masculins / Il était une fois le Stade de Reims

Trois lyonnais parlent du Stade de Reims

Publié le 16 novembre 2012 à 09:00 par R.B

Patrice Lair a entrainé le club ; Christophe Delmotte a porté le maillot rouge et blanc… Bernard Lacombe se souvient du club rémois lorsqu’il était enfant et spectateur, puis lorsqu’il l’a affronté sur le terrain…

Pendant presque 20 saisons de 46 à 63, le Stade de Reims a remporté 6 titres de champion de France, fini 5 autres fois sur le podium ; 2 coupes de France ; et disputé deux finales de coupe des clubs champions face au Real Madrid en 1956 et 1959… C’était l’époque des Kopa, Fontaine, Piantioni, Penverne, Colona, Vincent, Wendling, Rodzik, Jonquet…  Sur le banc, le grand Albert Batteux… le tout dirigé par le président  Henri Germain... Cette équipe de Reims a fourni aussi de très nombreux éléments à la superbe équipe de France 1958 qui avait fini 3ème de la Coupe du Monde en Suède.

C’était le temps du WM… de la télé en noir et blanc avec peu de matchs à se mettre sous les yeux , un moment rare à déguster avec la gourmandise d’un enfant fou de ballon. C’était le temps de la radio avec ses matchs que l’on imaginait dans la voix des grands reporters de l’époque.  C’était le temps où les Rouge et blanc jouaient leurs matchs importants au Parc des Princes, leur stade Auguste Delaune étant trop petit. Une fabuleuse époque pour la maison champenoise qui malheureusement allait petit à petit disparaitre de la scène hexagonale, européenne malgré les Bianchi, Onnis, les frères Lech… jusqu’à sombrer et disparaitre du monde pros.  Le déclin, la chute avant de retrouver des couleurs et la lumière au début des années 2 000 jusqu’à cette accession en L1 à l’issue de la saison 2011-2012.

Alors Messieurs quels souvenirs avez-vous de la maison champenoise ?


 Patrice Lair (entraineur de 2 000 à 2 003)

« Un super souvenir ; un honneur. On a fait en plus remonter le club en L2 ; fabuleux. Pour moi, c’était le début de ma carrière d’entraineur. J’ai eu l’occasion de croiser et de discuter avec des anciens du club comme les frères Lech… On a redonné vie à ce club dont mon père me parlait… Il me parlait de Kopa, Fontaine… J’ai eu la chance aussi de participer aux fêtes des 70 ans du club… La ville parle football, respire football… Quand tu vois la salle des trophées, les photos, tu ne peux pas rester indifférent… Quand tu es dans les vestiaires, tu t’imagines les légendes du club… Ce club a une âme… Les grands clubs ne meurent jamais… Tu vois quand j’en parle, l’émotion est là… Je suis resté en contact avec des membres du club… »

Christophe Delmotte (joueur de 2004 à 2006)

«Le poids du passé est évident. C’est un club mythique. J’ai été imprégné par cela.  Tu le sens au quotidien… les anciens sont là… Je quittais l’OL, un club qui devenait mythique pour aller dans un club qui l’avait été. Quand tu enfiles le maillot, tu sais à quoi cela correspond même si pour moi j’ai toujours défendu à fond tous les maillots que j’ai portés.  La seconde saison, j’ai été capitaine, c’était un honneur supplémentaire. Je n’ai pas eu la chance de connaitre le nouveau stade qui est vraiment une belle enceinte. J’ai de superbes souvenirs pour cette fin de carrière et j’ai gardé des contacts notamment avec le président Caillot… Je suis content pour lui que le club soit remonté  en L1».

Bernard Lacombe

« Le Stade Reims ? Je pense tout de suite à Raymond Kopa et à tous les autres grands joueurs… J’ai vu la grande équipe à Gerland avec mon père. C’était une équipe complémentaire.… Ce maillot, aussi. Quand tu le vois, il te fait penser à celui des très grandes équipes. Le Stade de Reims, c’est l’histoire de ma jeunesse. Tu voyais cette équipe jouait la Coupe d’Europe contre le Real Madrid.  Quand elle arrivait au stade cette équipe,  c’était magique…  à l’époque tu pouvais suivre l’échauffement de près. Ensuite, il y a eu aussi de très grands buteurs comme Onnis, Bianchi… Cela a été pour moi, la première grande équipe française sur la scène européenne… Après, j’ai joué contre ce club. Quand tu étais au Stade Delaune tu te disais : tu te rends compte tous les grands joueurs qui ont foulé cette pelouse, qui sont passés dans ce vestiaire. Delaune, c’était comme un temple à mes yeux. Oui, vraiment, quelque chose… »