masculins / OL 0 - Bordeaux 1

Un coup de poignard

Publié le 31 mars 2007 à 23:23 par BV au Stade de France

Le dénouement est extrêmement cruel. D’aucuns disaient Bordeaux en grande forme. En vérité, les Girondins sont plutôt redevenus la formidable machine à fermer le jeu et à attendre la bonne opportunité qui s’était classée seconde du championnat la saison passée.

Grâce à un but d’Henrique dans les arrêts de jeu, les Girondins ont remporté la seconde Coupe de la Ligue de leur histoire au bout d’une rencontre bien terne. A vrai dire, les Lyonnais ne méritaient pas de s’incliner de la sorte, mais ils n’ont pas assez produit de jeu pour mériter de l’emporter.
Comme face à Rome à Gerland en Ligue des Champions, ils sont un peu passés à côté de leur sujet. Comme à Marseille en Coupe de France, ils ont craqué dans les derniers instants. Ce triste mélange offre pourtant le même résultat : l’OL n’est pas parvenu à remporter la moindre coupe de la saison.

Imbattable à l’automne, encore engagé dans quatre compétitions au cœur de l’hiver, l’OL n’a ce soir plus que le championnat et un historique sixième titre pour se consoler. En remportant un nouveau sacre national, Lyon rentrerait certes dans l’histoire du football français mais on doute que cette perspective satisfasse un groupe à l’ambition dévorante. Dans l'histoire, le plus triste est certainement que les Lyonnais n’ont qu’en de trop rares occasions laissé s’épanouir leur formidable potentiel. Comme un symbole, c’est Juninho qui quitta le premier ses partenaires à la 68e minute de jeu, remplacé par Kim Källström.

Il est vrai que rarement belle aura si mal porté son nom. A l’exception des vingt premières minutes durant lesquelles les Rhodaniens mirent du cœur à l’ouvrage, cette montagne du foot français aura accouché d’une souris; une main suffisant amplement pour comptabiliser le nombre d’occasions des deux équipes en seconde mi-temps. A vrai dire, la seconde période ressembla plus à un voyage au bout de l’ennui qu’à l’affiche de rêve tant annoncée.

L’affaire semblait pourtant bien engagée pour les hommes de Gérard Houllier. Les premières minutes furent ainsi largement à leur avantage. Sidney Govou écrasa trop sa frappe du gauche (4e). Fred ne put bonifier d’une « Madjer » le centre de l’international français (11e). Le tir de Florent Malouda vint lécher le poteau gauche de Ramé (12e). Disposés dans un 4-4-2 contraignant Johan Micoud à évoluer sur le côté gauche, les Bordelais évoluèrent très bas durant les vingt premières minutes.

Toulalan inquiéta Ulrich Ramé d’une frappe puissante à 30 mètres (17e). Sidney Govou ne put cadrer sa tentative du gauche (18e) et personne ne parvint à reprendre le coup franc flottant de Juninho (19e). Les Bordelais avaient laissé passer l’orage. Retrouvant la possession du cuir, s’appuyant sur les décrochages de leurs attaquants, ils ne concédèrent plus la moindre occasion durant 25 minutes. Dans un dernier sursaut offensif, peu avant la mi-temps, les hommes de Gérard Houllier inquiétèrent le portier girondin à deux reprises. Ce dernier claqua en corner le cop franc indirect de Junhino (45e) puis capta son ultime tentative (45+1).
Au retour des vestiaires, le remplacement de Chamakh par Marange positionna les Bordelais en 4-2-3-1, permettant à Johan Micoud de retrouver un poste de meneur de jeu axial.
Les Lyonnais furent dès lors incapables de se montrer dangereux mis à part sur coups de pied arrêtés. Le corner de Juninho trouva la crane de Florent Malouda qui ne put cadrer son coup de tête (57e). Après un nouveau coup franc du Brésilien, Tiago dévissa sa reprise (67e).

De leur côté, les Bordelais réussirent la très rare performance de ne se procurer qu’une seule occasion durant l’intégralité des 89 premières minutes : à l’entrée de la surface, Faubert frappa trop à côté (61e).

La demi-heure suivante fut vierge de toute occasion ! A mesure que la fin du temps réglementaire approchait, l’inéluctable semblait prendre forme. De ces matchs où l’enjeu prend le pas sur le jeu, naissent souvent les scénarii les plus terribles et injustes. Ce troisième affrontement entre Lyonnais et Bordelais n’échappa pas à la règle. A une minute du terme de la rencontre, Micoud déposa son corner sur la tête d’Henrique (90e). Triste et injuste sanction pour Rémy Vercoutre qui n’avait jusque-là pas eu le moindre arrêt à effectuer.

Ainsi va le football, fait d’immenses déceptions à la hauteur des joies qu’il procure. Tant d’espoirs anéantis comme avaient pu naître les bonheurs les plus intenses. Les succès à venir n'en seront que plus beaux.
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