était le numéro UN. Comme de nombreux entraîneurs, il déborde de passion. Si chez certains, elle n’est pas une évidence dans l’expression comme dans le comportement, chez lui elle vous accroche immédiatement. Sur un terrain, il a une présence, une énergie, une voix, de la patience, de la complicité... « La passion, c’est le moteur. Je n’ai pas l’impression de travailler. Est-ce-que je décroche ? Pas longtemps et peu importe. J’arrive à le faire quand je skie ou en regardant la mer. La pression ? Elle existe, mais on fait aussi ce métier pour ça ». Gérald homme de contact : « j’aime être au milieu du groupe, j’aime les relations humaines ». Cela le conduit à l’indulgence envers les joueurs. Indulgence mais aussi exigence du travail bien fait, la recherche de l’évolution permanente : «si tu ne travailles pas, si tu ne cherches pas à progresser, tu recules... ».  Et il est lucide sur le passage de joueur à entraîneur : « ta carrière peut te servir... mais cela a une durée limitée et très vite les gars te jugent sur ton travail, sur tes compétences. Cela demande une remise en cause permanente ».

Son nouveau rôle

« Il y a plus de responsabilités. Je débroussaille le terrain pour Bruno. J’anticipe les problèmes éventuels. Je gère l’organisation pour que tout fonctionne bien  afin de décharger Bruno. J’ai pris le rôle qu’il avait avec Hubert (Fournier). Je suis aussi une force de propositions pour les séances, pendant les matches. C’est lui offrir une palette de solutions, lui poser des problèmes. Bruno décide et on s’organise. J’ai souhaité garder mon travail avec les attaquants. On a créé des automatismes, une complicité... Le jour du match, je suis en charge du rappel des coups de pieds arrêtés, de l’échauffement, des consignes lors des changements. Ce qui a changé, c’est que je suis sur le banc au lieu d’être en tribune. On est plus au cœur du métier, on est dans le chaud alors qu’en haut tu dois rester froid, avoir plus de distance. Il faut toutefois se méfier de l’emportement du moment quand tu es sur le banc. Sur le banc tu peux aussi donner ton avis, suggérer... mais c’est Bruno qui décide et une fois qu’il l’a fait, on fonce avec lui. Dans mon rôle précédent, j’intervenais à l’entraînement pour apporter un plus quand cela nous semblait nécessaire, maintenant, c’est en continu toute la semaine. Cela me demande plus de concentration. Je suis dans l’organisationnel, toujours sur le qui-vive pour éviter ou limiter les impondérables. Mais je suis dans le confort, car je ne prend pas la décision finale »

Numéro un

« Je ne peux pas dire que je n’y ai jamais pensé depuis que je suis à l’OL puisque l’on m’a sollicité deux fois pour l’être en L2 (AJA et FC Metz). Mais sincèrement, je ne me pose pas la question en ce moment car je suis en évolution, j’élargis ma palette. Je m’enrichis et l’OL c’est quand même le top, un des meilleurs clubs en France, un des clubs qui compte sur la scène européenne. Avec le temps, on verra. S’il y a par exemple une usure. Mais, sans aucune démagogie, actuellement, ce n’est pas un problème. Des contacts avec Aston Villa ? Oui, Rémi (Garde) l’a fait... J’ai discuté avec le président pour savoir ce qu’il souhaitait. Cela a été très clair d’autant qu’il y a eu le changement d’organisation ».

La saison

« L’ambiance a vraiment évolué : celle du travail et celle entre les joueurs. Et cela est en train de rejaillir sur les résultats, le jeu. Il y avait eu du relâchement individuel après la saison précédente et cela a impacté le collectif. Humainement, on peut comprendre ce laisser-aller. Mais on a reculé; la situation est devenue compliquée. On s’est mis dos au mur. Il y a eu une prise de conscience, des décisions, des changements, des mouvements d’effectif. On s’est remis au travail et on met tout en place pour avancer. On a appris de nos fautes. Il était indispensable de retrouver de la cohésion, de ne plus être dans l’exigence de l’autre».

Le Stade Malherbe

« J’apprécie Patrice Garande que j’ai croisé à Auxerre. Il fait du bon boulot. Il y a encore un autre ancien avant-centre avec Alain Caveglia. Je connais le président Fortin, un homme vraiment bien...  Le Stade Malherbe est une belle équipe et après 25 journées, on ne peut plus dire que c’est une surprise de la retrouver à ce niveau. Il faudra être performant pour la battre. C’est une équipe qui peut faire le jeu mais qui est aussi habile en contres. Delort ? C’est un vrai buteur. Il ne lâche rien. Il peut servir de point d’ancrage, partir dans le dos... C’est un attaquant complet. Feret ? Un artiste. Il bonifie le jeu de son équipe. Il trouve la passe qui déséquilibre l’adversaire. Il invente des gestes... Et je suis certain qu’il a beaucoup travaillé ces dernières saisons car il a évolué. »

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