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Tout recommence au Mans... par un succès?

Publié le 30 juillet 2005 à 12:36 par R.B

[IMG5428L]A priori, les débats semblent disproportionnés. D'un côté, <b>Le Mans</b>, un promu sans titre ; au passé limité à une seule saison en L1 ; sans nom ronflant, ni budget fringuant… De l'autre, un club de plus en plus européen qui a fait du territoire français sa chasse gardée depuis 4 ans. Ce <b>Lyon</b> a toujours autant d'appétit pour poursuivre son hégémonie hexagonale en y ajoutant de grandes ambitions continentales. Les uns pensent au maintien… les autres à un cinquième tire de rang…

A priori, les débats semblent disproportionnés. D'un côté, Le Mans, un promu sans titre ; au passé limité à une seule saison en L1 ; sans nom ronflant, ni budget fringuant… De l'autre, un club de plus en plus européen qui a fait du territoire français sa chasse gardée depuis 4 ans. Ce Lyon a toujours autant d'appétit pour poursuivre son hégémonie hexagonale en y ajoutant de grandes ambitions continentales. Les uns pensent au maintien… les autres à un cinquième tire de rang… cela fait 17 places d'écart ! De la théorie à la pratique, il y a parfois, au final, pas mal de chamboulement…



Le Mans se souvient certainement de sa première expérience en L1 conclue par une 19ème place, une des 3 réservée à l'ascenseur en mode descente. Les supporters n'ont pas oublié ce départ catastrophique : 4 points en 12 journées et un premier succès signé le 8 novembre 2003 pour la venue de Metz (2 à 0). Le Stade Léon Bollée étant jusque là une pelouse très accueillante pour Ajaccio, Strasbourg, Lyon ; soit 3 défaites. Et sympathique pour Nice, Bordeaux et Bastia ; 3 nuls. Notons cependant que les Rouge et Jaune ont été à deux doigts de se sauver en prenant ensuite 34 points en 26 journées. Bon nombre de joueurs de l'effectif actuel ont connu la précédente aventure. Ils connaissent les risques encourus. « Le Mans est en chantier… » affirme son entraîneur de 39 ans, Frédéric Hantz. Soit! Il a intérêt cependant à trouver rapidement les solutions pour finir les travaux, même avec des bouts de ficelles... L'ancien joueur de Metz doit compter sur l'apport du défenseur Basa, du gaucher ivoirien Romaric et de son avant centre brésilien De Melo pour solidifier un édifice qui a terminé à la deuxième place de la dernière L2.



Des interrogations à la pelle pour le jeune Hantz, passé en quelques mois du statut d'entraîneur de CFA à celui de débutant au plus haut niveau, qui ne sont pas du même ordre que celles de l'expérimenté Gérard Houllier retrouvant dimanche le banc du championnat de France après 17 saisons d'éloignement. Que peut bien redouter le nouvel entraîneur lyonnais dans ce match d'ouverture à part la grosse motivation des locaux ? Le manque d'humilité de son groupe… l'absence de fraîcheur avec ce 3ème match en 8 jours… le fait de jouer à l'extérieur… le rodage lié à son arrivée et à ceux des 3 nouveaux… l'absence de Juninho… le problème Essien… le niveau de forme inégale des composantes du collectif… On a envie de balayer toutes ces questions. Il y a tellement de talents dans ce groupe, d'expérience, de solutions de rechange, d'envie de gagner que rien ne semble pouvoir le contrarier. « A l'extérieur, nous serons attendu plus que jamais… il va y avoir de belles parties de manivelle… ».



L'ancien manager de Liverpool met logiquement ses joueurs en gardes. Mais quand, depuis plusieurs saisons, vous visitez sans trembler des coins européens peu amènes, vous devez pouvoir fouler toutes les pelouses de France avec assurance ; assurance et non sentiment de supériorité, ni manque de respect. Quand à l'irrépressible envie de se taper les belles côtes de ce Lyon sous prétexte qu'il est désormais le grand favori pour le titre et qu'il agace par tant de suprématie… cela fait partie du jeu. Mais franchement avant de "bouffer" les côtes de Cris, Diarra, Cacapa, Carew, voire d'Essien... il risque fort d'y avoir des déçus légèrement cabossés de partout!



La fatigue ? Gérard Houllier a mis au repos quelques caciques du groupe à Auxerre (Cris, Réveillère, Wiltord, Malouda, Diarra, Essien)… certainement pour mieux les utiliser dans la Sarthe. Le cas Essien ? Il va être réglé dans les jours qui viennent. Il est dans le groupe des 17 joueurs retenus pour ce déplacement. Il est donc encore lyonnais comme l'a dit le coach olympien. Et en bon professionnel, s'il joue, il ne devrait avoir qu'un but : faire gagner son équipe. Juninho ? Pour tout ce que « Juni » a fait pour son club depuis 4 saisons, il serait grotesque, avec une propension à l'amnésie, de dire qu'il ne manque pas au collectif. Son jeu est unique comme la qualité de son pied droit pour débloquer les situations compromises. Mais l'OL a déjà gagné sans lui. On pense aussi à l'absence de l'impeccable Eric Abidal dont les Champions de France devront se passer pendant plusieurs semaines. .. Le rodage ? L'entraîneur nordiste a essayé plusieurs formules depuis son arrivée, demandant de la patience dans les phases de construction tout en gardant en permanence à l'esprit le souci d'efficacité. Certes, le gabarit et les caractéristiques de John Carew demandent des réglages dans le jeu de ses partenaires et du sien, mais quand on constate les progrès du Norvégien au fil des rencontres déjà disputées, on n'imagine aisément qu'il peut « essorer » la défense mancelle.



La saison dernière après une disette de plus de 20 ans, l'OL s'était enfin imposé pour son premier match de championnat. Le syndrome du premier match que l'on ne gagne plus est tombé. En revanche, Paul Le Guen, Jacques Santini, les 2 entraîneurs champions de France, n'avaient pas réussi à ramener les 3 points en étant pour la première fois sur le banc lyonnais et ce le jour de l'ouverture du championnat : un nul contre Rennes (2 à 2) à Gerland pour Santini en 2000 et une défaite à Lens (2 à 0) en 2001 ; un nul pour le Breton à Guingamp (3 à 3) en 2002… Après avoir fait aussi bien que Paul le Guen en remportant le Trophée des Champions, Gérard Houllier peut donc faire mieux dans quelques heures que ses prédécesseurs couronnés. C'est tout le mal qu'on lui souhaite dans cette quête collective d'un cinquième titre de rang. Au Mans, l'OL remet son titre en jeu... C'est parti pour 38 journées...



R.B