masculins / Pendant la trêve

U comme ... Utopie

Publié le 26 juin 2007 à 09:00 par O.T

C’est comme si le temps s’était arrêté. Les rues sont vides. La nature semble avoir repris le dessus sur l’Homme. On entend plus qu’elle.

Depuis quelques temps, plus de coups de feu, plus de bombes, plus de guerres. Les moteurs sont arrêtés. Nous sommes en mode veille. Sous cette ambiance sonore paisible, se dissimule pourtant un évènement de la plus haute importance.

C’est le programme qui a réuni le plus de téléspectateurs en 2009. La finale de la Ligue des Champions remportée par l’OL face au Milan AC. Ils ont estimé que le football était le centre d’intérêt qui réunissait le plus d’êtres sur cette planète. Et que les caractéristiques des humains y étaient parfaitement représentées. L’amour, la haine, la passion, l’altruisme, l’égoïsme, la folie… Ils ont donc décidé de nous lancer un ultime défi avant l’invasion finale. Un match de football, pour nous prouver définitivement que leur civilisation est supérieure à la notre. L’OL vainqueur de la Ligue des Champions et de la Coupe Intercontinentale a été désigné. L’enjeu est simple. Le vainqueur reste sur la planète, le perdant s’en va.

Stade de Gerland, septembre 2009, fin d’après-midi. En virage, les supporters les plus fervents, les abonnés les plus anciens. En tribune latérale, les représentants politiques et religieux les plus éminents de la planète. Les joueurs font leur entrée sur la pelouse dans une ambiance indescriptible. Un magnifique tifo représentant toutes les nations se déploie, des confettis de toutes les couleurs s’envolent dans les airs, les 40 000 spectateurs sont tous debout, ils se tiennent la main. Dans le reste du monde on s’est réuni sur les grandes places, autour d’un écran géant. On dirait qu’il y a un stade a chaque coin de rue.

Le monde entier retient son souffle. Le match débute. Les premiers duels sont âpres, il y a de la tension, de l’approximation. C’est le round d’observation. Ils sont grands, musclés, imposants, mais nous sommes vifs et techniques. Ce choc des extrêmes ne se débloque pas. Coupet voit une frappe terminer sur le poteau. La cage se brise, il faut la remplacer. Cela tombe bien, c’est la mi-temps. Après avoir résisté à l’impact physique adverse en première période, l’OL accélère la cadence. Les passements de jambe, roulettes et autres double contacts enflamment les travées de Gerland mais le score n’évolue pas. On joue les arrêts de jeu, coup franc aux trente mètres. Dernier changement, Juninho rentre, les 40 000 spectateurs se lèvent et jettent leurs dernières forces dans un ultime encouragement. Partout dans le monde, on en fait de même. L’énergie dégagée est tellement puissante que la Terre commence à trembler. Juninho se concentre puis s’élance…