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«Un défi à relever... un match à gagner... »

Publié le 23 janvier 2016 à 14:00 par R.B

Grégory Coupet a porté son regard sur l’OL... sur le match entre Olympiens... sur les quatre gardiens de la feuille de match... Mais il fut aussi question de ce qu’il entend transmettre à ses disciples d’aujourd’hui et de demain... Toujours avec l’exigence du haut niveau...

Passer une heure avec lui, c’est voir le soleil briller malgré la grisaille. Le peps, la banane chevillée en permanence au corps qui se plait en mouvement sur un terrain, en pleine nature quelque part. Il n’y a pas non plus de passéisme, juste la soif de se servir du vécu pour avancer. Un véhiculeur d’énergies positives. La  parole, le geste et vous êtes embarqués dans son monde où le mot bonheur revient souvent. Et franchement, il n’est pas utopique de le voir encore joueur. Il confiera d’ailleurs : « oui, je me sens encore joueur. Qu’est-ce-que c’est bon de mettre les gants ! Oui, quand j’ai arrêté j’aurais pu encore jouer deux saisons. Mais je n’étais plus au même niveau. Régresser, c’est insupportable. Etre seulement à un bon niveau... cela m’aurait énervé et je n’avais pas envie de me mentir car j’aurais vu des choses qui ne m’auraient pas plu... ». Paroles d’un guerrier exigeant  encore plein de gaz comme il le dit. « Je suis au taquet et j’adore cela. J’aime être un sportif actif... ». Un extraterrestre...

Greg parle nous des quatre gardiens de ce choc entre Olympiens ?
« Steve (Mandanda), c’est l’expérience avant tout, la gestion des événements. Il sait garder la tête froide en toutes circonstances. C’est aussi un véritable guide pour le groupe, l’élément fort. Je suis fan... Et il fait tout en sobriété ce qui peut le desservir. C’est un grand joueur, quelle carrière ! C’est un grand bonhomme. Pelé ? C’est bien d’avoir un gars comme lui en doublure. Il ne va jamais s’emballer qu’il joue ou pas. C’est un remplaçant rassurant. Et c’est beau avec ce qu’il a vécu. Antho (Lopes) ? C’est l’archétype du gardien qui avance. Je me vois un peu en lui. J’aime sa façon de jouer. Je suis aussi fan. Mathieu (Gorgelin) ? Il pousse au cul. Ses matches le font exister ; c’est aussi une bouffée d’oxygène pour lui. Il a la maturité pour ne pas s’emballer. Il a la chance d’être à l’OL et de travailler avec Jo (Bats). Il est conscient de sa chance ».

Steve (Mandanda), c’est l’expérience avant tout, la gestion des événements. .Antho (Lopes) ? C’est l’archétype du gardien qui avance. Je me vois un peu en lui.

Comment définirais-tu ce match ?
«C’est un rêve de jouer de telles rencontres. En plus dans le nouveau stade ! C’est un super match à vivre individuellement et collectivement. C’est un défi à relever. On a retrouvé un groupe. Les Lyonnais sont dans une bonne vérité maintenant. Il faut qu’ils soient exigeants, intransigeants, qu’ils se posent les bonnes questions, qu’ils mettent encore plus de rigueur. Oui, la défaite face aux Verts est rageante. Mais tu as perdu. C’est brutal, le rappel brûlant du foot ; le très haut niveau. C’est un bel apprentissage. Cela signifie qu’il faut être en alerte tout le temps. Face à l’OM, on attend la confirmation de ce qui a été bien fait lors des derniers matches. Un match à gagner même s’il faut être des chiens...  Un souvenir ? Le 8 à 0 à Gerland ; c’était magique »

Tu es en stage à l’OL avec Sébastien Gerin dans le cadre de ton diplôme d’entraîneur des gardiens, était-ce une évidence que tu te diriges dans cette direction ?
« Oui, je savais que j’allais aller dans cette direction. Déjà à St-Etienne, je faisais des séances avec les gamins et j’en sortais galvanisé. J’ai envie de transmettre par les mots et les gestes.  Je me souviens des discours de Jo (Bats), de mon père lorsque l’on faisait nos séances... Ah ces séances où je devais défoncer des pneus ! Un gardien doit être agressif et mon père me l’a appris. Aujourd’hui, je veux être utile pour les gardiens. Il me semble que je suis encore dans le coup à tous les niveaux. Après, j’ai une personnalité, et il ne faut pas que j’emmène tout le monde sur ma personnalité. Il y a des profils différents... Et il y a autre chose que la technique. Le côté mental est très important »

Entraîner à l’OL ?
« Ici ou ailleurs... Là, où on aura, avec modestie, besoin de moi. Ce que je sais, c’est qu’au mois de juin, je suis à la recherche d’un emploi. Je suis sur le marché (rires) »

Entraîner, c’est travailler ?
« Je n’ai pas l’impression de travailler. Ce n’est que du bonheur. Tu es le plus souvent dehors. J’ai envie de donner, d’apporter et eux ils peuvent profiter de moi. Je veux qu’ils ressentent en priorité ce que je peux leurs apporter et non pas qu’il y ait un regard par rapport à ma carrière. J’aime ces échanges. J’aime aussi faire la part des choses tout en étant sérieux, exigeant. Faire comprendre le bonheur qu’ils ont de faire ce métier ; un métier qui n’est quand même pas de travailler en usine ! Imagine quand tu es joueur, tu ne t’occupes que de toi. Tu entretiens ta mécanique pour qu’elle soit performante... le bonheur. C’est individuel mais si tu arrives ensuite à créer quelque chose dans le collectif, alors c’est superbe. Comme ce que l’on avait fait à l’OL »

Imagine quand tu es joueur, tu ne t’occupes que de toi. Tu entretiens ta mécanique pour qu’elle soit performante... le bonheur. C’est individuel mais si tu arrives ensuite à créer quelque chose dans le collectif, alors c’est superbe

Parle-nous du poste de gardien ?
« Un gardien, c’est sur le feu tout le temps, une remise en cause permanente. Il doit créer des ondes positives avec ses coéquipiers. Il doit faire comprendre qu’ils peuvent compter sur lui, comme lui doit compter sur eux, même dans les un-contre-un. La différence, elle se fait dans ce que tu transmets à ton équipe et à l’adversaire. Il faut qu’il soit volontaire sans être fou. Gardien, c’est un état d’esprit. Gardien c’est être leader, intransigeant parce que derrière toi, c’est la ligne de but. Le gardien, c’est le trait d’union entre un footballeur et un rugbyman »

Comment trouves-tu les gardiens d’aujourd’hui ?
« Je trouve que majoritairement, cela manque de présence, de prestance. Et pourtant, quel plaisir de faire sentir à l’attaquant adverse que tu es bien là à l’image de la sortie de Neuer en Coupe du Monde ! Il faut en imposer. Il faut avoir le plaisir du contact. Je les trouve de plus en plus conciliants avec leurs partenaires et leurs adversaires. Il faut de la complicité, de la communication avec ses défenseurs. Et il faut trouver les bons mots, les codes avec chacun ».

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