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Un choc pour rebondir

Publié le 10 mars 2007 à 20:00 par BV

Cinq jours après leur élimination en huitièmes de finale de la Ligue des Champions, les Lyonnais n’ont probablement pas encore pansé toutes leurs plaies. Il leur faudra certainement du temps, et des titres, pour évacuer la déception de cette soirée romaine.

Il leur faudra surtout engranger les succès, seul remède viable aux gueules de bois post-éliminatoires. « Il nous faut désormais tourner la page, confie Anthony Réveillère. On a envie de rejouer et de gagner à nouveau pour nous et notre public ». Si l’envie et la motivation seront à n’en pas douter bien présentes, force est de se demander si l’Olympique de Marseille constitue bien la proie la plus appropriée pour se refaire une santé ?

Au regard des dernières prestations des Marseillais, la réponse affirmative ne souffre d’aucune contestation. La spirale négative dans laquelle se débattent les joueurs d’Albert Emon -deux points pris, tous deux à domicile, lors des six derniers matchs- a ainsi contraint supporters, joueurs, staffs dirigeant et technique à se rassembler pour décréter l’ « Union sacrée ». Il faut dire que les nuages ne cessent de s’amonceler au dessus du club phocéen. Idéalement calé à la seconde place du classement au soir de la 21e journée, son début d’année 2007 a révélé de criantes lacunes, que l’absence de Franck Ribéry ne suffit pas à expliquer. Désormais huitièmes de la Ligue 1, les coéquipiers de Lorik Cana ne doivent pas rentrer bredouilles de Gerland, au risque de dire définitivement adieu aux places qualificatives pour la Ligue des Champions.
Forcés de composer avec les blessures de Julien Rodriguez et Wilson Oruma, handicapés par les difficultés actuelles de Djibril Cissé et, plus généralement, d’un pouvoir offensif réduit à presque rien -1 but lors de leurs six derniers matchs de Ligue 1-, englués à une peu encourageante onzième place au classement à l’extérieur, c’est presque dans une position d’outsiders que se présenteront les joueurs phocéens dimanche sur la pelouse de Gerland. Presque… Car, depuis deux saisons, contre les Gones, Niang et les siens jouent les empêcheurs de tourner en rond, se muant même en implacables bourreaux des Rhodaniens en Coupe de France lors des deux dernières éditions. Lors de l’opus 2005/2006, ils étaient ainsi venus s’imposer sur la pelouse des champions de France, quelques jours seulement après la cruelle élimination de leurs hôtes en Ligue des Champions par le Milan AC. Et qu’importe que les Lyonnais les aient « corrigés » lors de la rencontre aller (4 buts à 1). « Par rapport au match aller, c’est un match complètement différent, affirme Gérard Houllier. La dynamique notamment est très différente. On est actuellement dans le sprint de la dernière phase ».

Après avoir fait leurs adieux à Ligue des Champions, les Lyonnais vont en effet connaître un début de printemps décisif. « Les regards et la concentration sont tournés sur nos objectifs majeurs que sont d’abord le titre et ensuite la Coupe de la Ligue » précise l’entraîneur olympien. Si les Marseillais ont besoin de points pour se rapprocher des premières places, ce n’est pas le cas des Lyonnais pour qui la victoire serait plus importante au niveau mental qu’au niveau comptable. « On doit mettre les choses au point notamment avec nous même par rapport aux automatismes, à la maitrise de soi, du jeu, du contrôle, de la rigueur confie Houllier. Ce match pourrait nous permettre de rebondir ».

Tout en rappelant sa volonté d’apporter de la fraîcheur à un traditionnel onze de départ quelque peu émoussé par deux chocs de haut niveau en quatre jours, le technicien lyonnais ne cache qu’il s’agit d’ « un match charnière, car en termes d’attitude, face à Rome, on n’a pas été exemplaires. Ce n’était pas l’équipe qui faisait notre fierté ». A une semaine d’un, toujours délicat, déplacement à Nancy, à trois semaines de la finale de la Coupe de la Ligue, une victoire face à l’OM renflouerait un capital-confiance mis à mal par l’échec romain. Avant de se rendre à Saint-Denis pour y disputer l’une des rencontres les plus importantes de sa saison, l’OL serait ainsi bien inspiré d’accumuler les succès. La venue entre Rhône et Saône de l’Olympique de Marseille tombe donc à pic pour se rasséréner et se retrouver. L’occasion également de remporter « la belle » qui l’oppose à son rival olympien après une victoire en championnat et une défaite en Coupe de France, toutes les deux au Vélodrome. Comme ça, au passage. Juste pour le plaisir.
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