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Transfert de BEN ARFA : Marino Faccioli s'explique

Publié le 03 juillet 2008 à 16:40

Marino Faccioli, directeur adjoint de l'Olympique Lyonnais en charge des affaires administratives du club, revient sur le transfert d'Hatem Ben Arfa vers l'Olympique de Marseille.

Vous avez été au cœur des négociations avec l’O.M. pour le transfert d’Hatem BEN ARFA. Comment avez-vous vécu ce transfert ?
« L’issue est conforme à ce que nous avions défini au préalable avec le Conseil d’Administration du club, c’est bien là le plus important. Je ne pourrai toutefois pas oublier certains propos et certains comportements. »

Revenons d’abord aux négociations elles-mêmes. Marseille était il le seul club intéressé par ce transfert ?
« Non, il y avait également le P.S.G.; par contre et cela nous a beaucoup surpris aucun club étranger ne s’est manifesté, ni le Real ni aucun autre. Jean-Michel AULAS a ensuite informé le manager d’Hatem de l’intérêt du P.S.G. et l’O.M. et c’est le joueur qui, après 48 heures de réflexion, a choisi Marseille. L’Olympique lyonnais ayant décidé de transférer Hatem, il lui a laissé le choix de son lieu de destination, indépendamment du montant du transfert. A partir de là les négociations ont commencé ».

Dans quel climat ?
« Très bon, (le Président de l’O.L. avait d’ailleurs publiquement déclaré que, contrairement à ce qui s’est passé pour Franck RIBERY et Samir NASRI, l’O.L. ne s’opposerait pas, à un transfert d’un jeune joueur français dans l’un des meilleurs clubs de Ligue 1) jusqu’à ce que Pape DIOUF officialise prématurément le transfert alors que nous n’en étions qu’à la négociation et qu’en fait nous ne venions de boucler qu’une étape, celle d’un accord de principe ente les deux clubs.
Or pour qu’un transfert se concrétise, il faut un accord tripartite, les deux clubs et le joueur. Au demeurant, la Ligue impose une procédure identique pour tous les transferts, fondée sur un système informatique centralisé qui génère lui-même les documents à signer par les trois parties.
Avant même le choix de la destination d’Hatem, le Conseil d ‘Administration avait défini un montant de transfert net pour l’O.L. qui était légèrement supérieur à l’offre de Marseille. Dès lors et de manière tout à fait habituelle, nous nous sommes tournés vers Hatem en lui expliquant que nous ne donnerions notre accord que s’il renonçait à sa prime d’intéressement, ce qu’il a refusé.
Marseille qui avait trop vite communiqué vers ses supporters, et qui continuait de négocier le probable transfert de KONE depuis Nice, a alors essayé de passer en force en demandant à la Commission Juridique d’homologuer le transfert alors qu’aucun document officiel n’avait été signé par les clubs et le joueur ».

Comment analysez-vous la décision de la Commission Juridique ?
« Personne n’a rappelé que la Commission n’a pas statué sur la question juridique car l’application de ses règlements ne pouvait être que favorable à l’O.L. ; elle s’est efforcé de trouver, comme l’avaient fait tout au long du weekend précédent les Présidents de la Ligue et de la Commission Juridique, une solution à laquelle nous avons adhéré car elle était conforme au montant net que nous souhaitions recevoir. Nous voulions obtenir un montant de 11 M € + un bonus d’1 M€ en cas de qualification de l’O.M. en Champions League + 20% d’intéressement sur la plus value d’un éventuel futur transfert du joueur, et sans payer la prime d’intéressement d’HATEM. L’accord final est donc parfaitement conforme à ce que nous souhaitions puisque il est de 12 M€ + 1 M € + le même intéressement en cas de revente, et qu’ Hatem a accepté d’abandonner la partie de sa prime (500 000 €) qui correspondait à ce que nous avions exprimé. L’O.L. a gardé pour lui les charges patronales sur le différentiel de prime payé à Hatem ».

Vous évoquiez en début d’interview des propos et comportements que vous ne pourriez oublier ? Lesquels ?
« J’ai trouvé étonnant et déplacé qu’Hatem reprenne de fausses informations laissant à penser que les difficultés initialisées dans le transfert provenaient d’une quelconque relance de clubs come le Real de Madrid. La vérité est certes moins valorisante pour l’O.L comme pour Hatem car aucun club étranger ne s’est manifesté.
Je regrette aussi l’attitude de Pape DIOUF qui n’a cessé de discréditer ou insulter devant l’ensemble des membres de la Commission Juridique, les représentants de l’O.L. impliqués dans les négociations, notamment moi-même ainsi que notre avocat Maître Joseph AGUERA.
Pape DIOUF nous a qualifiés de sbires incompétents de Jean-Michel AULAS.
Aujourd’hui, je suis fier de répondre au Président de l’O.M. que les sbires de l’O.L. qui ont négocié ce transfert avec le Président de l’O.M., qui travaille sans sbire, ont obtenu ce que l’O.L. souhaitait. Y compris de permettre au grand club qu’est l’O.M. de pouvoir disposer d’un jeune international français, sans crainte de la concurrence ainsi créée pour favoriser l’émergence de plusieurs clubs français de premier plan à la recherche de succès européens bénéfiques à tous les clubs de l’élite ».